Quand son fils a commencé à travailler dans un supermarché l'été dernier, quelques mois avant ses 18 ans, France a constaté un changement dans son comportement. «Il est devenu plus responsable, plus mature. Avant, je devais insister pour qu'il accomplisse des tâches. Maintenant, il en prend l'initiative. » France observe aussi un effet positif sur la personnalité de son grand. «Il est moins timide et s'affirme davantage. On voit qu'il a pris de la confiance en lui.»

Une première expérience sur le marché du travail permet de gagner bien plus que de l'argent. L'adolescent acquiert et développe des compétences, comme le travail en équipe, la communication, le sens de l'organisation et des responsabilités, et le service à la clientèle. Il apprend à résoudre des problèmes, à réagir aux imprévus, à discerner les priorités. Il peut aussi se sentir utile et valorisé, ce qui contribue à améliorer son estime de soi. Sans compter qu'il pourrait se découvrir des talents ou des intérêts qui influenceront plus tard son choix de carrière.


Est-il en âge de travailler?

France aurait aimé que son fils travaille à la fin de la 5e secondaire. Il avait alors 16 ans, presque 17. «Je trouvais important qu'il découvre la réalité du marché du travail et qu'il apprenne à gérer un salaire. Mais il n'a rien trouvé. Il faut dire qu'il était peu motivé et que ça devait paraître! » La motivation joue en effet pour beaucoup dans les chances du jeune de décrocher un emploi. «L'employeur doit sentir qu'il a envie de travailler», dit Julie Lachance, conseillère au Carrefour jeunesse-emploi de l'Outaouais.