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Connaissez-vous vos seins?

Auteur : Coup de Pouce

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Connaissez-vous vos seins?

Outils de séduction, sources d'inquiétude ou de complexes, les seins ne laissent personne indifférent et recèlent leur part de mystère. Voici des réponses à nos questions.

C'est quoi et ça sert à quoi?
Le sein sert d'abord à produire du lait pour nourrir les bébés. Il est composé de:
  • tissu glandulaire (lobules, alvéoles, canaux), qui produit et transporte le lait;
  • tissu conjonctif (ligaments), qui soutient le sein et l'attache à la poitrine;
  • tissu adipeux (graisse), qui sert à recouvrir les canaux et les ligaments.

    Le sein au fil de la vie...
    À la puberté. Les seins se mettent à grossir sous l'effet des hormones. Les réserves de graisse s'accumulent sur la poitrine, puis le système de canaux se développe.
    Lors d'une grossesse. Durant les huit premières semaines, les seins prennent du volume, et l'aréole du mamelon devient plus foncée. Ensuite, au cours de la grossesse, les alvéoles et les canaux se développent.
    À la ménopause.
    Puisqu'ils ne sont plus stimulés par les hormones lors du cycle menstruel, les canaux et les alvéoles s'atrophient. Le tissu graisseux prend alors toute la place. Le sein devient plus souple et s'affaisse.

    5 faits surprenants sur l'allaitement
    1. Un petit sein produit autant de lait qu'un gros. «Ce qui fait qu'un sein est gros ou petit, c'est la partie graisseuse qui recouvre les glandes», explique Louise Dumas, infirmière et professeure en sciences infirmières à l'Université du Québec en Outaouais. La taille du sein ne joue pas sur la quantité de lait qu'il peut produire!
    2. Un sein peut «apprendre» à faire du lait pour un bébé adopté. Une femme adoptant un enfant en bas âge (6 mois ou moins) pourrait provoquer une montée de lait en faisant fréquemment téter le bébé. En étant comprimés par la bouche du bébé, les canaux lactifères peuvent enclencher la production de prolactine, l'hormone responsable de la production du lait. En pratique, ce n'est toutefois pas si simple. Une spécialiste de l'allaitement pourra nous guider si on veut en savoir plus.
    3. L'allaitement ne déforme pas les seins. C'est même le contraire! «C'est la prise de poids rapide à la grossesse qui change la forme des seins et les fait grossir», dit Louise Dumas. L'allaitement, qui garde le sein volumineux à cause de la production de lait, éviterait une perte de poids trop rapide qui déformerait davantage le sein.
    4. Le lait produit se transforme au fil du développement du bébé. «Par exemple, si on donne naissance à un prématuré, notre lait sera plus gras et contiendra davantage d'anticorps pour lui permettre de combattre plus efficacement les infections», explique Louise Dumas.
    5. On peut allaiter après une réduction mammaire et même après un cancer du sein, dans certains cas. «On pourra allaiter si les canaux lactifères n'ont pas été sectionnés», explique Sophie Lesiège, de la Ligue La Leche. D'ailleurs, les chirurgies se perfectionnent, et on tente de plus en plus de préserver le mamelon et les canaux pour permettre aux femmes qui le désirent d'allaiter un jour.

    Suis-je normale, docteur?
    «J'ai trouvé un poil sur mon sein.»
    La peau des seins, comme presque partout sur le corps, contient des follicules pileux. Il n'est donc pas rare d'y voir des poils. Afin d'éviter les infections, il vaut mieux les couper avec de petits ciseaux que les extraire avec une pince.

    «J'ai un sein plus gros que l'autre.» Les poitrines parfaitement symétriques sont rarissimes, voire inexistantes. La plupart du temps, on est la seule à s'en rendre compte.

    «J'ai les mamelons inversés.» Entre 10 % et 20 % des femmes ont des mamelons qui rentrent vers le sein. Cela se produit généralement au début de l'adolescence, quand les seins commencent à prendre forme. L'allaitement peut être plus difficile, mais pas nécessairement impossible. Par contre, si notre mamelon change de forme et se retourne sur lui-même plus tard dans la vie, cela peut indiquer un problème plus important, entre autres un cancer du sein. On consulte sans tarder.

