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Neurofibromatose de type 1, un mal aux multiples facettes

istockphoto.com Auteur : Coup de Pouce Crédits : istockphoto.com

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Neurofibromatose de type 1, un mal aux multiples facettes

La neurofibromatose de type 1 (NF1), ou maladie de Recklinghausen est l’une des maladies génétiques les plus fréquentes. Elle présente des symptômes très variés, pouvant tour à tour intéresser dermatologues, neurologues, neurochirurgiens, ophtalmologues, orthopédistes et oncologues , mais heureusement, pas tous autour du même patient!

La neurofibromatose de type 1 (NF1) affecte 1 personne sur 3000 et se contracte de deux façons: par transmission héréditaire ou par la modification accidentelle d'un gène. Les sujets atteints par la maladie la transmettent à leurs enfants une fois sur deux, sur le mode autosomique dominant. 

La NF1 est une maladie chronique, progressive, mais avec une évolution erratique pouvant aller, dans des cas rares, jusqu'à des complications très graves, comme des cancers ou des difficultés intellectuelles. Par ailleurs, la plupart des personnes atteintes de NF1 mènent une vie normale. Les symptômes les plus fréquents se manifestent sur la peau et dans le système nerveux, parfois dès la naissance, avec une tendance à s'accumuler avec le temps.

Comment savoir si l'on est atteint par la neurofibromatose?

Le signe le plus typique de la NF1 est la tache café au lait sur la peau, repérée dès les premières années de vie. Attention, toutes les petites taches brunes sur la peau ne sont pas des manifestations de NF1; la plupart sont de simples grains de beauté, taches de rousseur, éphélides, ou autres petites particularités sans aucun danger pour la santé. 

Le diagnostic de NF1 est confirmé par l'existence d'autres cas dans la famille immédiate, ou en présence d'autres signes cliniques, comme les neurofibromes qui sont des petites boules se développant sous la peau. Chez la moitié des enfants porteurs de NF1, aucun signe n'est visible avant un an. À six ans, ils atteignent le seuil diagnostic de deux critères. Presque tous les patients atteints de NF1 présentent au moins deux de ces critères à la fin de la puberté.

Quelle est la cause de la NF1?

La neurofibromatose est la conséquence d'un défaut d'un gène de grande taille, situé sur le chromosome 17, codant pour la protéine neurofibromine. Les nombreuses fonctions de ce gène n'ont pas encore été toutes identifiées. On sait qu'il participe, avec beaucoup d'autres protéines, au blocage de la multiplication des cellules. La fréquence des modifications accidentelles de ce gène, dites néomutations, est élevée (environ 50% des cas de NF1), pour des raisons à élucider. Mais, dans les formes familiales de la maladie, on peut repérer le gène avant la naissance, si possible dès le début de la grossesse, sur un petit fragment de placenta ou par amniocentèse.

Troubles d'apprentissage scolaire 

Les troubles d'apprentissage scolaire touchent environ 40% des patients atteints de NF1 et constituent donc un des grands problèmes de cette affection. La plupart de ces patients ont une efficience intellectuelle normale, mais présentent des difficultés d'attention, d'organisation et d'adaptation à des situations nouvelles ou inattendues.  Ils ont parfois aussi des difficultés à s'orienter dans l'espace. Certains manifestent une certaine faiblesse du développement du langage oral ou écrit (dyslexie). Un tiers des enfants atteints de NF1 a donc besoin d'une éducation spécialisée.

La tendance évolutive des difficultés intellectuelles au fil de la vie n'est pas encore parfaitement connue. Mais le niveau intellectuel moyen des porteurs de NF1 est tout à fait normal. Des petites imperfections cérébrales sont parfois visibles en imagerie par résonance magnétique (IRM), mais sans incidence connue sur les capacités intellectuelles du patient.

En pratique, la surveillance médicale d'un enfant atteint ou possiblement atteint de NF1, doit inclure une mesure précoce du niveau intellectuel, des analyses neuropédiatriques et neuropsychologiques: ceci permettra d'anticiper ses besoins scolaires particuliers.

Quel est le risque de tumeur? 

Les enfants porteurs de NF1 ont un risque légèrement plus élevé que les autres de développer des tumeurs, particulièrement des tumeurs du système nerveux, la plus fréquente portant le nom de gliome. Il s'agit le plus souvent de tumeurs bénignes, à faible croissance, qui apparaissent précocement et qui sont révélées par des troubles de la vision.

Plus rarement, ce sont des troubles de croissance staturale, une puberté précoce ou des symptômes d'excès de pression à l'intérieur de la tête, comme des maux de tête, qui fourniront les indices révélateurs de la présence de gliomes. L'évolution naturelle des gliomes est variable et parfois surprenante: certains régressent ou se stabilisent sans aucun traitement, d'autres sont agressifs et altèrent la vision. Ni les nouvelles connaissances génétiques, ni le prélèvement tumoral ne permettent de prévoir avec précision la manière dont la tumeur va évoluer. Il faut donc être très prudent dans les traitements comme la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie, qui ne sont pas dépourvus de risques. Certains patients réagissent très bien à la chimiothérapie, mais malheureusement pas tous. La radiothérapie peut nuire au développement du cerveau et des capacités intellectuelles de l'enfant très jeune.

L'approche anticancéreuse du gliome chez les patients NF1 doit mettre en balance les bénéfices et les risques des traitements par rapport à l'évolution naturelle souvent favorable de la maladie.

Qu'est-ce que les neurofibromes?

Les neurofibromes, qui ont donné leur nom à la maladie, ne sont que l'une de ses manifestations. Il s'agit d'une prolifération bénigne des cellules entourant les nerfs et leurs terminaisons à la surface de la peau. Les neurofibromes sont inhabituels avant la puberté. Ils posent donc surtout des problèmes chez l'adolescent et l'adulte. 

Une maladie touchant parfois d'autres organes

La NF1 atteint beaucoup plus rarement d'autres tissus, notamment les tissus cardiovasculaires. Ainsi, certains patients présentent-ils une hypertension artérielle que l'on peut traiter. Les accidents cérébrovasculaires sont un peu plus fréquents que dans la population générale. La croissance en taille et en poids est à surveiller car elle peut être aussi affectée, principalement par la survenue d'une puberté précoce, ou en raison d'un défaut de synthèse d'hormone de croissance.

Ressources et espoirs thérapeutiques

La progression des connaissances du défaut génétique responsable de la maladie ouvre de grands espoirs. Sur les animaux dont on a inactivé le gène NF1, des molécules améliorent les déficiences intellectuelles. Sur les humains, des essais thérapeutiques pour traiter les gliomes sont très prometteurs.

Les neurofibromes sont généralement bien traités par la chirurgie mais il n'y a pas encore de traitement médical efficace pour prévenir leur apparition. Les douleurs causées par les neurofibromes plexiformes sont souvent rebelles aux médicaments antidouleurs usuels, et nécessitent le recours éventuel aux exérèses chirurgicales.

Les troubles intellectuels bénéficient d'un dépistage précoce permettant d'instaurer rapidement des traitements de réadaptation dont la nature varie selon le type de problèmes. Les produits utilisés couramment pour les troubles d'attention, avec ou sans hyperactivité, ont de bons effets sur les patients NF1. Une aide psychologique ou pédopsychiatrique doit parfois être apportée. 

Au Canada comme en France, les associations de familles aux prises avec la NF1 offrent un support appréciable aux gens qui découvrent chez eux cette condition fréquente.

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