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Faut-il se méfier des ondes cellulaires et électromagnétiques?

Faut-il se méfier des ondes cellulaires et électromagnétiques?

Istockphoto.com Photographe : Istockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

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Faut-il se méfier des ondes cellulaires et électromagnétiques?

Les antennes-relais nécessaires aux communications cellulaires constituent-elles un risque pour la santé publique? Certains le croient et affirment que les ondes électromagnétiques qu’elles émettent peuvent provoquer des troubles de la santé, voire des cancers.

En Europe, des pays comme la Finlande et l'Allemagne ont réglementé sévèrement l'installation d'antennes-relais près des écoles et des édifices publics. Au Québec, des citoyens de Terrebonne mènent depuis un an une bataille pour que les antennes-relais installées dans le clocher de l'église soient déplacées. Ces citoyens ont obtenu l'appui d'autres municipalités du Québec, et ainsi est né le collectif Sauvons nos enfants des micro-ondes (SEMO).

Le SEMO revendique des modifications aux normes canadiennes relatives à l'exposition aux micro-ondes provenant des antennes cellulaires et des autres sources. Son porte-parole, François Therrien, demande que les normes soient de 1000 µW/m2 à l'extérieur, de 10 µW/m2 à l'intérieur, et que les antennes-relais soient éloignées d'au moins 300 mètres des écoles. «La technologie est en constante évolution. Les champs électromagnétiques que ces antennes-relais émettent sont donc en croissance proportionnelle à leur puissance», souligne-t-il en s'inquiétant des effets de ces micro-ondes sur les personnes électrosensibles.

La norme canadienne actuelle est de 10 000 000 µW/m2, peu importe l'endroit et les personnes exposées. Elle est similaire aux normes internationales établies par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants, ce que François Therrien juge être beaucoup trop.

Le principe de précaution

Malgré cet appel à l'adoption du principe de précaution, le ministère de la Santé et des Services sociaux ne voit pas de quoi crier au loup. Il existe selon lui un consensus scientifique selon lequel les radiofréquences des antennes sont trop faibles pour causer des effets indésirables. «Il n'y a aucune donnée qui inquiète», déclarait récemment la porte-parole du Ministère, Karine White.

N'empêche, devant les pressions citoyennes, l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a décidé de former une équipe qui fera une recension de la documentation scientifique sur les impacts sanitaires des antennes-relais des cellulaires. Cette étude s'ajoutera à d'autres menées antérieurement par l'INSPQ sur les champs électromagnétiques émis par le chauffage à l'électricité dans les résidences - représentant trois foyers sur quatre - et les pylônes de transport d'électricité.

Dans une lettre datée du 13 mars dernier, André Poirier, directeur national de santé publique et sous-ministre adjoint, confirme que l'Institut procédera «à un examen de la problématique des antennes de relais cellulaires, en tenant compte des données de la littérature, des positions de santé publique déjà exprimées sur ce sujet par des organismes tels que Santé Canada et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS)».

Pour le SEMO, c'est un pas dans la bonne direction, même si le Ministère et l'INSPQ ont exprimé leur scepticisme quant à la capacité d'en déduire que les ondes de ces antennes sont dangereuses à un degré tel qu'il faille les déplacer ou les éliminer.

Vigilance citoyenne élargie

Les citoyens regroupés autour du collectif ne sont pas les seuls à souhaiter plus de vigilance en matière d'installation des antennes-relais servant aux communications sans fil. L'organisme Option consommateurs appuie leur demande de modification des normes de sécurité sanitaire. «Nous recommandons à Santé Canada et à Industrie Canada de revoir à la baisse les limites d'exposition aux émissions de radiofréquences. À notre avis, les municipalités ne devraient plus autoriser l'implantation d'antennes-relais à proximité des garderies, des écoles et des édifices publics», déclare le directeur général de l'organisme, Michel Arnold. Un dossier étoffé sur le sujet a été publié dans le magazine Protégez-Vous de février 2009.

De son côté, l'Association canadienne des télécommunications sans fil estime que les craintes des citoyens sont exagérées. «Depuis des décennies, des recherches sont menées sur la nocivité des ondes. À ce jour, il n'a pas été possible d'affirmer hors de tout doute qu'elles ont un effet indésirable sur la population», indique son porte-parole, Marc Choma.

Un consensus impossible

En France, la question embête les autorités politiques. En ce qui concerne la téléphonie mobile, le gouvernement Sarkozy a proposé que des restrictions d'usage soient appliquées pour les enfants de moins de 12 ans et a suggéré la vente obligatoire, si l'Union européenne le permet, de portables dotés d'un dispositif mains libres. Mais il hésite à dépasser ce niveau de prévention sous la pression des compagnies opératrices d'antennes qui brandissent de leur côté les études scientifiques non concluantes en matière de risque sanitaire.

Vu l'intégration de la téléphonie cellulaire dans les habitudes de vie, il est probable que tout consensus soit impossible à atteindre en la matière.

Un site Web construit par le collectif SEMO a été mis sur pied afin d'informer les décideurs, les journalistes et la population sur les micro-ondes. Un second site présente «le point de vue scientifique» sur les champs électromagnétiques.

  

Le saviez-vous?

Un champ électrique est produit dès qu'il y a une tension, même si aucun courant électrique ne circule ou que l'appareil électrique est éteint, alors que le champ magnétique est produit lorsqu'il y a un courant électrique. Dans la gamme des radiofréquences, on mesure une combinaison des champs électrique et magnétique, en microwatt par centimètre carré (µW/m2).

 

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