Lorsqu'on renoue avec l'amour, on voudrait que nos mousses soient aussi enthousiastes que nous. Mais la route est parfois semée d'embûches.
Manon s'est sentie soulagée après la rupture mais, deux ans plus tard, elle se demande encore si elle n'a pas baissé les bras trop vite. Chose certaine, la recomposition familiale exige de la persévérance et de la compréhension. Beaucoup de communication, également, en raison des multiples relations qui doivent s'établir: entre les nouveaux conjoints; les enfants et le beau-parent; les enfants des deux fratries; les familles élargies; et les ex-conjoints. Une telle adaptation prend de quatre à sept ans, selon les travaux de la chercheure américaine Patricia Papernow. «Il n'y a pas de recette miracle. Le succès dépend de la capacité du couple à faire des compromis et à user de souplesse», résume Gisèle Larouche.
Certes, la recomposition familiale comporte son lot de défis, mais c'est aussi un formidable projet. Plusieurs années se sont écoulées depuis l'union d'Arielle et de Jean-Claude. Avec le temps - et beaucoup de patience! -, tout le monde a appris à cohabiter sereinement. Et l'arrivée de la petite qu'ils ont eue ensemble a soudé cette famille pour la vie. Les plus vieux volent maintenant de leurs propres ailes, mais tous gardent des contacts étroits et se considèrent comme frères et soeurs sans faire de distinction entre les «vrais» et les «faux». Les liens de coeur qu'ils ont établis sont tissés aussi serré que ceux créés par le sang.
Les 7 étapes de la recomposition 1. La fantaisie. On idéalise la nouvelle famille. On sous-estime les difficultés.
2. L'immersion. La réalité nous rattrape. C'est le choc des cultures. On prend conscience des différences et des tensions qui s'ensuivent. Les enfants manifestent leur peine et leur inquiétude par des comportements inadéquats.
3. La prise de conscience. Cette étape est caractérisée par l'ambivalence. Le beau-parent se sent exclu de la famille. Le parent est déchiré entre son partenaire et ses enfants, et se sent coupable de leur imposer ces perturbations.
4. La mobilisation. Chacun exprime ses besoins de façon plus énergique et pose ses limites. Le beau-parent peut réclamer des changements pour se sentir chez lui dans cette famille. Le parent peut lutter pour le
statu quo, car il veut éviter un plus grand bouleversement à ses enfants. Chacun veut que ça change... à son avantage. À cette étape, les conflits entre les conjoints sont plus intenses. Plusieurs couples ne passent pas au travers.
5. L'action. On pose des gestes pour améliorer le fonctionnement familial. On instaure de nouvelles règles et de nouveaux rituels. Les enfants et le beau-parent commencent à interagir sans l'intermédiaire du parent.
6. Le rapprochement. Les choses se placent. Le beau-parent se sent chez lui. Le parent a cessé de se sentir coincé entre son conjoint et ses enfants qui, pour leur part, ont développé une belle relation avec le beau-parent.
7. La résolution. Les relations entre les membres de la famille se consolident. Une histoire familiale commune émerge.
Inspiré des travaux de Patricia Papernow, chercheure et clinicienne américaine. Des ressources Du nouvel amour à la famille recomposée, par Gisèle Larouche, Éditions de l'Homme, 2001, 272 p., 24,95 $. La Famille recomposée: une famille composée sur un air différent, par Marie-Christine Saint-Jacques et Claudine Parent, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2002, 172 p., 14,95 $. Ils recomposent, je grandis; Répondre au défi de la famille recomposée, par Catherine Jousselme, Éditions Robert Laffont, 2008, 294 p., 29,95 $.L'Art de mieux vivre une recomposition familiale et La Famille... composée autrement, disponibles sur le site du Conseil de la famille et de l'enfance (cliquer sur l'onglet Publications, puis sur Archives antérieures à 2003).Les associations de familles recomposées proposent de l'information, du soutien et des sessions de formation. Pour trouver un organisme dans notre région, on contacte la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec, 514-729-6666,