Santé

Corps fatigué, ménisque déchiré

Corps fatigué, ménisque déchiré

istockphoto.com Photographe : istockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

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Corps fatigué, ménisque déchiré

Après l'âge de 45 ans, sportifs, prenez garde! C'est le début de la fin, du moins, pour vos ménisques, si vite déchirés!

À la naissance, quand l'âme se procure un corps tout neuf, certaines pièces sont garanties à vie si elles sont bien entretenues: les poumons, les dents, ou le sens de l'humour s'useront mais pourront tenir la route. Malheureusement, passé 45 ans, il y en a d'autres qui s'épuisent et qui s'effritent. C'est le cas des ménisques, à la jonction du fémur et du tibia, qui finissent par ne plus nous supporter!

Chez les moins de 45 ans, il faut un mécanisme assez violent, une torsion accompagnée d'une flexion et/ou d'une instabilité ligamentaire pour provoquer la déchirure du ménisque. Il en est malheureusement tout autre après l'âge de 45 ans. C'est la blessure classique des joueurs de «foot» qui mettent leurs genoux à rude épreuve.

Ménisque plus friable après 45 ans
Dans la cinquantaine, il suffit parfois de se pencher pour ramasser un objet au sol pour ressentir soudainement une brûlure à la face interne du genou: en fait, on vient de se déchirer le ménisque!

Le ménisque est plus friable après 45 ans. Pensons à un vieux pare-brise d'automobile qui, après quelques centaines de milliers de kilomètres de route, est marqué de petites fissures par tous les cailloux qui l'ont bombardé: Vient un jour où, sans que rien d'anormal ne soit survenu, les petites fissures se rejoignent et forment une horrible crevasse. Il en va de même pour le ménisque qui se fissure et dégénère en vieillissant: il se fragilise et peut se briser lors d'un mouvement banal .Paix aux vieux! Plus besoin de participer à une finale de la Coupe du monde pour se bousiller le genou: il suffit parfois de descendre du lit. La douleur ressentie au site de la déchirure s'accompagnera d'un gonflement quelquefois plus tardif.

Les types de déchirures au genou
Chez les moins de 45 ans, comme nous l'avons vu, les cas typiques de déchirure sont un ménisque «désinséré» ou détaché, créant un blocage total, ou une déchirure partielle, créant un blocage occasionnel.

Pour des raisons bio-mécaniques assez complexes, la désinsertion méniscale qui cause un blocage du genou, déjà rare avant 45 ans, l'est encore plus passé cet âge. Avec le vieillissement, c'est l'accumulation de petites déchirures, parfois asymptomatiques, qui finit par affaiblir le ménisque dont les lambeaux sont encore retenus les uns aux autres. Ainsi, pas besoin d'un traumatisme pour souffrir. C'est le cas des nombreux patients de 55 ans ou plus qui se présentent pour une consultation en se plaignant de douleurs insidieuses qui persistent depuis plusieurs mois: chez eux, la déchirure, progressive, est l'oeuvre de la dégénérescence.

Les symptômes
C'est l'irrégularité et la perte d'harmonie qui causent les douleurs. Tout comme chez les plus jeunes, c'est encore cette impression d'avoir un pli de bas sous le talon: rien de grave, mais il faut que ça cesse!

Encore une fois, la douleur est le symptôme le plus fréquent. À l'occasion, il peut y avoir des gonflements sporadiques si l'individu souffre également d'arthrose sous-jacente. Les douleurs sont systématiquement ressenties en position accroupie, en flexion importante du genou. Les douleurs seront fortement présentes en torsion lorsque le pied, par exemple, s'accroche sur un coin de meuble, lorsque l'on monte dans une auto ou qu'on en descend, ou quand on emprunte des escaliers. On a souvent l'impression que quelque chose accroche dans le genou, qu'il va bloquer mais en fait il ne bloque jamais. Il faut mentionner que la difficulté à plier son genou au maximum n'est pas due à un blocage, mais à la douleur qui limite le mouvement.

Ménisque déchiré: investigation
Chez les plus jeunes, l'investigation est possible par l'arthrographie, c'est-à-dire par l'injection d'un colorant dans le genou, technique inférieure à la résonance magnétique, mais moins coûteuse. Après 45 ans, la résonance magnétique est nécessaire, car elle seule peut nous renseigner sur les paramètres dont il faut tenir compte, étant donné les complications possibles. Et plus on avance en âge, plus il est probable que la dégénérescence du ménisque s'accompagne d'un développement d'arthrose.

