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Conseils pour déjouer les allergies saisonnières

Conseils pour déjouer les allergies saisonnières

istockphoto.com Photographe : istockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

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Conseils pour déjouer les allergies saisonnières

Éternuements, congestion, larmoiement, picotements... On donnerait n’importe quoi pour se débarrasser de ces foutues allergies saisonnières! Voici nos meilleurs conseils.

L'allergie résulte d'une réaction excessive de notre système immunitaire à une substance normalement inoffensive qu'on appelle allergène. La rhinite allergique est une des formes les plus fréquentes d'allergie. Au Québec, elle touche 17% de la population. «La rhinite allergique est une inflammation de la muqueuse nasale causée par des allergènes présents dans l'air», explique le Dr Michel Petit, médecin généraliste à la Clinique d'allergie, à Rosemère. Elle se manifeste par des éternuements, des écoulements nasaux, une congestion du nez, un larmoiement et un picotement des yeux de même que des démangeaisons au nez et au palais.

«La rhinite allergique se divise en deux classes, précise Magalie Canuel, conseillère scientifique à la Direction de la santé environnementale et de la toxicologie de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Il y a la rhinite allergique persistante, qui se manifeste à tout moment de l'année et qui est causée par des allergènes présents dans les maisons, comme les acariens, les moisissures et les poils d'animaux. Puis, il y a la rhinite allergique saisonnière, aussi appelée rhume des foins, qui est essentiellement due au pollen présent dans l'air à l'extérieur au printemps, à l'été et à l'automne.»

La saison des allergies débute dès le mois d'avril avec le pollen et les moisissures des arbustes et d'arbres comme le bouleau et le peuplier, dit le Dr Petit. «Cela se poursuit de mai à juillet en raison du pollen des graminées comme le foin, puis, de la fin juillet jusqu'aux premiers gels d'octobre, c'est le pollen des mauvaises herbes comme l'herbe à poux qui prend le relais!»

On estime que 11% de la population du Québec est touchée par les allergies saisonnières. «Et pour plusieurs, la saison est longue, car 64% des personnes atteintes réagissent à plus d'un pollen», note Mme Canuel. Le plus problématique? L'herbe à poux, responsable de 75% des symptômes d'allergies saisonnières. Plus d'un million de Québécois y sont allergiques.

Un phénomène grandissant

Depuis quelques années, la prévalence de la rhinite allergique évoluerait à la hausse à l'échelle mondiale. Le réchauffement climatique est notamment mis en cause pour expliquer cette augmentation. Et la situation préoccupe la santé publique. «On pense que ce réchauffement favorise la croissance d'allergènes comme l'herbe à poux pendant plus longtemps et sur un plus grand territoire, explique le Dr Louis Jacques, médecin à la Direction de la santé publique de Montréal. Déjà, la saison du pollen d'herbe à poux a augmenté de 42 à 63 jours à Montréal entre 1994 et 2002.»

La pollution serait aussi responsable de la hausse des allergies saisonnières. Elle rend le pollen plus toxique, parce qu'elle fragilise la surface des grains et facilite la sortie des protéines allergisantes qu'ils contiennent. Le Dr Petit ajoute que les polluants atmosphériques contenus par exemple dans le smog constituent des irritants qui peuvent nous rendre plus vulnérables aux symptômes de la rhinite allergique.

Des conséquences préoccupantes

En plus de leurs symptômes dérangeants, les allergies saisonnières peuvent avoir des conséquences à plus long terme sur notre qualité de vie. «Mal traitées, elles peuvent causer des problèmes d'asthme ou accentuer des symptômes déjà présents, mentionne le Dr Petit. L'inflammation des muqueuses nasales peut également engendrer des sinusites et provoquer des migraines. D'une manière générale, les gens qui ont des allergies saisonnières dorment moins bien. Ils manquent de concentration et sont moins performants au travail.»

