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Notre ado apprend à devenir quelqu'un et à se passer peu à peu de nous. Mais cette étape, aussi stimulante soit-elle, suscite son lot d'émotions. Voici des pistes pour mieux communiquer.
Camille, 16 ans, veut se faire percer le nez, mais son père refuse. «À mon âge, je sais ce que j'aime. Et j'aime les piercings. Mon père trouve ça laid et me parle de dangers et d'infections. Je voudrais qu'il respecte mes choix et mes goûts.»
Ce qu'en dit l'experte: «Il faut choisir nos batailles, rappelle Danie Beaulieu. Les cheveux orange, le fond de culotte à terre, l'allure gothique, on peut trouver ça laid, mais est-ce dangereux? Est-ce si important?» Plus on se battra pour imposer notre opinion à notre jeune, plus ce style deviendra attrayant pour lui. Il affirme ainsi sa personnalité et, sur ce point, on devrait lui donner beaucoup de latitude.
On garde notre énergie pour ce qui laisse des traces, comme les piercings et les tatouages. Comme l'ado a tendance à vivre dans l'immédiat, notre rôle consiste à l'aider à se projeter dans l'avenir. On lui demande s'il aime encore Caillou ou tout autre personnage qu'il aimait auparavant. Puis, s'il serait heureux d'avoir Caillou tatoué sur le corps. «L'objectif, c'est de lui faire réaliser que ses goûts ont changé et changeront encore, dit Danie Beaulieu. Que sa passion d'aujourd'hui lui fera peut-être honte plus tard.» Bien sûr, on lui demande aussi s'il connaît les risques pour la santé. Cette stratégie est plus efficace qu'un non catégorique. «On l'amène ainsi à réfléchir aux conséquences à long terme et, peut-être, à changer d'idée, explique Danie Beaulieu. Si on est trop autoritaire, on l'incite à s'opposer.» On court alors le risque qu'il se fasse tatouer ou percer à notre insu.



