Contrairement à l'arthrographie, qui n'est qu'une radiographie avec injection de colorant, la résonance magnétique fournit des images qui nous informent sur la qualité ou la dégénérescence des ménisques et l'importance des déchirures qu'ils ont subies. Autre avantage de la résonance magnétique, elle donne aussi au chirurgien et au médecin une idée de l'atteinte cartilagineuse.

Une déchirure méniscale peut coexister avec une arthrose mais il est important de rappeler que la chirurgie ne concerne que le ménisque et non l'arthrose. La nuance est importante, car si l'arthrose est le symptôme le plus présent, la chirurgie méniscale deviendra inutile. C'est pourquoi la résonance magnétique est préférable à l'arthrographie qui, elle, ne nous donne aucune information sur les cartilages.

Traitements: opérer ou non?
Alors que le traitement est plus souvent chirurgical chez les moins de 45 ans, il sera au contraire médical et de moins en moins chirurgical à mesure que le patient prend de l'âge.

Les résultats chirurgicaux sont habituellement moins bons chez les plus âgés dont les ménisques atrophiés ont un potentiel d'absorption diminué. Les cartilages commencent parfois à s'amincir et les douleurs de l'arthrose ne sont pas très loin. Le problème le plus important survient lorsque l'arthrose cohabite avec une déchirure de dégénérescence méniscale, condition aussi appelée méniscose.

Rappelons qu'on n'opère pas un ménisque simplement parce qu'il est déchiré, mais plutôt si le ménisque déchiré donne des problèmes suffisamment importants pour justifier le geste chirurgical et ses conséquences. Le chirurgien doit avoir assez de jugement pour déconseiller l'opération s'il y a arthrose sous-jacente dans le même site. Si le chirurgien est persuadé que les douleurs persisteront après la chirurgie, il doit vous en informer. Mais ceci est souvent frustrant pour le patient qui ne voit pas de soulagement à son mal.

Traitement non chirurgical
Le traitement médical est le plus souvent approprié. Il consiste à reprendre les amplitudes de mouvement, à l'aide de médication antidouleur douce et d'anti-inflammatoires, si l'estomac les tolère bien et s'il n'y a pas de cofacteurs gênants comme l'hypertension artérielle et la prise d'anticoagulants.

La physiothérapie peut quelquefois être d'une certaine utilité, mais elle doit être relativement douce afin de ne pas forcer les flexions du genou, ce qui ne pourrait qu'aggraver les symptômes douloureux.

Lorsque le médecin ou le chirurgien juge la symptomatologie plus arthrosique que méniscale et si les symptômes persistent après un traitement simple, on envisagera alors les injections ponctuelles d'anti-inflammatoires en liquide, comme la cortisone; on décidera aussi s'il est pertinent d'injecter une visco-supplémentation ou un gel qui s'imprègne dans le cartilage. L'efficacité des «vitamines de cartilage», comme la glucosamine, reste encore à prouver, mais elles peuvent également faire partie de l'arsenal thérapeutique.

Traitement chirurgical
Lorsque la chirurgie est jugée nécessaire autant par le chirurgien que l'individu, l'intervention est exactement la même que chez le patient plus jeune.

Elle peut être faite sous anesthésie générale, régionale (en paralysant les deux jambes) ou locale. À l'aide d'une caméra vidéo et d'instruments plus petits qu'un crayon, on réussit à régulariser la portion méniscale déchirée. On pourra documenter les lésions cartilagineuses si elles sont présentes, mais on ne pourra pas vraiment les traiter.

L'intervention chirurgicale dure 5 à 15 minutes. Le patient quitte l'hôpital le même jour, en marchant avec une paire de béquilles pour une période de 24 heures. Le traitement sera suivi de petits exercices doux réalisés à domicile.

La physiothérapie, qui est rarement nécessaire chez les plus jeunes, l'est encore moins chez les personnes plus âgées.

Il faut laisser au genou le temps de récupérer: chez les jeunes, autour de quatre semaines, chez les plus vieux, plutôt six.

La reprise d'activités se fera de façon progressive, selon les symptômes, et les restrictions imposées le seront en fonction non pas de la déchirure méniscale, mais plutôt des autres atteintes qui auront été diagnostiquées.

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