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Alerte à la chaleur

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Auteur : Coup de Pouce

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Alerte à la chaleur

Quand la température monte, il est bon de connaître des petits trucs pour réduire les effets de la chaleur accablante. Quelques mesures préventives pour éviter les coups de chaleur.

À l'été 2003, en France, une période de canicule a causé près de 15 000 décès, principalement des personnes âgées en perte d'autonomie ou vivant seules. Si Montréal n'a pas connu d'événement aussi tragique, «au cours des vingt dernières années, la Direction de santé publique a enregistré trois épisodes de chaleur accablante qui ont fait chacun jusqu'à une centaine de morts à Montréal seulement», rappelle le Dr Mark-Andrew Stefan, médecin résident à la Direction de santé publique de Montréal.

Environnement Canada émet des avertissements de chaleur accablante lorsque ses prévisions annoncent une température de l'air qui atteindra ou dépassera 30°C, accompagnée d'un indice humidex (température et taux d'humidité combinés) qui atteindra 40°C.

 

Notre corps et la chaleur
Le corps tente en toutes circonstances de maintenir sa température interne à 37°C. Lorsqu'il fait chaud, il utilise deux mécanismes pour y parvenir.

  • Les vaisseaux sanguins situés près de la surface de la peau se dilatent pour permettre à la chaleur corporelle de se dissiper dans l'air ambiant. C'est pourquoi certaines personnes ont la peau rouge quand elles ont chaud.
  • L'évaporation de la sueur sur la peau rafraîchit et contribue à faire baisser la température corporelle. Plus on a chaud, plus on transpire. Et normalement, cette perte d'eau donne soif et incite à boire davantage.


Quand la chaleur s'accompagne d'humidité, le corps a plus de difficulté à s'adapter. «Notre sueur s'évapore plus facilement quand l'air est sec et lorsqu'il y a du vent. Inversement, quand l'air est saturé d'humidité, la sueur s'évapore moins efficacement. Notre corps a donc plus de mal à contrôler sa température», explique le Dr Stefan. Autre facteur qui rend la régulation de la température interne difficile: la nécessité de se réhabituer à la chaleur après la saison froide. «L'effet des premières chaleurs de l'été sur le corps est plus important parce que notre organisme n'y est pas encore habitué.» Il est donc normal d'éprouver davantage d'inconfort en début de saison, le temps que notre corps s'habitue de nouveau à ces températures élevées.

 

 

Qui est vulnérable?
Même si tout le monde devrait chercher à se protéger de la chaleur accablante, certaines personnes sont plus à risque d'en subir les effets néfastes.

 

  • Les enfants (surtout ceux de 5 ans et moins). Leur capacité de sudation étant moindre que celle des adultes, ils s'adaptent moins bien aux changements de température. Les enfants dépendent aussi des adultes pour se garder hydratés et à l'abri de la chaleur, ce qui peut les mettre davantage à risque.
  • Les personnes âgées. Comme les tout-petits, les aînés ont un système de régulation de la température qui ne fonctionne pas toujours bien. «Leurs vaisseaux sanguins vieillissants se dilatent moins facilement et leur mécanisme de transpiration est moins performant, ajoute le Dr Stefan. Cela les empêche de bien contrôler leur température interne.» De plus, comme elles perçoivent moins la soif, elles n'ont pas le réflexe de boire souvent, ce qui peut mener à la déshydratation.
  • Les malades chroniques. «Quand les vaisseaux sanguins se dilatent en raison de la chaleur, la circulation sanguine augmente et le coeur bat plus vite. Ça peut être dangereux pour les personnes qui souffrent de maladies cardiovasculaires », note le Dr Stefan. Les reins étant responsables de la régulation de la quantité d'eau dans le corps, les personnes souffrant d'insuffisance rénale sont aussi à risque de voir leur condition s'aggraver: ainsi, lorsque le corps est très déshydraté, le mécanisme d'élimination devient déficient et peut mener à une infection urinaire. «Les maladies neurologiques, comme le parkinson et l'alzheimer, ou endocriniennes, comme le diabète et l'hypertyroïdie, peuvent aussi nuire aux mécanismes régulateurs de la chaleur du corps», précise le médecin. Il ajoute que certains médicaments ont aussi cet effet, notamment les anti-inflammatoires et ceux utilisés pour le traitement des maladies cardiaques, psychiatriques ou thyroïdiennes. En cas de doute, on passe un coup de fil à un professionnel de la santé (médecin ou pharmacien).
  • Les citadins. L'endroit où l'on habite influence également notre vulnérabilité à la chaleur. «Dans un environnement urbain où il y a beaucoup de béton, les effets de la canicule sont amplifiés», souligne le Dr Stefan. L'asphalte et le béton absorbent la chaleur environnante le jour et la restituent la nuit, contribuant ainsi à hausser une température déjà accablante. Cela crée ce qu'on appelle des îlots de chaleur. Les habitants de ces endroits sont plus vulnérables en période de canicule.»

