Soins beauté

Tout savoir sur les injections de produit de comblement

Tout savoir sur les injections de produit de comblement

IStock Photographe : IStock Auteur : Coup de Pouce

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Tout savoir sur les injections de produit de comblement

Les injections de produit de comblement font fureur dans les instituts dermatologiques. Moins invasives que la chirurgie esthétique, peuvent-elles pour autant remplacer le classique lifting? Sont-elles sécuritaires? Ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Une «injection de produit de comblement;» vise à corriger certains signes de vieillissement ou disgrâces présents au niveau du visage, en remplissant ou en donnant du volume là où cela est nécessaire, selon la Société française de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique. Il s'agit de produits fluides qui peuvent être injectés, soit pour remodeler certaines parties du visage, soit pour obtenir le comblement de rides, sillons ou autres dépressions de la figure. À ne pas confondre avec les injections de Botox, une toxine qui pénètre la peau et qui paralyse temporairement les muscles.

Apparues au début des années 1980, les injections de comblement se sont d'abord faites avec des produits comme le collagène bovin. Susceptible de causer des allergies, ce produit a été remplacé par le collagène humain, fabriqué en laboratoire à partir de prépuce de nouveau-né. Depuis 1996, les gels d'acide hyaluronique, constitués d'un sucre naturellement présent dans le corps, ont fait leur place, sous les noms commerciaux de Restylane, Perlane, Hylaform ou Juvéderm. (Voir tableau)

Le processus

Contrairement aux procédures chirurgicales classiques, telles que les liftings ou la blépharoplastie, le traitement se fait sans anesthésie. De fait, il est possible de vaquer à ses activités normales tout de suite après la procédure. Celle-ci prend moins d'une heure pendant laquelle la douleur est variable, selon le degré de sensibilité de chacun (on compare la douleur à celle résultant d'une piqûre d'insecte).

Le chirurgien procède à l'injection d'un produit fluide dans l'épaisseur de la peau ou dans l'espace sous-cutané dans le but de créer du volume. Pour ce faire, il existe de très nombreux produits disponibles sur le marché, qui peuvent être biodégradables - auquel cas ils se résorberont progressivement et complètement - ou non. Dans ce cas, ils persisteront in situ pendant plusieurs années, voire indéfiniment.

Une technique non effractive ou « non invasive »?

Les injections de produit de comblement sont qualifiées de non effractives ou non invasives. Or, le sont-elles vraiment? Selon le Dr Jean-Pierre Daigle, chirurgien de reconstruction et chirurgien plasticien au Centre de médecine et de chirurgie ambulatoires Isomed, il n'existe pas de chirurgie réellement non effractive. « Toutes les chirurgies ont véritablement des risques », précise-t-il. Comme tout type d'injections comporte un caractère aléatoire, il est impossible de prédire la réaction du patient à la procédure. Par exemple, le patient peut se retrouver avec des ecchymoses si la seringue heurte une petite veine ou réagir au produit injecté.

Injection versus chirurgie

Pour le Dr Daigle, aucun traitement non effractif ne donne le résultat qu'un lifting ou déridage peut donner sur un cou très relâché. Et aucun lifting n'améliore les rides autour des lèvres, alors que certains lasers le peuvent. De la même manière, l'affaissement des tissus (communément appelé « bajoues ») et de l'excédent cutané - que l'on retrouve souvent sur les paupières - ne pourra être enrayé que chirurgicalement. Certaines anomalies cutanées (petites cicatrices, taches, etc.) ne peuvent être corrigées que par un resurfaçage (peeling, laser, dermabrasion).

Le Dr Arthur Swift croit pour sa part que les injections de produits de comblement peuvent donner des résultats phénoménaux. Le chirurgien plasticien et directeur de l'Institut de chirurgie plastique de Westmount soutient qu'elles sont aussi efficaces que les liftings chirurgicaux lorsqu'elles sont utilisées selon la méthode de la « Beautiphication ». Cette méthode correspond à l'application médicale du concept mathématique du « phi » (le nombre d'or), longtemps utilisé par les artistes et les architectes. Le chirurgien procède d'abord à la mesure des proportions du visage avec un « compas d'or », ajusté aux proportions divines (phi). Il vient ensuite équilibrer les volumes du visage avec une combinaison de traitements, comme les injections de produit de comblement et de Botox, appliqués de façon stratégique et en proportions spécifiques.

