Il faut également faire preuve de doigté envers la progéniture de son conjoint. Dans un premier temps, mieux vaut lui laisser la discipline entre les mains, car l'enfant ne considère pas le beau-parent comme une figure d'autorité. «Avant d'encadrer l'enfant, le beau-parent doit développer une relation harmonieuse avec lui, explique Marie-Christine Saint-Jacques. Il doit s'intéresser à lui et lui tendre des perches, comme l'aider à faire un devoir ou cuisiner des biscuits avec lui.» Vouloir en faire trop, trop vite constitue une grave erreur. «L'enfant risque de résister davantage», prévient Gisèle Larouche.
Enfin, il faut arriver à harmoniser deux cultures familiales parfois bien différentes. «Si on ne fait pas consensus, la vie de famille risque de devenir un champ de bataille, soutient Claudette Guilmaine. Il faut s'attendre à faire des compromis.» Ainsi, les règles de la maisonnée doivent être les mêmes pour tous. On doit s'assurer qu'il n'y ait pas de grande disparité entre les façons de traiter les enfants des deux fratries, surtout s'ils ont sensiblement le même âge. «Il est impossible de créer une bonne entente entre eux si on leur impose une heure de coucher différente», donne en exemple Marie-Christine Saint-Jacques. Les sentiments d'injustice et de jalousie sont inévitables si on est stricte avec nos enfants alors que notre conjoint est permissif avec les siens. À l'inverse, selon Gisèle Larouche, le parent adepte du deux poids, deux mesures qui prend parti pour ses enfants constitue un obstacle majeur à l'harmonie souhaitée. En fait, le traitement égalitaire est le meilleur atout pour des relations harmonieuses.
Que faire si notre enfant déteste notre nouveau partenaire ou ses enfants? Évidemment, on ne peut le forcer à aimer un beau-père ou des frères et soeurs qui lui tombent du ciel. Si la chimie est inexistante, on lui accorde une écoute attentive pour tenter de comprendre ce qu'il vit et lui permettre de se vider le coeur. On lui demande toutefois de faire des efforts pour se montrer courtois et coopératif. Et, surtout, on exige le respect, une condition essentielle pour que l'atmosphère familiale soit vivable.
Un défi à relever
La résistance des enfants, les difficultés d'adaptation de tout un chacun et les rôles à redéfinir mettent à rude épreuve la solidité du couple. Les remises en question sont inévitables. Pas étonnant qu'une famille recomposée sur cinq ne passe pas le cap des trois premières années (données du Conseil de la famille et de l'enfance). Manon, qui a vécu un an avec un homme qui avait la garde partagée de sa fille de 7 ans, en sait quelque chose. La petite la rejetait, car elle vivait un conflit de loyauté avec sa mère, qui n'acceptait pas la rupture et ne décolérait pas. «J'ai laissé mon amoureux parce que je ne trouvais pas ma place entre lui, sa fille et son ex. L'ambiance était infernale. Tout ce qu'il me restait à faire était de m'effacer.»











