Les années 1970: les premiers Noël recomposés

Que fait-on, le 31 décembre à 23 h? On regarde le Bye-Bye, créé en 1968.

En réponse à la désertion des fidèles, on célèbre maintenant la messe de minuit à 16 h, 20 h ou 22 h.

Le trio Paul et Paul engendre un ver d'oreille collectif: «C'est Noël, car il neige dans ma tête.»

Dans une société en plein changement, on s'ouvre à la nouveauté. La messe de minuit n'est plus un passage obligé. Les traditionnels tourtière et ragoût de patte ont fait place aux cocktails de crevettes, aspics et petits sandwichs «pas de croûtes» faits de pain rose, vert ou jaune, et servis dans des assiettes jetables. L'hôtesse reçoit des compliments pour son dessert à base de Jell-O, guimauves et salade de fruits en boîte tandis que les femmes sirotent des Cosmo.

Pendant que les adultes jouent une partie de Twister (jeu grandement réprouvé par les esprits conservateurs, qui y voient une incitation aux attouchements immoraux), les enfants s'amusent avec leurs figurines de Star Wars. Le phénomène des produits dérivés est né. Les fillettes, elles, revêtent leurs accessoires de Wonder Woman et de Princesse Leia, premières super-héroïnes. Quant aux plus jeunes, ils dorment à poings fermés sur la pile de manteaux de fourrure qui encombrent le lit des maîtres.