Santé

Mon poids bonheur? Le mien!

Auteur : Coup de Pouce

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Mon poids bonheur? Le mien!

Peut-on être bien dans notre peau, peu importe nos kilos? Quatre femmes affirment que ce n’est pas le chiffre sur la balance qui mène la cadence!

Rita Di Genova
52 ans, 145 livres

«Quand j'étais petite, j'ai voulu suivre un cours de ballet. Mes parents m'ont fait comprendre que j'étais trop grosse. À l'école, on m'appelait la "grosse wops". Me mettre en short pour le cours d'éducation physique était un calvaire et mon estime était à zéro. Toute ma vie a été un combat contre ce corps qui m'enveloppait. Je ne mangeais jamais comme les autres, j'étais toujours au régime comme on est en punition. J'ai connu mon mari à 25 ans. Il m'a toujours trouvée belle et me disait d'oublier les kilos. Mais je n'y arrivais pas. J'ai eu deux grossesses, à 29 et 31 ans, et j'ai ajouté un surpoids. En fin de quarantaine, j'avais essayé la diète Scarsdale, les outre-mangeurs, Weight Watchers, la clinique Mayo, Montignac et le régime South Beach, et je m'étais abonnée à toutes sortes de gymnases que j'abandonnais après leur avoir donné mon argent et mes espoirs.

«Après 25 ans de tentatives diverses, je traînais le même problème. Mon poids était devenu une obsession. Il fallait que cela change. J'ai décidé de faire des choses pour moi, sans égard aux commentaires des autres. Avec un podomètre et des souliers de course, j'ai commencé à marcher, sans trop penser aux résultats. Je marchais tous les jours, point. Un an plus tard, à 50 ans et pour la première fois de ma vie, j'ai couru 10 kilomètres au marathon de Montréal! J'ai changé mon alimentation - grâce aux apprentissages faits chez Weight Watchers, notamment - et doucement, sans m'en rendre compte, j'ai perdu environ 30 livres. Plus ou moins, ça n'a plus d'importance. J'ai voulu changer de poids toute ma vie et il me fallait plutôt changer d'attitude! J'ai une telle énergie maintenant!

«Je constate que la beauté est dans ce que l'on dégage. Je pourrais être plus mince, avoir de plus gros seins, moins de rides ou de plus petits mollets... mais cette quête est sans fin et ne mène pas au bonheur. C'est en soi qu'on trouve l'équilibre. Je l'ai trouvé en faisant des choix; j'ai l'impression d'avoir maintenant un pouvoir sur moi, mon corps, ma vie. Je suis en contact avec mon instinct. Mes fils et mon mari m'encouragent et me disent que je suis belle. Je me sens épanouie! Le chiffre sur la balance ne mène plus ma vie. C'est toute une liberté!»

Fanie Lauzon
33 ans, 132 livres

«Je n'ai jamais engagé de combat, ni pour maigrir ni pour être mince! J'ai toujours été en paix avec mon corps. Pourtant, je n'ai pas un corps parfait, encore moins après avoir accouché. Pourtant, je l'appelle "mon corps de déesse" et je pense qu'il mérite bien son nom. Chaque fois que je vais courir ou parcourir les sentiers de ski de fond, je dis que je vais faire du bien à mon corps de déesse! Et je ne suis ni une athlète ni une adepte des gymnases ou du corps taillé au couteau. À mes yeux, un beau corps est d'abord habité par un esprit libre, joyeux, heureux. Ça se voit dans la démarche, la posture, le maintien. Je pense aussi que la propension au bonheur donne un beau teint. Qu'un sourire rend une fille irrésistible. Que vivre en accord avec soi-même donne un petit je-ne-sais-quoi au regard.

«Si on méprise son corps, on se méprise soi-même. À mes yeux, respecter son corps est une manière de vivre: je le nourris bien, je ne saute jamais de repas. J'ai toujours faim et j'adore manger, mais je ne veux ni devenir obèse ni mettre en danger ma santé. Alors, je fais des choix. Si je me jette dans le dessert ou que j'ai un souper bien arrosé, je bouge en conséquence dans les jours qui suivent. C'est une question d'équilibre. Voyager, goûter à plein de plats venant de partout, gravir une montagne, aller jouer dehors par une belle journée d'hiver avec mon petit gars et embrasser mon chum...voilà des choses qui me rendent heureuse. Faire ce qu'on aime et remplir sa vie de bonheur permet d'oublier complètement où on a bien pu ranger sa balance...»