Les effets secondaires

Comme toute forme de chirurgie, les injections de produit de comblement comportent des risques à ne pas négliger. Plusieurs effets secondaires potentiels peuvent apparaître dans les jours suivant la procédure, tels qu'un œdème (gonflement) ou une rougeur cutanée dont l'importance et la durée varient selon les produits et les individus. Ces effets secondaires restent habituellement modérés - on peut continuer à vaquer à ses occupations - et disparaissent au bout d'un à trois jours. Ils peuvent cependant être plus apparents et durer plus longtemps dans le cas d'injections sur les lèvres.

Plus rarement, les patients ressentiront une certaine sensibilité de la peau, des démangeaisons, une pâleur cutanée, une hyperpigmentation ou de petites ecchymoses ponctuelles (bleus) sur les points d'injection.

Les résultats définitifs ne sont visibles qu'après quelques jours, une fois que l'œdème s'est résorbé et que les tissus ont retrouvé toute leur souplesse. Selon la personne, la zone du visage traitée et la quantité de produit injecté, les effets des injections peuvent durer de 6 à 12 mois.

Aide-mémoire
Avant l'injection
  • Il est préférable d'éviter les injections de produit de comblement si l'on est enceinte, si on allaite ou si l'on présente des problèmes cutanés tels que l'acné. Aussi, elles sont à proscrire si l'on vient de recevoir un traitement au laser, un peeling chimique ou une dermabrasion. Cette interdiction s'applique aussi dans le cas d'individus ayant tendance à développer des cicatrices, si l'on est atteint d'une maladie auto-immune, que l'on suit un traitement immunothérapeutique ou qu'on a une hypersensibilité connue à l'acide hyaluronique.
  • Il est important de procéder à un soin astringent, comme une lotion astringente, un masque nettoyant ou une préparation à base de vitamine A acide ou AHA.
  • Veiller à ne pas prendre d'aspirine ou d'anti-inflammatoires pendant les trois jours (idéalement la semaine) précédents la séance d'injection puisqu'elles peuvent engendrer l'apparition d'ecchymoses.
  • Démaquiller la zone à injecter avant la procédure.
Après l'injection
  • Il est impératif d'éviter le soleil, les bains de vapeur et la chaleur excessive pendant les deux semaines suivant l'intervention.
  • Éviter aussi, dans les heures suivantes, les mimiques trop intenses.
  • Éviter de toucher ou de se coucher sur la zone ayant reçu les injections pendant 12 à 24 heures.
  • Il est possible de se maquiller après la procédure
  • On conseille de planifier une visite de routine chez son chirurgien quelques semaines après la procédure pour vérifier qu'il n'y ait pas de complications.
Les produits biodégradables
  • Collagène (Zyderm, Zyplast, Résoplast...) : d'origine animale - risques d'allergies justifiant deux tests cutanés successifs préalables aux injections - durée de vie de quelques mois.
  • Acide hyaluronique (Restylane, Perlane, Juvéderm, Hyaluderm, Hylaform, Rofilan, Reviderm...) : un des produits les plus utilisés - origine synthétique/pas de test préalable - durée de vie de quelques mois (réputée un peu plus longue que pour le collagène)
  •  Acide polylactique (New-Fill) : origine synthétique - pas de test - durée de vie de quelques mois.
Les produits non biodégradables
  • Silicone : interdit sous forme injectable depuis 1997 en raison d'effets secondaires parfois désastreux.
  • Hydrogel acrylique (Dermalive) et Polyméthacrylate de méthyle (Artecoll) : particules synthétiques non biodégradables « véhiculées » soit par de l'acide hyaluronique, soit par du collagène - risque de granulomes réputé élevé (cf plus loin).
  • Polyacrylamide - (Aquamid, Bioalcamid, Outline) : dernier-né sur le marché - sensé durer plusieurs années et donner pas ou peu de granulomes. 
 Les corrections les plus fréquemment effectuées* : 

Sillons 

sillons nasogéniens (de l'aile du nez au coin de la bouche), plis d'amertume (du coin de la bouche, de part et d'autre du menton), sillon labiomentonnier...

Rides et ridules 

front, « rides du lion » (entre les sourcils), « patte d'oie » (au coin des yeux), joues, menton, « plissé soleil » autour de la bouche.

Lèvres

redessiner l'ourlet (contour), les épaissir si elles sont trop fines, ou les rendre plus pulpeuses.

Dépressions (creux) ou manques de volume 

pommettes, menton, contour mandibulaire, joues, nez, séquelles cicatricielles (acné, varicelle, traumatisme...).

 *Source: Société française de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SOF.CPRE)

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