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Les vaccins et le système immunitaire des enfants

Les vaccins et le système immunitaire des enfants

Istockphoto.com Photographe : Istockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

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Les vaccins et le système immunitaire des enfants

Les jeunes parents, qui n’ont jamais connu les effets dramatiques de la diphtérie, du tétanos ou de la poliomyélite, sont de plus en plus nombreux à trouver que leurs enfants reçoivent trop de vaccins et que ceux-ci affaiblissent le système immunitaire. L'heure juste sur la question.

Il y a 100 ans, les nourrissons recevaient un seul vaccin: contre la variole. Il y a 40 ans les enfants recevaient en routine 6 vaccins (diphtérie, coqueluche, tétanos, poliomyélite, variole et BCG). Aujourd'hui, le calendrier de vaccination des nourrissons en comptent en moyenne 10. Il est admis que l'augmentation de ces vaccins et l'augmentation du nombre d'enfants vaccinés ont permis d'obtenir une diminution spectaculaire de la morbidité et de la mortalité dues à certaines maladies invasives, désormais évitables.

Mon enfant est-il trop jeune pour être vacciné?

La réponse judicieuse à cette question posée de plus en plus fréquemment par les parents repose sur nos connaissances du système immunitaire du nouveau-né et du nourrisson.

Le nouveau-né et le jeune nourrisson sont protégés contre certaines maladies infectieuses par la présence des anticorps maternels (IgG) qui ont traversé le placenta avant la naissance. L'allaitement maternel permet de plus, après la naissance, l'apport d'immunoglobulines A.

Cependant, ces anticorps acquis passivement permettent une protection du bébé à la seule condition que la mère ait été immunisée contre ces antigènes, autrement dit qu'elle ait elle-même été vaccinée ou qu'elle ait un jour eu la maladie en question. Également, la durée de vie de ces anticorps est limitée puisqu'ils disparaissent au cours des premiers mois de vie. Par ailleurs, l'allaitement maternel ne dure au mieux que quelques mois. Enfin, et ceci est un argument majeur, ces anticorps maternels offrent souvent une protection moindre comparativement aux anticorps acquis «activement», après immunisation. L'un des exemples les plus connus reste celui de la coqueluche où des anticorps maternels sont présents chez le tout jeune nourrisson, mais ne lui offrent aucune protection contre la maladie.

La capacité de réponse antigénique débute avant la naissance. Les lymphocytes B et T sont présents dès la 14ème semaine de vie embryonnaire. Le nouveau-né possède dès la naissance les capacités de réponses immunitaires humorales (IgG, IgM) mais également cellulaires (réponses T-helper et T-cytotoxiques).

L'existence même de ce système immunitaire présent dès la naissance est une condition nécessaire pour passer d'un environnement quasi stérile, dans lequel le bébé a baigné durant la vie utérine, à un monde peuplé de bactéries: depuis la filière génitale jusqu'à l'environnement de la salle de naissance. Après quelques heures, son tube digestif jusqu'alors stérile se remplit d'une multitude de composants antigéniques, par exemple Escherichia coli et des streptocoques, des bactéries anaérobies telles que Clostridium et/ou Bacteroïdes.

Ce système immunitaire est fonctionnel. La vaccination contre l'hépatite B, dès la naissance, des enfants dont la mère est porteuse chronique de l'antigène HBS est efficace non seulement en terme de production d'anticorps, mais également cliniquement, en prévenant la cirrhose et le développement de cancers du foie.

Le nourrisson, quant à lui, possède la faculté de répondre à ces antigènes administrés simultanément, et plus de 90% des nourrissons ont développé des anticorps contre les différentes valences vaccinales qui ont été administrées entre 2 et 6 mois, leur conférant ainsi une protection.

En conclusion, le jeune nourrisson a un système immunitaire lui permettant de répondre efficacement à une stimulation vaccinale.

  

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À quel âge faut-il vraiment vacciner? 

Il faut vacciner tôt pour protéger le bébé le plus vite possible contre les microbes les plus dangereux.

Les maladies infectieuses pendant la première année de vie sont fréquentes et peuvent être graves. On estime qu'elles sont responsables de 2,5 à 3 millions de décès chaque année dans le monde. Il s'agit essentiellement:

  • d'infections aiguës des voies respiratoires d'origine virale (VRS, Rougeole, autres virus), ou bactérienne (coqueluche, pneumocoque, haemophilus);
  • d'infections digestives (gastro-entérites). En Occident, les micro-organismes en cause sont le plus souvent des virus (rotavirus essentiellement: calicivirus, coronavirus), mais des bactéries peuvent être également responsables: salmonelles, shigelles, colibacille;
  • d'infections invasives à haemophilus (que seule la vaccination a permis de faire reculer), à pneumocoque, à méningocoque.

