Santé

10 bobos d'hommes à surveiller

10 bobos d'hommes à surveiller

Auteur : Coup de Pouce

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10 bobos d'hommes à surveiller

Les hommes sont réticents à prendre leur santé en main. Quand un problème survient, on s'en aperçoit les premières. Voici 10 symptômes à surveiller pour garder notre homme en santé.

Selon le cardiologue Georges Honos, «rares sont les hommes qui ont un médecin de famille avant 40 ans». Et pourtant…

1. Surplus de poids...

«Depuis sa retraite, mon conjoint a pris beaucoup de poids. Il ne fait pas d'exercice et s'essouffle rapidement. Je m'inquiète pour son coeur.»

Cela pourrait être: l'hypertension, une maladie notamment associée à l'hérédité, à l'embonpoint et à l'inactivité. Lorsqu'on souffre d'embonpoint, le coeur doit envoyer davantage de sang aux tissus pour leur apporter des nutriments et de l'oxygène. Comme il y a plus de sang en circulation, la pression exercée sur les parois des artères est plus grande. (Une tension artérielle normale se situe sous les 120/80 mm Hg.)

Quand devrait-il consulter? L'hypertension est une maladie sans symptômes. Au Canada, une personne sur cinq âgée entre 18 et 74 ans souffre d'hypertension, mais 42% des personnes atteintes ne le savent pas. Il est donc primordial que notre homme fasse mesurer sa tension artérielle au moins deux fois par année. Selon le Dr Georges Honos, cardiologue et porte-parole de la Fondation des maladies du coeur, les hommes de 40 ans et plus devraient consulter chaque année un médecin de famille pour dépister ce problème. Si un de leurs parents a été victime d'une crise cardiaque avant 55 ans, ils devraient le faire dès la trentaine.

Et ensuite? Il devra d'abord changer ses habitudes de vie (plus d'exercice physique, une alimentation équilibrée, l'arrêt du tabagisme, etc.). Si ces changements ne suffisent pas, son médecin pourrait lui prescrire un médicament pour contrôler la tension artérielle.


2. Bosse sur un testicule

«Mon conjoint s'est plaint qu'il a une masse dure indolore sur un testicule. Si ça ne fait pas mal, ce n'est pas dangereux, n'est-ce pas?»

Cela pourrait être: un kyste ou - c'est plutôt rare - un cancer des testicules. Au Québec, un homme sur 500 développera ce type de cancer. Fait étonnant, c'est le cancer qui touche le plus les hommes de 25 à 34 ans.

Quand devrait-il consulter? Il devrait le faire sans attendre. Son médecin procédera à un examen physique et recommandera peut-être une échographie et une analyse sanguine pour confirmer le diagnostic.

Et ensuite? Si c'est un kyste, on effectuera une excision seulement s'il incommode notre homme. Sinon on le laisse là. Si son médecin croit que c'est un cancer, on procédera à l'ablation du testicule pour circonscrire le cancer et en identifier le type. Si la tumeur s'est propagée, on aura également recours à la radiothérapie et, au besoin, à la chimiothérapie. «Dans plus de 95 % des cas, ce cancer se guérit», dit le Dr Michel Carmel, urologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. La maladie et les traitements peuvent toutefois réduire temporairement la fertilité ou rendre infertile. Si on désire avoir des enfants, on recommande de congeler le sperme avant les traitements de radiothérapie ou de chimiothérapie


3. À bout de souffle

«Mon conjoint arrête souvent de respirer lorsqu'il dort. Plusieurs fois par nuit, j'ai l'impression qu'il s'étouffe.»

Cela pourrait être: l'apnée du sommeil, qui se manifeste par des arrêts respiratoires répétés (au moins 15 fois l'heure) d'une durée de 10 à 30 secondes chacun. Selon le Dr Frédéric Sériès, pneumologue responsable du laboratoire du sommeil à l'Hôpital Laval, 25 % des hommes de 30 à 60 ans en souffriraient.

Quand devrait-il consulter? Il faut savoir que, si notre conjoint a un surpoids, la graisse autour de son cou compresse les muscles de sa gorge et peut s'y infiltrer, ce qui les rend moins efficaces et peut causer de l'apnée légère. Si c'est son cas, on l'encourage d'abord à perdre du poids pour réduire les symptômes. Sinon il devrait consulter son médecin dès qu'il s'aperçoit que l'apnée cause de la somnolence, de la fatigue, des problèmes de concentration et de mémoire ou des maux de tête durant le jour, conseille le Dr Sériès.

Et ensuite? Si l'apnée persiste, il devra porter la nuit un masque à pression positive continue relié à un petit compresseur (il ne s'agit pas d'un respirateur) ou une prothèse dentaire qui avance la mandibule inférieure et la langue, permettant ainsi de maintenir les voies respiratoires ouvertes.4. Libido disparue

«Depuis des mois, mon conjoint n'a plus envie de faire l'amour avec moi. J'ai l'impression que le sexe le stresse!»

Cela pourrait être: une panne de désir. Selon Sylviane Larose, sexologue clinicienne et psychothérapeute, elle peut être causée par différents facteurs: un travail qui occupe toutes ses pensées, des conflits dans le couple, le manque de temps, des dysfonctions érectiles, etc. «Un homme qui a de la difficulté à avoir une érection peut éviter de faire l'amour pour ne pas être confronté à son problème», ajoute-t-elle.

