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Le TDPM, un SPM à la puissance 10

Le TDPM, un SPM à la puissance 10

istockphoto.com Photographe : istockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

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Le TDPM, un SPM à la puissance 10

On entend rarement parler du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM); il ne touche que 5 à 8% des femmes. Mais celles qui en sont atteintes voient leur vie basculer tous les mois… Est-ce votre cas?

Encore méconnu, le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) est une forme sévère du syndrome prémenstruel (SPM). En 2013, il faisait son entrée officielle dans la cinquième mouture du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM)... ce qui en a fait sursauter plusieurs: certains ne voyaient pas d'un bon œil la psychiatrisation d'un dérèglement hormonal féminin; d'autres mettaient carrément en doute l'existence du TDPM.

«Le trouble dysphorique prémenstruel est une vraie pathologie. C'est loin d'être une invention de l'industrie pharmaceutique», clame Marie-Josée Poulin, psychiatre au CIUSSS de la Capitale-Nationale, chercheuse associée de clinique au Centre de recherche de l'hôpital de l'Enfant-Jésus du CHU, professeure adjointe au Département de psychiatrie de l'Université Laval et chef du Programme de psychiatrie périnatale. Elle ajoute: «Les femmes qui consultent sont vraiment souffrantes. Elles présentent un ensemble de symptômes d'ordre psychiatrique qui les empêche de fonctionner durant la semaine précédant leurs menstruations, mais jusqu'à deux semaines par mois dans les cas extrêmes.»

Une hypersensibilité aux fluctuations hormonales

Les symptômes du TDPM ressemblent à ceux du SPM, en beaucoup plus sévères et invalidants. Selon le DSM-V, pour qu'une femme reçoive un diagnostic de TDPM, elle doit éprouver un minimum de cinq critères diagnostiques la semaine précédant ses règles (perte d'intérêt envers les activités de la vie quotidienne, altération du sommeil, sentiment de perte de contrôle, manque d'énergie, symptômes physiques, modifications des habitudes alimentaires et troubles de la concentration), dont au moins un parmi ceux-ci: irritabilité, humeur dépressive, labilité (instabilité) émotionnelle, anxiété et tensions.

«On ne connaît pas encore les causes exactes du TDPM, mais une hypersensibilité aux fluctuations hormonales pourrait être l'un des facteurs», poursuit la psychiatre, qui précise que le risque de TDPM semble augmenter avec le nombre de grossesses, l'histoire familiale, le stress chronique et un facteur déclenchant (rupture, deuil, perte d'emploi). Les femmes consultent généralement à ce sujet autour de 35 ans, et l'intensité des symptômes peut augmenter pendant la préménopause.

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Une diversité de traitements

La bonne nouvelle, c'est qu'il y a une grande diversité de traitements. Les professionnels traitants en préconisent donc souvent une combinaison, en prescrivant d'abord les moins invasifs. En premier lieu, des modifications dans les habitudes de vie sont proposées: de l'exercice physique régulier, des modifications du régime alimentaire (réduction de l'apport en sel, en sucre, en alcool et en caféine) et de l'hygiène de vie (sommeil, réduction du stress). Des études ont également démontré l'efficacité de la vitamine B6 et du calcium pour améliorer les symptômes. Certaines femmes se tournent aussi vers la médecine douce (ostéopathie, acupuncture, naturopathie). Dans tous les cas, la psychothérapie cognitivo-comportementale est recommandée comme traitement complémentaire, car elle peut permettre de réduire certains types de symptômes.

Dans un deuxième temps sont envisagés les traitements pharmacologiques, hormonaux ou avec des stimulateurs de l'activité sérotoninergique (sérotonine), tels que des antidépresseurs de type ISRS (Effexor, Prozac, Zoloft, etc.). «Pour les femmes qui ne présentent pas de contre-indications aux anovulants et qui ont besoin de contraception, la prise en continu d'un contraceptif oral monophasique est un traitement qui donne souvent de bons résultats. Dans les cas extrêmes, et seulement pour les femmes qui ne veulent plus avoir d'enfants, une ménopause chirurgicale peut être considérée. Mais c'est extrêmement rare», conclut la Dre Poulin.

Dois-je consulter?

«Quand les troubles de l'humeur sont prononcés, qu'il y a de la souffrance ou une incapacité à fonctionner normalement; bref, quand la qualité de vie est grandement diminuée, ça vaut la peine de consulter son médecin ou son gynécologue», conseille la Dre Marie-Josée Poulin, psychiatre. Un journal de l'humeur devra être rempli pendant au moins deux cycles menstruels complets pour s'assurer qu'il s'agit bien d'un trouble de l'humeur lié aux fluctuations hormonales.


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