Échanger notre maison
Principes de base
Vivre quelques semaines à Manhattan, en Provence ou même en Nouvelle-Zélande à petit prix? C'est possible grâce à l'échange de maison, qui permet de troquer son chez-soi contre une maison, un appartement, un condo ou un chalet qui appartient à des gens qu'on ne connaît pas. «Ces séjours durent habituellement de deux à quatre semaines, mais ils peuvent être aussi courts qu'un week-end ou s'étendre sur plusieurs mois», explique Christelle Mistrot dit Pachet, chargée des relations avec la clientèle des pays francophones au réseau Trocmaison.

Combien ça coûte?
Les frais les plus importants sont ceux de l'adhésion à l'association d'échange: de 60 $ à 170 $ par année. Si on a cassé une assiette ou taché un drap chez nos hôtes, on remplace l'article ou on leur laisse l'argent nécessaire dans une enveloppe. Les autres coûts, outre le transport pour se rendre, sont ceux de la vie courante: essence, repas, sorties, etc.

Les avantages et les inconvénients
«L'échange de maison est la solution idéale pour les familles nombreuses, notamment parce que c'est très économique», dit Christelle Mistrot dit Pachet. En plus, voyager de cette façon revient à résider chez l'habitant. «On rencontre souvent les voisins. On mange avec eux et ils nous disent ce qui vaut la peine d'être vu ou, au contraire, quels attrape-touristes éviter», dit Nathalie Lauzon, une maman de deux enfants qui a échangé sa maison à Montréal une dizaine de fois depuis 2005. Cela lui a permis de découvrir New York, la France, la Louisiane et... le Québec!

Habiter dans une vraie maison, c'est aussi avoir accès à tout ce dont on pourrait avoir besoin, y compris certains articles pour les enfants qu'on hésite à transporter (parc, chaise haute) et, bonheur, de nouveaux jouets!

Les irritants sont mineurs: une propreté parfois douteuse dans la maison qu'on emprunte ou de petits objets qui ont été brisés dans la nôtre. Et il faut faire le ménage. Il peut arriver qu'une ou l'autre des parties annule à la dernière minute (dans le cas d'une maladie, par exemple). Malheureusement, on n'y peut rien. On doit trouver une nouvelle famille. Si les délais sont très courts, on fait appel à notre association d'échange. Elle pourra contacter directement ses membres pour leur demander de nous prêter leur résidence secondaire, par exemple.

Pour trouver la maison qui nous convient
On adhère à une association d'échange, puis on «vend» notre maison aux autres membres: on met des photos (intérieur et extérieur) sur le site de l'association et on décrit notre résidence. On prend soin d'indiquer les activités et les endroits à visiter dans les environs, et on précise quand et où on aimerait partir. La meilleure façon de ne pas se retrouver le bec à l'eau est de s'y prendre au moins trois ou quatre mois d'avance. «À moins d'habiter une maison délabrée et éloignée de tout, il y a peu de risques que personne ne veuille échanger avec nous», dit Richard Cassin, représentant canadien d'Intervac International, un réseau semblable à Trocmaison. Cela dit, on a plus de chances de trouver «si on est proche des événements culturels et de beaux sites naturels et si on peut se baigner à proximité», dit Christelle Mistrot dit Pachet. Enfin, plus on est flexible pour notre destination vacances, plus on a de chances de trouver preneur. Si notre maison intéresse quelqu'un ou si on aperçoit une maison qui répond à nos critères, un premier contact est établi entre les deux propriétaires.

Avant de se décider, on obtient le maximum d'informations sur la résidence qui nous intéresse: sa distance du centre-ville ou des attractions touristiques, la présence d'une piscine, le nombre de chambres, etc. Laisser notre maison à un étranger nous rend nerveuse? «Il ne faut pas oublier que, pendant qu'il est chez nous, on est chez lui!» répond Mme Mistrot dit Pachet. Les vols entre échangeurs seraient très rares. Pour se rassurer, «on peut demander à l'autre famille de nous référer à des gens avec qui elle a déjà échangé», dit Richard Cassin. Quand les deux parties sont intéressées, on rédige une entente afin d'éviter tout malentendu. Elle indique notamment les dates de départ et d'arrivée. «Quelquefois, une famille achète ses billets d'avion, puis apprend que ceux avec qui elle croyait échanger sa résidence ont conclu une entente avec d'autres!» dit Richard Cassin. Le contrat, signé par les deux familles, indique aussi ce qui est exigé ou défendu dans la maison de l'autre. «Il ne faut pas hésiter à être précise: par exemple, qu'on ne peut pas marcher sur le plancher de bois franc avec des souliers ou qu'il faut laver les draps et serviettes avant notre départ», conseille Nathalie Lauzon.