Santé

Sommeil et travail mental: nouveaux facteurs déterminants de l'obésité

Auteur : Coup de Pouce

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Sommeil et travail mental: nouveaux facteurs déterminants de l'obésité

Faire du sport et manger moins ne sont plus les seules bonnes habitudes de vie à adopter pour perdre du poids. D’autres facteurs déterminants de l’obésité, comme le sommeil et le travail mental, commencent à être reconnus.

«Il y a plusieurs autres éléments à prendre en considération pour expliquer l'obésité, dit le professeur Jean-Philippe Chaput (Ph.D.), de l'École des sciences de l'activité physique à la faculté des sciences de la santé de l'Université d'Ottawa. Il faut aller plus loin que le manque d'exercice et le fait de trop manger, qui n'en sont que des symptômes.»

Le manquue de sommeil incite à manger

Le professeur Chaput avance qu'un des nouveaux facteurs responsables de l'obésité à prendre en compte est le manque de sommeil. En effet, la faim et l'appétit sont régulés par des hormones qui se dérèglent quand on ne dort pas assez. La leptine (responsable de la satiété) est alors moins fabriquée, et la ghréline (qui stimule l'appétit) et le cortisol (qui agit sur le métabolisme des glucides) sont surproduits. «Une personne qui dort peu aura plus envie de manger et sera moins portée à bouger, explique-t-il. On ne peut pas dire à un individu obèse qui est un petit dormeur de moins manger; c'est trop simpliste.»

Selon lui, une nuit de sommeil idéale compte de sept à huit heures et permet de prévenir non seulement la prise de poids, mais également les maladies cardiovasculaires et certains cancers.

Le travail mental ouvre l'appétit

Le second facteur important avec lequel il faudrait composer pour prévenir l'obésité est le travail mental. «Avant, travailler était physique, mais aujourd'hui, on est devant l'ordinateur toute la journée, on joue à des jeux vidéo assis et on regarde beaucoup la télé, dit-il. Mes recherches ont démontré que fournir du travail mental est pire que ne rien faire.»

Au cours des différentes expériences qu'il a menées, Jean-Philippe Chaput s'est aperçu qu'on était plus enclin à manger quand on avait, par exemple, consacré 45 minutes à de l'écriture que lorsqu'on avait dormi durant une période équivalente. Il en va de même pour les adolescents qui ont joué à des jeux vidéo par rapport à ceux qui ont pris du repos: les premiers ont été portés à manger davantage que les seconds lorsqu'un buffet leur a été proposé. Autrement dit, quand le cerveau fonctionne, on a plus faim.

La pollution organique et le calcium

Viennent ensuite le calcium et ce qu'on appelle les polluants organiques. Même si beaucoup de ces derniers ont été bannis, on en retrouve tout de même dans notre alimentation sous la forme de pesticides. Dans le corps, ces polluants attaquent la glande thyroïde et font baisser le métabolisme au repos. Le corps brûlera moins de calories et aura tendance à emmagasiner le gras. «On commence à prendre conscience de cet impact et on en parle de plus en plus, souligne le professeur. Des tests s'effectuent déjà sur des souris. On devra analyser leurs résultats pour trouver une solution pour l'humain.»

Le calcium est un autre facteur déterminant de l'obésité. «On a constaté que les personnes qui consomment peu de produits laitiers sont plus potelées, explique le professeur Chaput. Celles qui absorbent environ 1000 mg de calcium par jour perdent davantage de calories dans leurs selles, ont une baisse de l'appétit, et leur désir de manger est stable.»

Selon lui, il faut prendre tous ces facteurs en compte pour aider une personne obèse à perdre du poids et éviter d'emprunter le raccourci trop connu de se limiter à l'activité physique ou aux changements alimentaires. Bien sûr, ceux-ci sont nécessaires, mais ils doivent faire partie d'un programme plus complet. «L'obésité est un problème complexe, et la prise de poids est différente pour chaque individu, poursuit Jean-Philippe Chaput. L'important est de comprendre pourquoi on a engraissé.»

Faire confiance à son corps

À la vue des résultats de ses recherches, le professeur Chaput conclut qu'il faut adopter de saines habitudes de vie, dormir suffisamment, varier ses activités et laisser son poids se fixer tout seul. «Une personne qui se met au régime aura faim tout le temps. Et comme 95% des gens qui en suivent un reprennent tout le poids perdu et même plus, si elle veut maintenir sa perte, elle aura faim toute sa vie.»

Il faut oublier les régimes amaigrissants et tenter d'améliorer sa qualité de vie. «On pense toujours trop à l'aspect cosmétique et pas assez à la santé, dit le professeur. Il y a des gens qui ne seront jamais menus, car ce n'est pas dans leurs gènes. Mieux vaut s'accepter, être en bonne santé et éviter les maladies que maltraiter son corps.»

  

Lire aussi: Cinq trucs qui marchent pour perdre du poids et Les effets de l'activité physique sur la santé.

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