Mon ado veut prendre une sabbatique

Par
Suzanne Décarie
Publié:
10 septembre 2007
Mise à jour:
23 mars 2009

Nouveau phénomène: entre le secondaire et le cégep, des jeunes font une pause, question de s'aérer l'esprit pour mieux s'enligner. Normal de paniquer? Que faire pour que ce congé leur soit profitable?

Anne a paniqué quand Olivier lui a avoué qu'il songeait à faire un arrêt avant le cégep. «Mon sang n'a fait qu'un tour. Une amie venait de poser un ultimatum à son fils, qui la rendait folle à force de traîner. Il se levait à midi, écoutait la télé, puis sortait pour ne rentrer qu'à l'aube. Je pensais à tous les décrocheurs que je connais qui ont regretté d'avoir quitté. Je l'ai supplié d'attendre la fin du cégep.» Comme Anne, on peut craindre qu'un jeune de 16, 17 ou 18 ans qui quitte l'école pour un temps n'y retourne plus. Il y a de quoi s'inquiéter quand on sait que, sans formation terminale (diplôme d'études professionnelles, attestation de spécialisation professionnelle, DEC technique, etc.), ses chances de se trouver un emploi sont réduites. Il faut une bonne dose de confiance - en notre enfant et en la vie - pour accepter que notre ado prenne une sabbatique et pour croire qu'il va trouver sa voie à sa façon.

Qui s'arrête, et quand?
La sabbatique est encore l'apanage des étudiants de cégep et d'université, mais de plus en plus de jeunes s'arrêtent dès la fin du secondaire avec l'intention de reprendre plus tard leurs études. «Plus de gars que de filles prennent une pause, constate Louisette Jean, conseillère d'orientation à l'Université du Québec à Montréal. Ils ont plus besoin de bouger que les filles, à qui le système scolaire convient mieux.» Il faut à ces jeunes de l'air et de l'espace pour se brancher. «Ils ne remettent pas en question les études; ils y reviendront. Mais elles n'ont plus de sens dans leur vie pour l'instant», croit Yvon Trottier, conseiller d'orientation au cégep Ahuntsic.

Laurence voulait réfléchir et souffler. «Je ne savais pas en quoi m'inscrire», dit-elle. Elle a trouvé un travail à mi-temps et s'est lancée dans la mise en scène d'un spectacle avant de s'inscrire au cégep, où elle est entrée en janvier après un arrêt de quelques mois. Entre les cours, le boulot et les répétitions, elle est essoufflée, mais contente d'avoir repris le chemin de l'école.

Risquée, l'année sabbatique?
Comme Laurence, plusieurs arrêtent parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils veulent. En fait, l'immense majorité des étudiants du collégial ne savent pas ce qu'ils feront dans la vie, et «45 % des cégépiens changent d'orientation en cours de route», souligne Louise Langevin, orthopédagogue et professeure à l'Université du Québec à Montréal. Selon elle, l'indécision n'est pas un motif valable pour laisser l'école. Car prendre un temps d'arrêt comporte un risque.

Superviseure du service d'aide à l'emploi à Intégration jeunesse du Québec, Catherine Bédard reçoit des jeunes qui veulent trouver un emploi ou réintégrer le réseau scolaire après leur pause et qui se heurtent à diverses difficultés. Plusieurs regrettent de ne pas avoir écouté ceux qui leur disaient de ne pas quitter l'école. Certains ont des obligations financières (loyer, paiements d'auto, etc.) qui rendent difficile un retour aux études, même à temps partiel. «Ils devraient témoigner dans les écoles; les jeunes les écouteraient plus que leurs parents», dit-elle. Un conseil? Louise Langevin croit qu'il faut d'abord essayer de retenir les jeunes aux études. Catherine Bédard, pour sa part, invite les parents à aider leur jeune à avoir des attentes réalistes.

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Page 1 -
Pourquoi cette pause?
Page 2 -
Risquée, l'année sabbatique?
Page 3 -
Comment l'aider?
Page 4 -
Des activités selon leurs...
Page 5 -
Combien reprennent les études?

Vos commentaires(3 commentaires)

    • Allie
    • Mardi 30 juin 2009
    • Après mon secondaire, j'ai pris une sabbatique pour aller apprendre l'anglais en europe. Je n'ai pas du tout regretter et j'ai ensuite poursuivie mes études jusqu'à l'université. Je crois qu'il y a plusieurs moyen de rendre cette année profitable.
    • Julie
    • Jeudi 07 mai 2009
    • J'ai pris une sabbatique après mon cégep. J'ai regretté parce que je n'ai rien fait de productif. Personne ne voulait m'embaucher et je n'avais pas d'argent. Les ados d'aujourd'hui sont gâtés pourris, c'est pour ça qu'ils peuvent se permettre de perdre du temps en "attendant de savoir ce qu'ils veulent vraiment faire".
      • 3 étoiles sur 5
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