    «J'ai les seins beaucoup plus gros que ceux de ma mère!» L'hérédité joue un rôle dans la taille de la poitrine, mais les seins de notre mère ne sont pas les seuls dans notre bagage génétique. «Il suffit de regarder des familles avec trois ou quatre filles: elles ont toutes des seins différents!» illustre Louise Dumas.
  • Ça coule! Dois-je m'inquiéter?
    Selon la Dre Diane Provencher, chef de service de la division gynécologie-oncologie du CHUM, on consulte dès la première manifestation si l'écoulement du mamelon:
  • est teinté de sang (rouge, rose, brunâtre ou verdâtre);
  • s'échappe sans qu'on appuie sur le sein;
  • coule seulement d'un côté.
    Dans la très grande majorité des cas, la cause de l'écoulement est bénigne: une infection, par exemple. L'écoulement d'un liquide laiteux est commun chez la femme enceinte ou chez celle qui allaite. Selon la Ligue La Leche, il n'est pas inhabituel qu'une mère produise quelques gouttes de lait pendant plusieurs mois, voire plusieurs années après la fin de l'allaitement.

    En haut... en bas! Nos seins et le sport
    Exercices avec saut, sports à fort impact: nos seins sont souvent malmenés pendant nos activités sportives! Au Royaume-Uni, une compagnie de soutiens-gorge sportifs a réussi à calculer la distance qu'un sein «parcourt» si on soumet notre corps à une séance de jogging d'environ 1,5 km sans porter de soutien-gorge sportif. Si notre taille de soutien-gorge est 36C, on évalue que nos seins se déplaceront sur un total de... 144 mètres! Si les seins ne sont pas bien protégés pendant le sport, les ligaments auront tendance à s'étirer. Et, une fois étirés, on ne pourra jamais revenir en arrière, dit Christine Rousseau, kinésiologue au Centre ÉPIC de l'Institut de cardiologie de Montréal.

    Il existe deux types de soutiens-gorge pour protéger notre poitrine: à compression, qui immobilise la poitrine sous des bandes élastiques, et à bonnets encapsulés, qui sépare et maintient chaque sein. Plus le sport que l'on pratique a un impact important, plus notre soutien-gorge doit comprimer notre poitrine. «Si on a une poitrine plutôt généreuse, on peut porter les deux types de soutien-gorge l'un sur l'autre pour obtenir davantage de support», conseille la kinésiologue.

    Devrais-je passer une mammographie?
    Cet examen radiologique permet de vérifier le tissu mammaire afin de déceler un tissu ou une masse anormale trop petite pour qu'on puisse la palper avec les mains. Toutes les femmes de 50 à 69 ans devraient passer une mammographie tous les deux ans. «Le plus tôt on découvre un cancer, meilleures sont les chances de guérison», dit Line Lafantaisie, coordonnatrice du Service d'information sur le cancer de la Société canadienne du cancer. On ne recommande pas la mammographie avant l'âge de 50 ans parce que le tissu mammaire est trop dense: il serait difficile de bien voir la radiographie. Par contre, si notre mère ou une de nos soeurs a eu un cancer du sein avant 50 ans, on devrait subir une mammographie de dépistage plus tôt. Pour déterminer à quel âge le faire, on consulte notre médecin.

    La Société canadienne du cancer se fait rassurante: la mammographie de dépistage effectuée sur une base régulière a permis de réduire jusqu'à 30 % le nombre de décès associés au cancer du sein chez les femmes de 50 à 69 ans.

    Une bosse, au secours!
    Une masse au sein fait peur, mais la très grande majorité des bosses ne sont pas cancéreuses. Elles sont souvent causées par ce qu'on appelle des changements fibrokystiques (ou seins fibrokystiques). Ces changements peuvent se traduire par un tissu plus fibreux (plus dur et caoutchouteux) ou par un kyste (une masse souvent ronde qui se déplace). Non cancéreux, ils n'augmentent pas non plus le risque de cancer du sein. Selon la Dre Provencher, ce problème toucherait une majorité de femmes. Chez certaines, les changements fibrokystiques causent de la douleur, surtout les jours précédant les menstruations. Il n'est pas nécessaire de les traiter, sauf en cas de douleurs intenses. On pourra alors drainer le kyste, mais cela ne garantit pas qu'il se résorbera.