Karrel B. Cournoyer
27 ans, 155 livres

«Je trouve important de véhiculer des images de femmes qui ne cherchent pas à entrer dans le moule. J'en suis. Je suis célibataire, je travaille en communication et je connais pas mal de filles, pourtant plus minces que moi, qui sont préoccupées par leur poids. Est-ce normal, toutes ces discussions autour de ce qu'on a "le droit" et "pas le droit" de manger? Il faut presque s'excuser si on a le goût d'un dessert! Quand chacune y va de son supposé surplus de poids, j'entends la culpabilité de ne pas "réussir"quelque chose. Ça me dérange d'entendre d'aussi belles filles avoir besoin d'autant de réconfort. Parce qu'il est là, le vrai bobo...Les filles ont besoin de se faire dire: "Ben non, t'es super belle!"

«Pourquoi ce besoin du regard de l'autre? J'ai eu des chums qui m'ont dit que je devrais peut-être perdre du poids. Ces relations n'ont pas fonctionné. J'ai eu d'autres chums qui me trouvaient belle, même avec 15 livres en trop, et je sais qu'ils étaient sincères. J'observe que notre regard sur nos corps de femmes est bien plus sévère que celui des hommes. Mon équilibre me vient sans doute de ma mère. Elle m'a toujours dit que j'étais belle et j'ai toujours senti qu'elle le pensait. Je l'ai vue prendre soin de son corps sans jamais en faire une religion.

Je suis plus active que sportive. Je touche à la danse, au yoga, je trouve important de bouger, mais dans le plaisir et non dans la souffrance. Je n'ai jamais fait de régime. Je refuse de me battre contre moi-même. Si c'est meilleur avec de la sauce, j'en prends! Quand je choisis le sauternes et le foie gras, je choisis de ne pas vivre selon les standards de minceur et je l'assume. Je fais mes choix: beaucoup de fruits et de légumes, en évitant les produits transformés, ultra gras ou salés. Mais je mange un gâteau au chocolat maison sans aucune culpabilité!

«Je trouve triste de voir des filles se faire ch... à vouloir être de plus en plus minces! Bien sûr, il m'est arrivé, à la plage, de me trouver moche à côté de copines taillées au couteau. C'est un petit baromètre qui m'indique que je dois faire plus attention et non tomber en dépression. Pourquoi suis-je heureuse avec 15 livres en trop ,alors qu'une autre se morfond devant un bourrelet microscopique? La réponse: l'estime de soi. Je suis chanceuse d'avoir cette confiance-là. Alors, je partage. Je suis ici, avec mon poids bien affiché, pour dire: "Hé, les filles! Le bonheur n'est pas un chiffre sur une balance!"»

Carmel Grace
47 ans, 197 livres

«Ce n'est pas plaisant de l'avouer, mais j'ai été obèse. Chaque fois que je montais sur la balance, je paniquais, mais un jour, j'en ai eu assez de ce pouvoir que je lui donnais. J'ai décidé de prendre le contrôle de ma vie. C'est par l'activité physique qu'elle a changé. Je fréquente depuis près de deux ans un gymnase dont le concept est une dépense énergétique élevée sur une courte durée. Les premiers mois, j'ai perdu 20 livres. J'étais fière et je me pesais régulièrement. Puis j'ai commencé à gagner de la masse musculaire. J'étais plus lourde, mais aussi plus alerte, plus découpée, j'avais plus de tonus. C'est vraiment là que j'ai compris l'importance d'être en forme et en santé. Depuis un an, je me suis enlevé le chiffre de la tête, et ça fait tellement de bien! Quand je finis ma séance d'exercice, je souris à pleines dents. Je me sens la force de soulever des montagnes! Je ne pense pas au poids que je viens de perdre - ou de prendre, car le muscle, c'est lourd! - , mais à mon niveau d'énergie. Au travail, mes clients me disent: "Wow, Carmel!" Et je sais ce que ça veut dire. Être sexy, c'est un état d'âme.

«Évidemment, j'y ai pensé avant d'accepter d'être photographiée ici avec un carton qui indique mon poids. Je sais que les lectrices vont dire: "Elle pèse vraiment près de 200 livres?" Je réponds: "Oui, et après?"Ce n'est qu'un chiffre et je ne lui donne aucun pouvoir! Je fais ce reportage au nom des trop nombreuses femmes qui sont mal dans leur peau. C'est important de s'occuper de son corps, mais jamais en vertu de la dictature de la balance! J'aime mon corps et ce qu'il me permet de vivre. Pour cela, j'ai décidé d'y faire attention. Je serai de plus en plus en forme et en santé en vieillissant. Je l'ai décidé ainsi. Je prépare les prochaines décennies de ma vie. Je veux grimper des montagnes, dans tous les sens du mot! Je n'ai aucune idée du poids que j'aurai dans six mois ou dans six ans, mais j'ai la confiance nécessaire pour parader dans une jolie robe d'été... à bretelles spaghetti!»

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