Santé

Cancer et chimio: plaidoyer pour un consentement éclairé

Billet de blogue par
Cancer et chimio:  pour un consentement éclairé

Josée Blanchette vient de publier Je ne sais pas pondre l’œuf, mais je sais quand il est pourri, aux Éditions Flammarion Québec.

Photographe : Courtoisie Les éditions Flammarion Québec Auteur : Julia Haurio

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Cancer et chimio: plaidoyer pour un consentement éclairé

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Dans son essai Je ne sais pas pondre l’œuf, mais je sais quand il est pourri, Josée Blanchette remet en question le recours systématique à la chimiothérapie pour le traitement du cancer et relance le débat autour du choix du patient.

En 2014, la journaliste Josée Blanchette a reçu un diagnostic de cancer du côlon pour lequel on lui a prescrit une chimiothérapie. Après un mois («en enfer»), elle décide d’abandonner les traitements. Elle se lance alors dans une «quête-enquête» qui l’amène à dénoncer «l’omerta (qui) règne dans l’industrie de la santé».

Le titre de son essai, Je ne sais pas pondre l’œuf, mais je sais quand il est pourri, a de quoi surprendre. C’est en fait son père, pneumologue, qui lançait cette phrase à ses patients lui demandant s’il avait déjà eu le cancer. Josée Blanchette a décidé de reprendre cette image pour titrer son analyse sur la face cachée du cancer.

Dans une première partie, elle aborde de front le cancer et met en évidence les failles du système pour en venir à bout. Elle questionne ensuite les pratiques médicales en place, puis, aborde le rôle de l’alimentation dans le processus de guérison, et termine en s’attardant au lien entre cancer et psychologie. Appuyés par des études et agrémentés de témoignages, ses propos sont troublants, car ils contrastent avec l’information véhiculée en général dans les médias.

Josée Blanchette prône donc le consentement éclairé en matière de traitement du cancer, mais plus globalement elle met l’accent sur l’importance de prendre notre santé en main, plutôt que remettre aveuglément notre sort entre les mains des médecins. Il n’est pas question ici de forcément tourner le dos aux traitements classiques, mais de poser des questions, tout comme on le fait quand on s’apprête à faire un achat important.

Quand on sait qu’une personne sur deux sera touchée par un cancer et que la deuxième sera probablement un aidant naturel, il est difficile de rester indifférent à la lecture de cet essai.

Voici cinq extraits choisis.

«Un chercheur de renom qui développe des médicaments anticancéreux m’a même avoué off the record, que la chimiothérapie ne viendrait jamais à bout du cancer, car elle ne cible qu’un gène particulier alors qu’une cellule cancéreuse présente une panoplie de gènes défectueux, ce qu’on appelle l’approche monogénétique pour une maladie multigénétique.

Oserais-je ajouter que plusieurs médecins spécialistes, oncologues, chirurgiens ont tous admis qu’ils auraient aussi abandonné la chimio s’ils avaient été à ma place? À une différence près: ils n’auraient pas publicisé la chose comme je l’ai fait.» p. 39

«Peu importe les statistiques, lorsque le malheur s’abat sur vous, c’est 100 % de votre vie qui y passe. La fatalité dont on ne parle jamais, c’est la sœur d’une amie de ma mère, décédée dans son fauteuil de chimio à la quatrième visite (à cause de la chimio!), c’est ce jeune collègue d’une amie, retrouvé mort 15 minutes après la première injection. Ce à quoi les médecins répondent: “Il serait mort de toute façon.” Façon de voir les choses et dont personne ne peut être certain.» P.41

«En terminant, Marie-Claude Malboeuf (NDLR journaliste à La Presse) me souligne que nous avons 1 chance sur 90 millions de mourir dans un accident aérien et que nous déclenchons des commissions d’enquête lorsqu’un avion pique du nez. Comment se fait-il qu’avec des chiffres tels que ceux invoqués sur les risques de mortalité associés à la chimio nous restions si négligents?
Le premier ministre et son bras droit au ministère de la Santé et des services sociaux (MSSS) pourraient peut-être répondre à cette question qui touche des milliers de gens chaque année.» p. 58

«Le directeur des programmes de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, le Dr Stéphane Ouellet, me confiait que les médecins étaient effectivement “pognés” avec ce guide (NDLR Le Guide alimentaire canadien) et qu’ils craignaient les poursuites s’ils suggèrent d’autres pistes alimentaires. Certains médecins montent au front à chaque mouture du Guide (la dernière en 2007 et l’avant-dernière 15 ans avant), mais “il faut avoir du guts” (traduction libre: il faut des tripes pour défendre… les tripes).
Autrement dit, un médecin ne vous suggérera pas d’arrêter de boire du lait de vache, même si les études démontrent que vous n’en avez pas besoin pour aller “chercher” vos protéines, votre vitamine D et votre calcium et que vous n’avez pas les enzymes nécessaires pour digérer le lactose destiné à un veau (…).» p. 205

«Le cancer peut miner un couple même solide. (…) La tristesse, l’abattement, la colère, le manque de libido, la transformation physique, sont autant de facteurs qui peuvent influencer la bonne santé du couple. Chacun s’enferme dans sa tour avec ses peines et ses difficultés; la tentation de s’éloigner peut devenir grande. Mais les femmes partent perdantes dans cette loterie aléatoire. (…) Lorsque c’est la femme qui est atteinte d’un cancer, le couple a 7 fois plus de chances d’éclater, 21 % contre 3 % si c’est un homme.» p. 300

À lire sur le sujet: Le magnifique texte de ma collègue Andrée-Anne sur le couple et la maladie.

Je ne sais pas pondre l’œuf, mais je sais quand il est pourri, Josée Blanchette, Flammarion Québec, 368 pages, 2016, 26,95 $.

 

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