Lire la suite...
- Page 1
- Chez papa, maman, beau-papa ou belle-maman?
- Page 2
- Resserrer les liens
- Page 3
- La question des cadeaux
- Précédent
- Suivant
Si Noël peut s'avérer un véritable casse-tête d'organisation dans une famille traditionnelle, imaginez ce qu'il en est pour une famille recomposée!
Dans une famille recomposée, au temps des fêtes, ce n'est pas l'action qui manque! Particulièrement pour les enfants, qui devront ajouter à leur agenda les fêtes de famille de leur autre parent naturel ainsi que celles de leur seconde belle-famille. «C'est évident que ça fait beaucoup de déplacements pour l'enfant, observe Élise Mercier-Gouin, psychologue au Centre de jeunesse de Montréal. Mais ce n'est pas du tout négatif en autant que l'enfant en retire du plaisir.»
Chez papa, maman, beau-papa ou belle-maman?
Pourtant, «l'harmonie des fêtes passe inévitablement par l'entente entre les parents», souligne le psychologue Gilles Cloutier. Une tâche parfois délicate, surtout si la séparation est récente, et qui exige de la bonne volonté de part et d'autre. Idéalement, afin de limiter le plus possible les conflits d'horaires, les parents devraient déterminer au moins un mois avant Noël les dates où ils souhaitent avoir la garde de leur enfant. «S'ils sont encore trop émotifs, ils peuvent communiquer par Internet, suggère Claudette Guilmaine, médiatrice familiale et travailleuse sociale. Ils pourront ainsi se faire part des dates importantes de chacun et convenir d'un horaire.» Tout en tenant compte, bien entendu, du fait que l'intérêt de l'enfant doit primer.
Denis, 43 ans, l'a bien compris. Père de deux enfants âgés de 13 et 17 ans, il avoue qu'au début de sa relation avec Diane, il y a huit ans, les choses tournaient plutôt carré. «Mes enfants ont eu de la difficulté à accepter Diane et sa fille.» Aussi, à Noël, les enfants de Denis préféraient être avec leur mère et, bien qu'il en ait éprouvé quelques pincements au coeur, il a dû les laisser libres de choisir, conscient qu'il devait leur laisser du temps pour s'adapter à la nouvelle situation. Il a fallu deux ans avant que les enfants aient envie de passer Noël avec leur père et leur belle-mère, et un an de plus pour qu'ils assistent aux partys de la belle-famille.
Somme toute, l'important est d'arriver à concilier les demandes des parents et, évidemment, celles des enfants. «Mais il ne faut surtout pas mettre l'enfant en position de conflit de loyauté, prévient Claudette Guilmaine. L'enfant ne doit pas se sentir coincé entre papa et maman.» Aussi, le parent devrait-il toujours rassurer son enfant dans ses choix. Par exemple, Carole, 40 ans, essaie toujours de faciliter les décisions de son fils de 13 ans. «S'il choisit d'aller à une fête dans la famille de son père au lieu de la mienne, je lui assure que c'est très bien, que j'aurais aimé qu'il soit là mais que je comprends.»
Malgré tout, il peut être difficile de satisfaire toute la marmaille, et on ne peut pas toujours éviter les petites déceptions, voire les conflits. Denis se rappelle que ses enfants avaient été très réticents à l'accompagner, le 24 décembre, chez les parents de sa conjointe. «Ça faisait trois ans que Diane et moi formions un couple, et les enfants n'étaient encore jamais venus réveillonner dans leur belle-famille. Cette fois-là, je tenais à ce qu'ils y soient. C'était important pour Diane et moi.» Après une petite poussée de colère et quelques larmes, les jeunes se sont laissé convaincre quand Denis leur a promis qu'ils pourraient aller passer Noël chez leur mère. «Ils étaient un peu grincheux au début, dit Denis, mais, entraînés par les autres enfants présents, ils ont vite changé d'air!»
Aussi, parce qu'il s'agit d'un temps de traditions familiales souvent relié à des souvenirs marquants, Noël peut s'avérer une période particulièrement émotive pour l'enfant. C'est pourquoi, comme l'explique Élise Mercier-Gouin, celui-ci pourra ressentir davantage la perte de sa famille d'origine, surtout si la rupture est récente. Carole se souvient des premiers Noëls que son fils a passés sans son père chez sa grand-mère maternelle. «Il me disait qu'il aimait m'accompagner chez mamy, mais, visiblement, il s'ennuyait beaucoup de son père.»
Elle a donc demandé à son ex-conjoint d'appeler leur fils, à chaque Noël, chez mamy. Une initiative qui a porté ses fruits puisque cela a permis au jeune garçon d'apprécier pleinement son Noël sans trop penser à papa. «Ça l'a beaucoup rassuré de savoir que son père pensait à lui cette journée-là», affirme Carole.














