«Mon enfant, je l'aime, il est beau et gentil. Mais on ne se cachera pas que son trouble d'apprentissage et tout ce qui en découle, qu'on le veuille ou non, ça bouscule notre vie aussi», nous dit Sophie, 35 ans.

Impact 1: sur nous, comme parent
  • Quand le TA n'est pas dépisté
    Tous les parents du monde sont ébranlés lorsque leur enfant souffre. Le voir pleurer ou piquer des colères noires parce qu'il ne réussit pas une tâche qui paraît assez facile, ça nous interpelle. Et la danse des questionnements commence! «Comment je pourrais mieux lui expliquer?» «Où ai-je failli dans son éducation?» «Est-ce que je me fais manipuler ou est-ce que je suis trop dur(e)?» La liste de questions est quasi infinie. Les doutes sur nos compétences parentales peuvent même provoquer des insomnies.

    «Je passais de longues heures à me demander pourquoi mon fils, si intelligent, réagissait aussi intensément à des directives pourtant simples. Aussi, pourquoi ses notes étaient si basses? Était-ce mon divorce, mon déménagement ou le décès de son grand-père qui l'avaient trop bouleversé? J'en suis même venue à me demander si son alimentation influençait! Pourtant, en même temps, je me disais que ses soeurs fonctionnaient bien elles, avec le même vécu… Est-ce que c'était parce que je ne savais pas élever un garçon?» – Josée, 29 ans.

    «J'angoissais à chaque rentrée scolaire… J'anticipais les reproches des enseignants au sujet de ma fille et de mes compétences de mère. En plus, chaque prof avait sa théorie sur ce que je devais faire ou ne pas faire, comme si tout dépendait de moi. En septembre, déjà je rêvais de juin…»
    – Lynda, 38 ans.
  • Quand le TA est dépisté
    Parfois assez rapidement, parfois après maintes démarches et appels au secours, un professionnel nomme le «bobo». Trouble d'apprentissage (TA), trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H)… Pour certains parents, la nouvelle est pénible: elle leur amène un sentiment d'échec, une grosse égratignure sur leurs rêves bâtis pour leur enfant. Il y a un deuil à traverser. Pour d'autres, elle est au contraire une source de soulagement. Enfin! On sait ce qui se passe. On nomme les choses, ça devient concret.

    Il reste toutefois beaucoup de boulot… pour l'enfant et pour les parents. Les rendez-vous chez les divers professionnels, les rencontres avec les enseignants, de même que les techniques à apprivoiser pour mieux aider notre enfant…

    «Lorsqu'on a finalement détecté le problème de mon fils, j'ai été soulagée, j'étais remplie d'espoir. Mais j'ai trouvé notre première année dans le système parfois pénible. Il était fréquent qu'on ait de un à trois rendez-vous par semaine pour Éric. Psychiatre, psychologue, ergothérapeute, enseignante… Heureusement que j'ai un travail qui me permet un horaire assez souple. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si j'avais été tenue à du neuf-à-cinq». – Marie-Claude, 36 ans.