Impact 2: sur notre couple
Dans la liste des expériences qui mettent les couples à l'épreuve, il y a, entre autres, les questions relatives à l'éducation des enfants. Quand on est parent d'un enfant avec un TA, il va s'en dire que ces questions sont souvent à l'ordre du jour…

« Mes deux filles se sont séparées en raison des tensions engendrées par leurs enfants. C'est une fois leur divorce prononcé que les diagnostics de TA sont tombés.» – Josette, une grand-maman dans la soixantaine.

C'est en effet un tableau classique. La mère tente de comprendre son enfant, de trouver pourquoi il est si agité, indiscipliné. Le père l'accuse de surprotéger junior, de toujours chercher à l'excuser: «Tu vas en faire une moumoune si tu continues».

On pourrait être porté à croire que lorsqu'il y a la confirmation d'un TA, la compréhension est plus grande et que les conflits dans le couple diminuent. Dans la pratique, ce n'est pas nécessairement ce qui se passe. Un des deux parents peut s'entêter à dire que les choses vont se tasser, que ça va se régler. Optimisme plus solide? Déni de la problématique? Frustration de «se voir» dans son enfant?

«Vous savez le TDA est héréditaire. Alors en plus d'un enfant, j'ai un mari en difficulté de TDA. La chimie des deux n'est pas toujours facile pour mon mari; il se voit dans l'enfant et cela fait très souvent des flammèches. Ça vient trop le chercher…» – Danièle, maman d'un garçon avec TA et TDA.

Le couple doit être fort!
Nul besoin de décrire en long et en large les débats qui peuvent avoir lieu entre les parents. Ajoutons à cela la fatigue liée aux multiples obligations de la vie quotidienne… Un couple doit être «fait fort» pour s'en sortir, sinon «deux solitudes» pourraient en venir à cohabiter. Surtout si la mère doit tout prendre en charge: périodes de devoirs, repas, rendez-vous chez le médecin, réunions de parents, etc. Même si de nos jours, les pères s'impliquent davantage, il demeure qu'en général, ce sont les mamans qui se voient attribuées ce genre de responsabilités. Et qui, en plus de se «casser la tête» pour le bien de leur enfant, peuvent se questionner sur leur couple, leur famille… «Parfois, j'ai l'impression que mon chum (qui n'est pas le père biologique) n'aime pas mon fils», confie Mélanie, 30 ans.