Si les experts s'entendent pour dire que la discipline est un besoin fondamental à combler chez l'enfant, pourquoi cette notion a-t-elle une connotation péjorative? En effet, dans la tête de plusieurs parents, la discipline est synonyme de sévérité, de contrôle et d'autorité oppressive. Pas surprenant alors que cet élément éducatif ait été mis de côté au cours des dernières décennies. Joe-Ann Benoit estime que les parents confondent plusieurs notions lorsqu'il est question de discipline.

  • Discipline et autorité. Selon Joe-Ann Benoit, il est possible d'enseigner la discipline tout en étant souple, doux et patient. Plutôt que d'essayer d'être autoritaire – ce qui implique la mise en place d'un rapport de force où le point de vue de l'enfant n'est pas considéré –, elle suggère aux parents de faire preuve de fermeté tout en usant d'un ton calme. Ces derniers doivent avoir des objectifs clairs – qu'attend-on exactement de notre enfant? – et favoriser sa collaboration plutôt que sa soumission.
  • Être un parent, ce n'est pas être un ami. Les besoins affectifs de l'enfant sont importants à combler, mais l'enfant a également des besoins éducatifs. Selon la spécialiste, les parents ne peuvent pas porter les deux chapeaux à la fois: il y a un temps pour cajoler et un temps pour éduquer!
  • Être un parent, ce n'est pas être un amoureux. La psychothérapeute observe cette situation surtout au sein des familles monoparentales ou recomposées, alors que certains parents établissent une relation de couple avec leur enfant. «C'est particulièrement fréquent chez les mères qui élèvent un fils en solo. Inconsciemment, elles établissent des comportements amoureux, elles vont l'appeler mon homme et elles le traitent comme un conjoint, note-t-elle. Le problème, c'est que le garçon se perçoit dès lors comme un adulte et n'acceptera pas aisément de se faire discipliner – par sa mère en l'occurrence, mais aussi par son professeur, son entraîneur sportif, etc. À la longue, le parent abandonne et il y a renversement des rôles: c'est l'enfant qui dirige. Je crois qu'une partie du phénomène de l'enfant roi résulte de cette problématique.»