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Hyperplasie ou quand la prostate prend du volume

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Hyperplasie ou quand la prostate prend du volume

La prostate a tendance à prendre du volume quand l'homme approche de la quarantaine. C'est ce qu'on appelle l'hyperplasie bénigne de la prostate.

La prostate a pour fonction de fournir du fluide au sperme, ce qu'elle fait, bon an, mal an, malgré que l'homme avance en âge. Chez certains d'entre vous cependant, cette glande prostatique bien fonctionnelle peut néanmoins atteindre sept fois et plus sa taille de «jeunesse». La croissance démesurée se nomme «hyperplasie (ou hypertrophie) bénigne de la prostate (HBP)».

Qu'est-ce qui doit vous mettre sur la piste d'une hyperplasie? Votre jeunesse perdue, mais encore? Exclusivement des symptômes urinaires: débit urinaire faible, besoin de faire un effort pour commencer à uriner, miction intermittente, sensation de ne pas avoir vidé complètement sa vessie, sensation de retard ou d'hésitation au début de la miction, augmentation de la fréquence des mictions et enfin, besoin de se lever la nuit pour uriner. Difficile de s'y tromper.

Si vous avez des symptômes, consultez un médecin

Évidemment, si vous éprouvez quelques-uns de ces symptômes, il est sage d'en parler au médecin, qui, au moyen du toucher rectal et du test sanguin permettant la recherche de l'antigène prostatique spécifique (APS), pourra vous aider à distinguer hyperplasie et cancer.

À noter que l'HBP n'augmente pas le risque de contracter le cancer de la prostate. Les deux maladies peuvent présenter des symptômes similaires quoiqu'en pratique le cancer de la prostate ne présente souvent pas de symptômes. D'autre part, il est possible de souffrir à la fois d'HBP et d'un cancer de la prostate.

D'ici votre rendez-vous, des trucs de départ pourraient amoindrir les symptômes: éviter les liquides le soir, surtout thé, café et alcool, reconnus pour donner envie d'uriner, vider complètement sa vessie, éviter les longues heures sans uriner, éviter les médicaments affectant la vessie, dont quelques décongestionnants, tranquillisants, antihistaminiques, antispasmodiques et antidépresseurs.

Des médicaments pour votre prostate et votre vie sexuelle

Prochaine étape, les médicaments. Là vous aurez décidément besoin du médecin. C'est une bonne chose, signe que vous aurez eu droit à un bon examen général et au toucher rectal que certains d'entre vous redoutent tant.

Environ trois quarts des personnes atteintes constateront une diminution des symptômes grâce aux médicaments. Si la glande reste somme toute encore petite, le médecin optera pour des alphabloquants, notamment le doxazosine (Cardura®), le terazosine (Hytrin®) et le tamsulosine (Flomax®), lesquels décompriment l'urètre en relaxant les tissus musculaires de la prostate. Ces médicaments fonctionnent vite et bien, maintiennent la vie sexuelle, mais parfois réduisent la tension artérielle, quoique dans une moindre mesure pour le tamsulosine.

Pour les prostates plutôt «très grosses», on aura recours à des inhibiteurs de la 5-alpha-réductase, le finastéride (Proscar®), un médicament capable de réduire le volume de la glande en bloquant la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone, passage hormonal qui pourrait expliquer l'augmentation du volume prostatique. Quoique sans effet secondaire sur la tension artérielle, cet agent peut parfois nuire à l'érection et diminuer le volume de l'éjaculat. C'est un médicament à prendre à vie qui commence à soulager six mois après le début du traitement.

La chirurgie: le dernier recours

Il arrive que les traitements médicamenteux restent sans effet sur certains hommes ou encore que ces derniers soient trop incommodés par les effets secondaires des «pilules». Pour ceux-là, et pour les autres, qui, subitement, ne peuvent plus du tout uriner, il reste la chirurgie.

La technique classique la plus utilisée est appelée «résection transurétrale de la prostate (RTUP)», à laquelle on a recours pour la plupart des malades, à l'exception des cas où la glande prostatique est exceptionnellement volumineuse. Cette chirurgie consiste à enlever la partie obstructive seulement et garder intacte la glande comme telle. Les risques: être obligé de refaire l'opération dans 5% des cas après 8 à 10 ans, ou encore développer de l'éjaculation rétrograde dans la vessie.

Selon la grosseur de la glande, la condition du patient, l'expertise du centre consulté, etc., de nouvelles méthodes chirurgicales de pointe sont parfois pratiquées et font actuellement l'objet d'évaluation comparative avec la «vieille» manière de faire. Dernière innovation en la matière: le robot da Vinci, utile aux chirurgies de la prostate comme aux interventions pelviennes chez les femmes, et qui permet au chirurgien de manipuler ses instruments via un robot dont les yeux sont une petite caméra. Avantage: petites incisions et ultra-précision du geste!

Des plantes pour votre prostate

Quelques plantes possèdent de faibles effets positifs pour réduire les symptômes urinaires de l'hyperplasie bénigne de la prostate, et non pas de réduire le volume de la glande. Maquillage donc, et non pas lifting! Ce sont dans l'ordre le palmier nain (sabal ou serenoa repens), le prunier africain (pygeum africanus), l'ortie (urtica dioica) et... les graines de citrouille!

Des données scientifiques britanniques et italiennes appuient une discrète efficacité du palmier nain et du pygeum. En France, des extraits d'écorce de pygeum sont délivrés sans ordonnance sous le nom de Tadenan®. Pour passer l'Halloween, sans blague, des graines de citrouille bien mâchées pourraient soulager les difficultés à uriner des hypertrophiques.

  

Suggestion de lecture

Le Cancer de la prostate: comprendre la maladie et ses traitements, Fred Saad et Michael McCormack, Annika Parance Éditeur, 2012, 206 pages.

Sources

Centre universitaire de santé McGill

 

Dr Rémi Bouchard, omnipraticien, Québec, Canada, 2008.

 

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