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- Page 1
- Notre perception de l'alcool
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- Quelles sont nos limites?
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- Les excès et liens utiles
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Le bal des finissants, la Saint-Jean... L'été est là, et les ados ont envie de célébrer. Pas toujours avec modération! Comment parler d'alcool avec eux sans jouer les trouble-fêtes?
Se situer par rapport à l'alcool
L'alcool accompagnant la plupart de nos événements sociaux, il n'est pas étonnant qu'il fasse partie des rites de passage auxquels veulent se soumettre les adolescents. Cette initiation, qui semble passer invariablement par quelques ou moult «brosses», n'est pas sans causer des maux de tête... aux parents! On a beau avoir levé le coude durant notre adolescence, on est inquiète quand il s'agit de notre progéniture.
Avec raison! L'alcool augmente les risques d'avoir des relations sexuelles non protégées, rend plus agressif et altère les perceptions. Il agit aussi comme un dépresseur et rend plus vulnérable aux agressions, notamment au viol. Sur les routes, il cause encore trop de ravages, particulièrement chez les jeunes. Selon la Société de l'assurance automobile du Québec, entre 2001 et 2005, 43 des conducteurs âgés entre 16 et 24 ans ayant perdu la vie sur la route avaient de l'alcool dans le sang. Consommé souvent et en trop grande quantité, il nuit même à la maturation des fonctions cérébrales. «Au secondaire, les jeunes ont une consommation très épisodique», explique Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'Alcool. Le problème, ce n'est pas tant qu'ils boivent trop au total, c'est qu'ils boivent trop par occasion. S'ils prennent 10 verres par semaine, il y a de fortes chances que ce soit 10 verres le même soir. Ils le font essentiellement pour faire partie de la gang.» Mais nul besoin de leur tordre le bras pour qu'ils suivent les autres...
Tout en voulant vivre de nouvelles expériences, les adolescents ont un grand besoin de s'affranchir de l'autorité parentale et de s'affirmer. Et c'est là tout le dilemme des parents: comment les mettre en garde contre les risques associés à l'alcool alors qu'on a l'impression que notre avis là-dessus les intéresse peu? Surtout quand on se fait dire que tous les autres parents sont plus cool que nous!
Ce type de réflexion, Geneviève Dessureault, coordonnatrice de l'organisme Action toxicomanie Bois-Francs, l'a entendu maintes fois. Dans son bureau de Victoriaville, elle a rassuré bon nombre de parents qui craignaient de ne pas savoir comment s'y prendre. «Il n'y a pas de voie unique; plusieurs approches peuvent être bonnes. Même si on dit que l'alcool est largement accepté dans notre culture, il est vu de manière bien différente selon les familles. Certains parents pensent qu'il est mieux d'initier les jeunes en famille, sinon, ils boiront en cachette. D'autres interdisent toute consommation avant un certain âge. Ce qui est important, c'est de respecter nos valeurs et d'établir clairement nos limites face à la consommation de nos jeunes. Ce n'est pas facile parce que nos ados sont bons pour nous dire qu'on est dépassée, que tout le monde fait ceci ou cela. Mais il faut se faire confiance et suivre ce qui nous semble l'attitude la plus appropriée.»
«Souvent, les parents qui nous appellent ne se sont jamais demandé comment eux se positionnent face à la consommation d'alcool. Que pensent-ils de l'alcool et quel est leur propre comportement? N'oublions pas que les parents sont un modèle pour les enfants», explique Kathia Noiseux, intervenante à Tel Jeunes et à la Ligne Parents.
À quel âge doit-on parler d'alcool avec notre enfant? L'intérêt et le développement sont de bons indicateurs. «Dès 6 ou 7 ans, les enfants posent des questions sur les boissons réservées aux adultes. Si la curiosité est là, pourquoi ne pas en profiter?» conseille Sylvia Kairouz, professeure adjointe au département de sociologie de l'Université Concordia et chercheure du Centre Dollard-Cormier - Institut universitaire sur les dépendances. Rappelons aussi qu'au Québec, en moyenne, on goûte à l'alcool pour la première fois vers 12 ou 13 ans. Entre en discuter et passer à l'action, il y a un pas que les parents ne devraient pas franchir. Une bonne idée, l'accompagner dans sa première «brosse»? «Non, cela lui appartient! C'est une expérience qu'il doit vivre avec ses amis. Un parent n'est pas un ami. Nous, on doit lui fournir un cadre et l'assurance qu'on sera là pour l'aider s'il lui arrivait quelque chose», avise Geneviève Dessureault. Néanmoins, en lui permettant de boire un verre de vin au repas en notre compagnie, on lui donne un exemple de consommation modérée.














