Maux d'école au primaire

Depuis qu'elle a changé d'école, en deuxième année, Raphaëlle n'aime plus se rendre en classe. Forcée de quitter ses amies et d'intégrer un nouveau groupe, la jeune fille, qui a maintenant 9 ans, a développé de l'anxiété. «Elle éprouve des maux de ventre, des nausées et des maux de tête», raconte sa mère, Any.

 

Hantée par des pensées négatives, la petite a du mal à s'endormir: «J'ai un examen demain; ça va être dur. On va faire des maths; j'ai peur de ne pas comprendre et de me faire chicaner.» «Parfois, il est 1 h du matin et elle ne dort toujours pas, dit Any. Le lendemain, elle est fatiguée, elle manque d'énergie pour travailler et ses notes en souffrent. Parfois, ça prend 20 minutes pour la convaincre d'aller à l'école parce qu'elle est en larmes.»

Depuis deux ans, l'écolière est suivie par une intervenante psychosociale du CLSC qui l'aide à chasser ses peurs. Elle rencontre aussi une psychologue pour diminuer son anxiété.

Les sources du problème

  • Pour certains enfants, ce sont des problèmes psychologiques ou pédopsychiatriques comme les troubles anxieux, le syndrome de Gilles de la Tourette et le trouble envahissant du développement.

 

  • «Les difficultés d'apprentissage comme la dyslexie, la dysorthographie et le trouble déficitaire de l'attention sont aussi en cause, mentionne Sophie Painchaud, psychologue à la Commission scolaire de la Vallée-des-Tisserands, en Montérégie. Les enfants qui vivent avec ces difficultés éprouvent généralement un sentiment d'échec parce qu'ils n'ont pas la capacité de faire ce qui est demandé en classe.»

 

  • «L'enfant qui vit des angoisses de séparation de ses parents a également de la difficulté à s'investir à l'école, indique Marie-Claude Béliveau, orthopédagogue et psychoéducatrice à l'Hôpital Sainte-Justine et auteure du livre J'ai mal à l'école - Troubles affectifs et difficultés scolaires. Tout comme celui qui présente des maladresses sociales. Par exemple, un enfant qui n'a pas fréquenté la garderie peut avoir du mal à se lier aux autres. Il a tendance à s'isoler.»

 

  • Les enfants qui ne tolèrent pas l'autorité, qui présentent des problèmes de comportement, comme un trouble d'opposition, qui sont impulsifs et agressifs ne trouvent pas davantage leur place à l'école. «Souvent punis, ils sont rejetés par les élèves, qui ne veulent pas les prendre dans leur équipe», ajoute Mme Béliveau.

 

  • Les enfants qui présentent une différence comme un handicap visuel, qui ne s'habillent pas comme les autres ou qui sont malhabiles dans les sports peuvent aussi être rejetés par leurs pairs et ne plus vouloir aller à l'école parce qu'on les ridiculise.

 

  • Un un style de pédagogie qui ne convient pas à la personnalité de l'enfant est une autre cause possible. «Une enseignante très sévère peut amener un enfant sensible à ne plus aimer l'école», poursuit Marie-Claude Béliveau. «Il est prouvé que les enfants qui se sentent accueillis et respectés par leur enseignant et le personnel de l'école ont plus de motivation à venir en classe», ajoute Sophie Painchaud.

  • Notre attitude face à l'école influence la relation de notre enfant avec l'école. Si nous ou notre conjoint n'aimions pas l'école, ne faisons pas confiance au milieu scolaire ou dénigrons l'institution devant notre enfant, il risque d'être démotivé à son tour.