Cette fragilité aux infections du petit nourrisson témoigne du laps de temps nécessaire au développement immunitaire: sa maturation nécessite plusieurs mois.

La coqueluche est une maladie grave qui peut être mortelle chez le nourrisson, raison pour laquelle il est nécessaire de le vacciner dès l'âge de 3 mois. Un retard vaccinal injustifié peut être lourd de conséquences puisque c'est justement durant les premiers mois de vie que le nourrisson est le plus fragile face à ces infections.

Le prématuré doit être vacciné à 2 mois d'âge civil et non en âge corrigé. Ainsi un enfant né à 33 semaines de gestation doit être vacciné à l'âge de deux mois et non à 3 mois d'âge corrigé en fonction de sa prématurité. 

Les vaccins pentavalents, lorsqu'ils sont donnés dès l'âge de 2 mois, permettent de protéger tôt contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et les infections invasives à Haemophilus b. De même, le vaccin conjugué anti-pneumococcique peut être administré tôt, avant l'âge où surviennent les infections sévères à pneumocoques (méningites, bactériémies, pneumonies bactériémiques).

L'âge de la vaccination contre la rougeole (et donc contre la rubéole et les oreillons) est fixé à plus de 12 mois, puisque les anticorps maternels empêchent une bonne efficacité du vaccin s'il est administré plus tôt. On peut cependant vacciner contre la rougeole dès l'âge de 9 mois, mais dans ce cas il faut faire une deuxième injection 6 mois plus tard sous forme de vaccin triple.

En conclusion, il faut vacciner le plus tôt possible et les recommandations actuelles du calendrier vaccinal, qui prennent en compte les différentes caractéristiques épidémiologiques et microbiologiques de chaque micro-organisme, sont à suivre précisément.

  

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Les vaccins affaiblissent-ils le système immunitaire?

C'est à l'âge de 5-6 mois que disparaissent chez le bébé les anticorps protecteurs maternels. C'est donc à cet âge que les nourrissons commencent généralement à développer leurs premières infections, le plus souvent d'origine virale, parfois bactérienne. Mais c'est aussi à cet âge que s'effectue la période de primo-vaccination. Certains parents établissent donc un lien de causalité entre l'un et l'autre alors que les infections s'expliquent plus aisément par la disparition des anticorps protecteurs. Ces infections deviennent donc un argument, non pas contre mais pour la vaccination.

Différentes études ont montré que l'incidence des infections n'était pas plus importante chez les enfants vaccinés que chez les enfants non vaccinés. Au contraire, une étude réalisée en Allemagne a démontré (à propos de 496 enfants) que les nourrissons vaccinés dès l'âge de 3 mois développaient moins d'infections que les enfants non vaccinés. De plus, autre argument pour la vaccination au berceau, à cet âge peuvent survenir certaines infections virales qui prédisposent aux infections invasives bactériennes. Les exemples les plus connus sont la grippe qui favorise les surinfections méningococciques ou pneumococciques ou bien encore la varicelle qui favorise des infections streptococciques sévères pour ne citer que ces associations.

Peut-il y avoir trop de vaccins, le système immunitaire peut-il être saturé? 

Au cours des ans, la qualité des produits vaccinaux s'est constamment améliorée. Ainsi, les premiers vaccins établis à partir de produits vivants, plus ou moins atténués, représentaient une «mixture» composée d'une multitude d'antigènes eux-mêmes composés de plusieurs épitopes (environ 200 protéines pour le vaccin contre la variole). De nos jours, les antigènes administrés sont de plus en plus purifiés, tout en conservant une efficacité analogue (moins de 100 protéines pour les 10 vaccins). De ce fait, il serait plus juste de dire que l'on protège actuellement contre plus de maladies en utilisant moins d'antigènes. Certains auteurs ont démontré qu'avec 107 lymphocytes B circulants, un enfant pouvait répondre à 10 000 vaccins. Ainsi, lors d'une vaccination par 10 antigènes, seulement 0,1 % du système immunitaire sera concerné. Ce n'est rien. 

  

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Sources

Otto S, Mahner B, Kadow I, et al. «General non-specific morbidity is reduced after vaccination within the third month of life:the Greifswald study», J Infect. 2000; 41:172 -5.

Ovetchkine, P. Vaccination et immunité. Montréal, Le monde est ailleurs, 2008.

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