    Par contre, on devrait s'inquiéter si on observe les signes suivants:
  • La masse est toujours présente, ne change pas au cours du cycle menstruel, ne se déplace pas et semble dure, irrégulière et très différente des autres tissus du sein. Elle n'est généralement pas douloureuse. (La douleur indique souvent un problème bénigne.)
  • Le sein change de forme ou de taille, la peau prend l'apparence d'une peau d'orange ou présente une rougeur, de la chaleur et de l'enflure.
  • Le mamelon s'inverse soudainement, présente un écoulement sanguinolent sans compression, ou forme une croûte ou un ulcère.
  • Un peu plus ou un peu moins: quand la chirurgie esthétique transforme nos seins

    La réduction mammaire
    Chez certaines femmes, une poitrine trop généreuse peut gêner les mouvements, causer des douleurs au dos, au cou et aux épaules et affecter sérieusement l'estime de soi. Chantal, 39 ans, a toujours été gênée par sa lourde poitrine. Elle marchait le dos voûté pour la rendre moins apparente, portait des chandails amples et avait le dos en compote. «Après ma deuxième grossesse, mes maux de dos sont devenus intenables. La réduction mammaire était une excellente solution pour me "délivrer" de mes seins!»

    Au cours d'une chirurgie de réduction mammaire, on retire une partie du tissu glandulaire, du gras et de la peau. En discutant avec le médecin, on verra quel type de réduction nous convient et on saura s'il est nécessaire de modifier certaines habitudes de vie avant l'opération (perdre du poids, par exemple). Comme toute chirurgie, la réduction mammaire laisse des cicatrices (généralement en forme d'ancre), mais elle n'est pas douloureuse, et la convalescence n'est pas particulièrement longue (entre trois et six semaines), selon la Dre Provencher.

    Chantal a subi l'intervention il y a six ans et est enchantée du résultat. Elle est passée d'une taille 40DD à 38C. Les frais de la chirurgie sont parfois pris en charge par la RAMQ, qui donne son accord après avoir étudié tous les facteurs portant atteinte à la qualité de vie de la patiente. On consulte notre médecin pour en savoir plus.

    L'augmentation mammaire
    Selon le Centre d'excellence pour la santé des femmes, au Canada, de 100 000 à 200 000 femmes porteraient des implants mammaires, et, dans environ 80 % des cas, l'intervention aurait eu pour but d'augmenter la taille des seins (pour les 20 % restants, elle aurait été pratiquée après une mastectomie).

    L'implant mammaire est un coussinet rempli d'eau saline stérile ou de silicone cohésive (qui ne fuit pas). Il donne du volume à une poitrine trop menue ou à des seins affectés par une perte de poids importante, une grossesse ou le vieillissement. En plus d'augmenter la taille des seins, la chirurgie peut en changer la forme. Les avantages touchent surtout à l'estime de soi. Mais attention: avec le vieillissement, même des seins ayant subi une augmentation mammaire s'affaisseront.

    Ce genre de chirurgie n'est pas sans risques. Il faut être en bonne santé, ne pas fumer, attendre la pleine maturation de notre poitrine (avoir au moins 20 ans) et avoir des attentes réalistes par rapport aux résultats. Comme on ne sait pas exactement comment guérira un sein après la chirurgie, on ne peut jamais prévoir avec certitude quel sera le résultat final.

    «L'augmentation mammaire peut coûter entre 5 000 $ et 8 000 $ selon le type d'implant que l'on utilise», dit le Dr Gilles Beauregard, chirurgien-plasticien. Au Québec, la RAMQ en assume les coûts s'il s'agit d'une chirurgie reconstructive après une mastectomie.

    Porter le bon soutien-gorge, c'est important
    On sait que 8 femmes sur 10 ne porteraient pas la bonne taille de soutien-gorge, mais est-ce que les conséquences sont importantes? Selon une récente étude britannique, plusieurs réductions mammaires pourraient être évitées si les femmes portaient un soutien-gorge mieux ajusté, car elles auraient moins de douleurs à la nuque, aux épaules et au dos. En effet, lorsqu'un soutien-gorge ne soutient pas bien le poids des seins, les muscles du trapèze (entre la nuque et les omoplates) compensent en se raidissant, ce qui, à la longue, cause des douleurs.

    Pour en savoir plus
  • Ligue La Leche, pour tout savoir sur l'allaitement et recevoir de l'aide personnalisée: 1-866-ALLAITER.
  • Femmes en santé
  • Tu n'es pas seule. L'expérience du cancer: paroles de femmes, collectif, Les Éditions de l'Homme, 2006, 286 p., 24,95 $.
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