Le phénomène a donc des conséquences sociales, indique le Dr Jacques. «Cela a un impact, notamment, sur l'utilisation des services de santé, sur la consommation de médicaments et sur l'absentéisme au travail.» Au Québec, les coûts de santé associés à l'allergie au pollen de l'herbe à poux seulement sont évalués à 157 millions$ par année.

Des médicaments pour nous soulager

Heureusement, on trouve en pharmacie des médicaments en vente libre pour soulager nos symptômes. Les principaux sont les antihistaminiques. «Il y a les antihistaminiques de première génération, plus anciens, comme Benadryl et Chlor-Tripolon, explique la pharmacienne Geneviève Duperron. Ils agissent rapidement, mais sur une courte période. On doit les prendre aux quatre heures. De plus, ils créent de la somnolence et comportent plusieurs contre-indications. Mais ils peuvent être utiles, par exemple pour une personne qui n'est incommodée par ses allergies que pour dormir la nuit. Les antihistaminiques de 2e génération comme Claritin, Reactine, Allegra et Aerius sont plus populaires parce qu'ils agissent durant 24 heures et ne créent pas de somnolence.» La pharmacienne signale toutefois que les formules auxquelles on a ajouté un décongestionnant n'agissent que pendant 12 heures et tendent à causer de l'insomnie.

On trouve aussi des gouttes pour soulager le picotement des yeux et le larmoiement. «Je propose généralement les gouttes à base de cromoglycate sodique, dit Geneviève Duperron. Elles mettent plus de temps à agir, mais elles ne créent pas d'accoutumance, contrairement aux gouttes spécialement conçues pour les allergies.»

«Ces médicaments sont utiles pour les personnes qui ont des symptômes légers ou occasionnels, indique Chantal Lemire, immunologue-allergologue en pédiatrie au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. Mais si nos symptômes persistent durant plusieurs jours consécutifs ou s'ils sont très importants, notre médecin peut nous prescrire un vaporisateur nasal à base de corticostéroïdes. Ce dernier réduit l'inflammation nasale et amenuise de beaucoup les symptômes. Il est encore plus efficace si on l'utilise trois semaines avant l'arrivée des symptômes.»

Geneviève Duperron mentionne aussi que, depuis peu, des médicaments antagonistes des leucotriènes, connus pour traiter l'asthme, sont aussi prescrits en cas d'allergie saisonnière. Ils peuvent être utiles aux patients atteints de symptômes sévères à qui les antihistaminiques n'apportent pas de soulagement.

La solution radicale

Dans les cas où les symptômes sont très sévères, l'immunothérapie (qui consiste à administrer des quantités croissantes d'allergènes sous la peau pour développer une tolérance chez la personne allergique) s'avère la meilleure solution, mais il faut s'armer de patience, car la démarche s'échelonne sur 3 à 5 ans. «Ces traitements sont efficaces pour 80 à 85 % des patients», mentionne l'allergologue.

Pour la première fois, au printemps dernier, les allergologues ont pu utiliser un nouveau traitement: l'immunisation sublinguale. «Ici, explique la Dre Lemire, l'immunisation se fait à l'aide de comprimés que le patient laisse fondre sous sa langue. Il prend un premier comprimé dans le bureau du médecin. Après, il prendra un comprimé par jour durant environ 6 mois. Il sera par la suite évalué pour voir s'il poursuit ou non le traitement.» Pour l'instant, ce type d'immunisation n'est disponible que pour l'allergie au pollen de graminées. Mais, selon le Dr Petit, on devrait voir apparaître au cours des prochaines années des comprimés pour soigner les allergies aux autres pollens.

Des trucs pour réduire nos symptômes

  • Dans la maison et en voiture, on garde les fenêtres fermées et on utilise l'air climatisé.
  • On limite nos activités extérieures le matin entre 5 h et 10 h, moment où les concentrations de pollen sont généralement les plus élevées.
  • Après une activité extérieure, on prend une douche et on se lave les cheveux pour enlever les résidus de pollen.
  • On évite de faire sécher nos draps et nos vêtements à l'extérieur.


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