Dans un contexte idéal, les enfants habitent avec leurs deux parents et c'est majoritairement leur souhait. Cependant, il est difficile de garder la famille ensemble lorsque le couple ne s'entend plus. Chacun des parents doit continuer sa vie en protégeant les enfants du mieux qu'il peut.

Pour 10% à 15% des couples, la solution la plus courante aujourd'hui est la garde partagée, ou garde conjointe «physique».

Les types d'arrangements
Il faut d'abord faire la différence entre garde conjointe «physique» et garde conjointe «légale».

La garde conjointe légale ne vise pas le lieu où habite l'enfant: elle porte plutôt sur le fait que les deux parents prennent les décisions concernant le bien-être général de l'enfant et la façon de l'éduquer. Dans ce cas, l'enfant vit la majeure partie du temps chez l'un des deux parents.

Pour la garde conjointe physique (garde partagée), chaque parent doit avoir la garde physique de l'enfant ou y avoir accès au moins 40% du temps. L'enfant partage donc son temps de façon plus ou moins égale entre le domicile de chacun des parents. Dans la garde partagée, les deux parents prennent conjointement les décisions concernant le service de garde, l'école, les sorties, l'éducation et les soins en général.

Nécessité d'une bonne communication
Il va sans dire que la garde partagée requiert un minimum de bonne entente, sinon c'est la catastrophe. Évidemment, au début d'une rupture, la bonne entente est difficile: on doit réorganiser sa vie en essayant d'oublier ses peines et ses frustrations. C'est pourquoi cette modalité de garde, que préfèrent beaucoup de spécialistes, peut être plus néfaste que le divorce lui-même pour l'adaptation sociale et émotive des enfants.

Selon Francine Cyr, professeure au département de psychologie de l'Université de Montréal, la garde partagée peut être très éprouvante pour les enfants qui s'adaptent difficilement aux changements, qui entretiennent des relations conflictuelles avec un de leurs parents ou qui sont pris à témoin dans les conflits conjugaux.

Mais quel que soit le type de garde, la qualité de l'interaction entre les conjoints avant et après la rupture joue un rôle important dans l'adaptation de l'enfant. Plus le conflit conjugal persiste et implique l'enfant, moins la garde partagée est recommandée.

En contrepartie, si les adultes parviennent à communiquer et à mettre de côté leur colère et leurs différends, la garde partagée permettra à l'enfant de maintenir le contact avec ses deux parents, un élément déterminant dans son adaptation à la séparation parentale.

Pour les parents, l'avantage principal de la garde partagée réside dans le fait qu'ils peuvent améliorer ou développer une meilleure relation avec l'enfant et réduire leur stress grâce au répit qu'il procure. Des recherches ont par ailleurs démontré que cette formule de garde est privilégiée par les adultes plus âgés qui ont un revenu et un niveau d'éducation supérieurs.