Lire la suite...
- Page 1
- Un cerveau rose et bleu?
- Page 2
- Respecter les individus avant tout
- Précédent
- Suivant
Une poupée pour Audrey et un camion pour Martin. L’éducation des enfants: voici quelques éclaircissements pour nous aider à faire le point sur certains stéréotypes.
Certaines études vont jusqu'à démontrer que nos yeux et nos oreilles perçoivent le monde différemment. Si c'est le cas, devrait-on en tenir compte? La réponse : non.
Un cerveau rose et bleu?
Le problème est que ces études sont minoritaires, et que la science moderne tend à démontrer que les différences entre garçons et filles sont essentiellement issues de la société. Les travaux d'Elizabeth Spelke, psychologue à Harvard, vont d'ailleurs en ce sens : le cerveau d'un poupon est un terrain vierge. Les différences que l'on remarque plus tard dans les aptitudes des hommes et des femmes sont principalement dues à l'environnement. La «bosse des maths» des garçons? Cela serait du domaine de l'acquis. Idem pour ce qui est de la facilité que semblent avoir les filles à exprimer leurs émotions.
Ainsi, dès sa naissance, on ne se comporte jamais de la même manière avec son petit en fonction de son sexe, et c'est ce qui fait que l'on constate tant de différences entre les deux sexes plus tard. Par exemple, les parents utilisent plus de mots concernant les émotions avec un bébé de sexe féminin tandis qu'ils jouent de façon plus énergique avec un garçon. Les pères sont plus directs et rudes avec leurs garçons et les mères parlent plus longuement à leurs filles. Louise Cossette, professeure de psychologie à l'UQAM, apporte cette nuance : «Les parents ne se comportent pas à tous les niveaux de façon si différente envers leurs enfants, mais là où les différences sont très notables, c'est dans le type d'activités qu'ils encouragent. Encore aujourd'hui, on propose davantage aux garçons de faire du sport et aux filles de jouer à la poupée.»
En fait, ces stéréotypes seraient si ancrés en nous que l'on pourrait difficilement s'empêcher de les répéter. On a aussi souvent tendance à croire que nos différences physiologiques ou hormonales jouent un rôle important dans notre comportement. Pourtant, ces influences sont bien moins importantes que l'éducation que l'on a reçue et le milieu social qui nous entoure.
















