Des réactions comme celles-là, la travailleuse sociale et médiatrice familiale Claudette Guilmaine en voit régulièrement. «La recomposition familiale résulte d'une décision d'adultes. Les enfants doivent s'adapter à une situation qu'ils n'ont pas choisie. Il est normal qu'ils réagissent... un peu ou beaucoup.» L'intensité de la réaction dépend de plusieurs facteurs, notamment les pertes subies. L'enfant change-t-il de quartier, d'école, de rang dans la nouvelle famille? S'il est enfant unique et habitué d'être le centre d'attention, l'arrivée d'une fratrie peut le déstabiliser. Du jour au lendemain, il doit faire face à des négociations pour les jouets et les sorties, et partager le parent qu'il avait auparavant pour lui seul. Mais il peut aussi être aux anges d'avoir enfin le frère dont il rêvait.
Le logement peut également être une source d'insatisfaction. Partager sa chambre, voir son fauteuil favori toujours occupé, se sentir à l'étroit dans sa maison, chercher en vain un peu d'intimité, voilà qui engendre des frustrations. «Emménager chez Jean-Claude a été une grave erreur, analyse Arielle. Sa maison portait en elle son histoire et celle de ses enfants. Avec les miens, je faisais une intrusion dans cet univers. L'intégration de nos deux familles se serait peut-être mieux déroulée si nous avions opté pour un lieu neutre.» C'est l'idéal, bien sûr, mais ce n'est pas toujours possible. Chose certaine, la réorganisation du territoire est une entreprise délicate. Il faut écouter les besoins de chacun, négocier, faire des compromis.