 

 

Travailler à la chaleur
Les gens qui travaillent à l'extérieur l'été sont vulnérables aux effets nocifs de la chaleur. On pense, par exemple, aux ouvriers de la construction, aux sauveteurs et aux spécialistes en aménagement paysager. «Les travailleurs qui s'affairent dans des milieux chauds comme les boulangeries, les cuisines, les buanderies et même les usines sont également à risque, tout comme ceux dont l'emploi est exigeant sur le plan physique», mentionne Héloïse Bernier Leduc, porte-parole de la CSST. L'organisme s'assure que les milieux de travail mettent sur pied des mesures pour éviter les problèmes de santé liés à la canicule. Leurs conseils:

 

  • On boit à intervalles réguliers; pour cela, on s'assure d'avoir accès à de l'eau sur nos lieux de travail.
  • Si on travaille à l'extérieur, on porte des vêtements de couleur claire, en coton.
  • Dès l'apparition de signes comme des étourdissements, une grande fatigue, un vertige, il faut avoir le réflexe de s'arrêter et faire appel au secouriste en milieu de travail», prévient Mme Bernier Leduc.
  • Si la chaleur est accablante, la loi permet de demander à notre supérieur d'ajuster la durée des pauses.
  • «On s'assure que l'entreprise pour laquelle on travaille a prévu un plan d'urgence si quelqu'un est victime d'un coup de chaleur», conseille Mme Bernier Leduc.

 

 

Des trucs pour réduire les effets de la chaleur

  • On concentre nos activités extérieures tôt le matin ou en soirée, conseille Philippe Laroche, porte-parole de Santé Canada. «Si des températures plus élevées que la normale sont prévues, on planifie notre journée de façon à éviter la chaleur. Si on est à l'extérieur, on repère un endroit ombragé où l'on peut se reposer fréquemment et permettre à notre température corporelle de baisser.»
  • On recherche les endroits climatisés. Si notre logement n'est pas muni d'un climatiseur, on cherche un endroit où l'air est climatisé, poursuit le Dr Stefan. «Allez chez une amie, chez un proche, dans une bibliothèque, au centre commercial ou au cinéma. On n'hésite pas à s'accorder quelques heures de répit.»
  • On boit beaucoup d'eau, sans attendre d'avoir soif ou, si on est suivie par un médecin, selon les quantités recommandées par lui. On limite aussi les boissons alcoolisées, très sucrées ou à forte teneur en caféine comme le thé, le café et les colas, car elles ont un effet déshydratant.
  • On fait boire les enfants toutes les 20 minutes. Les parents et les gardiens devraient encourager les enfants à boire à cette fréquence pour éviter la déshydratation. Un truc: on laisse un gobelet ou un verre anti-fuites à leur portée en tout temps. Aussi: des sucettes maison à base de fruits peuvent varier les liquides et garder les enfants bien hydratés.
  • Pas de piscine? Hop dans la douche! Un bain ou une douche froide peut faire baisser notre température rapidement. «Même la nuit, s'il le faut, précise le Dr Stefan. Une débarbouillette humide passée sur le corps fonctionne aussi.»
  • On choisit des vêtements légers, de couleur pâle et on porte un chapeau à large bord.
  • On débranche. On limite l'entrée de la chaleur dans la maison. «Par exemple, on réduit l'utilisation du four, dit M. Laroche. On éteint ou on réduit l'intensité des lumières et on ferme l'ordinateur si on n'en a pas besoin.»
  • On garde les rideaux tirés et les fenêtres fermées. On baisse les stores et on ferme les rideaux du côté ensoleillé de la maison. On résiste à l'envie d'ouvrir les fenêtres toutes grandes, ce qui laisse entrer la chaleur. On le fait plutôt une fois la nuit tombée, pour laisser pénétrer l'air frais.

 

La chaleur qui rend malade
Philippe Laroche identifie trois principaux risques pour la santé associés aux températures estivales élevées.

 

  • Les crampes de chaleur sont des contractions douloureuses des muscles des jambes et de l'abdomen, souvent accompagnées d'une transpiration abondante. Elles apparaissent lorsqu'une transpiration abondante a épuisé le corps de son sel, lequel ne peut pas être remplacé uniquement par l'absorption d'eau. Pour soulager nos crampes, on s'installe dans un endroit frais, on étire et on masse légèrement les muscles endoloris. Il est également recommandé de boire du jus dilué avec de l'eau ou une boisson réhydratante commerciale (de type Gatorade ou Pedyalite). Si les crampes sont importantes ou si elles persistent, consulter un médecin.
  • L'épuisement s'explique principalement par la déshydratation. «Un épuisement dû à la chaleur se caractérise par une transpiration abondante, une peau pâle et froide ou des rougeurs, signale M. Laroche. Un faible pouls, une perte de conscience, des étourdissements, des nausées, de la fatigue et des maux de tête sont d'autres symptômes possibles.» Pour les soulager, on devrait s'étendre dans un endroit frais, desserrer ou enlever ses vêtements et en revêtir d'autres, frais et humides. Boire de l'eau est aussi recommandé. Pour éviter les nausées, on y va une petite gorgée à la fois.
  • Le coup de chaleur, beaucoup plus grave, est une urgence médicale grave et parfois mortelle. Il se caractérise par une augmentation de la température interne au-delà de 40°C, par de la confusion, une perte de conscience et même le coma. En présence d'une personne victime d'un coup de chaleur, on appelle le 911. On essaie de la transporter dans un endroit frais ou climatisé. On la rafraîchit avec une débarbouillette humide et, si elle est encore consciente, on essaie de la faire boire un peu en attendant les secours.

 

 

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