Quand devrait-il consulter? Même si ce n'est pas toujours facile, on devrait d'abord en parler avec notre amoureux pour comprendre ce qui affecte sa libido et trouver des solutions ensemble. Si la situation ne s'améliore pas, Sylviane Larose recommande de prendre rendez-vous avec un psychologue ou un sexologue. «Le plus tôt sera le mieux!» ajoute-t-elle. Lorsqu'on attend, les frustrations s'accumulent, et les problèmes sexuels se transforment en véritable crise de couple.

Et ensuite? Notre conjoint peut choisir de faire une thérapie individuelle ou en couple avec un sexologue afin de cibler la source de la panne et tenter de raviver le désir. Si des conflits sont en cause, le spécialiste pourra nous aider à les régler.

5. Pas d'érection

«Mon conjoint a 45 ans et il a souvent de la difficulté à avoir une érection ou à la maintenir. Il me dit qu'il me désire toujours. Qu'est-ce qui se passe?»

Cela pourrait être: Chez les hommes de 40 ans et plus, la dysfonction érectile est souvent due à l'athérosclérose, une maladie qui touche notamment les artères et les artérioles qui transportent le sang jusqu'au pénis. Des dépôts de cholestérol et de lipides s'accumulent sur la paroi interne des vaisseaux, ce qui réduit le flux sanguin.

Quand devrait-il consulter? S'il éprouve ce problème à plusieurs reprises, répond le Dr Carmel. «Il n'est pas nécessaire de consulter si cela se passe seulement une fois ou deux», ajoute-t-il.

Et ensuite? Si on lui diagnostique un problème de dysfonction érectile, il pourra prendre un médicament oral, comme le sildénafil (Viagra), pour augmenter le flux sanguin jusqu'au pénis. Pour ralentir et stabiliser l'athérosclérose, on prescrit des médicaments contre l'hypercholestérolémie et l'hypertension artérielle.


6. Selles ensanglantées

«Mon conjoint m'a confié qu'il a du sang dans ses selles de temps à autre. Mais ça le gêne beaucoup et il refuse de consulter un médecin.»

Cela pourrait être: des polypes (de petites tumeurs bénignes sur la paroi interne du côlon ou de l'anus qui peuvent devenir malignes) ou un cancer colorectal, qui se développe lentement dans le côlon ou le rectum.

Quand devrait-il consulter? Si les saignements sont réguliers (chaque semaine ou chaque mois), il est important de consulter rapidement, selon le Dr Kevin Waschke, gastroentérologue au Centre universitaire de santé McGill.

Et ensuite? Un gastroentérologue effectuera une coloscopie, un examen qui consiste à insérer dans le rectum, puis dans le côlon un tube long et souple muni d'une petite caméra. S'il découvre des polypes, ils seront retirés lors de l'examen. S'il détecte une tumeur possiblement cancéreuse, il procédera à une biopsie. Si la tumeur est cancéreuse, notre conjoint subira une chirurgie pour enlever la partie de l'intestin affectée et recevra ensuite des traitements de chimiothérapie et/ou de radiothérapie.


7. Uriner lui fait mal

«Mon conjoint me dit qu'il éprouve de la difficulté à commencer ou à cesser d'uriner. Selon lui, son jet urinaire est moins puissant qu'auparavant.»

Cela pourrait être: l'hypertrophie bénigne de la prostate, qui peut survenir au début de la soixantaine. Chez la majorité des hommes, la prostate grossit en vieillissant, exerçant ainsi une pression sur l'urètre, le conduit où l'urine passe.

Quand devrait-il consulter? Quand uriner devient douloureux. Sinon il peut en parler à son médecin lors du rendez-vous annuel.

Et ensuite? Pour traiter les symptômes urinaires, on prescrit un médicament qui relaxe les muscles de la prostate entourant l'urètre (il devient plus facile d'uriner) ou qui aide à réduire le volume de la prostate, selon le Dr Carmel. Si les médicaments ne réduisent pas l'inconfort, un traitement chirurgical peut être envisagé.


8. Soif insatiable

«Mon conjoint boit beaucoup d'eau durant la journée. Il me dit souvent qu'il a soif et se lève plusieurs fois la nuit pour uriner.»

Cela pourrait être: le diabète de type 2, une maladie qui touche surtout les gens de 40 ans et plus et qui peut entraîner des complications graves comme des problèmes cardiaques ou la cécité.

Quand devrait-il consulter? «La moitié des gens qui souffrent de diabète de type 2 l'ignorent», dit le Dr Raphaël Bélanger, endocrinologue. Les symptômes (augmentation du volume des urines, soif intense, faim exagérée, amaigrissement, fatigue ou somnolence, vision embrouillée, cicatrisation lente, infection ou inflammation externe du pénis, picotements aux doigts et aux pieds ou changement de caractère) apparaissent souvent plusieurs années après le début de la maladie. Lorsqu'ils surviennent, il faut donc consulter rapidement.

Et ensuite? Notre homme devra mesurer son taux de glycémie chaque jour à l'aide d'un petit appareil, entreprendre une diète (faible en matières grasses, en sucres ajoutés et en sel) et faire de l'exercice pour perdre du poids. Si cela ne suffit pas, on lui prescrira des médicaments oraux contre le diabète, dit le Dr Bélanger. Si cela ne fonctionne toujours pas, il devra se résoudre à s'injecter de l'insuline.9. Humeur dépressive

«Depuis quelques semaines, mon conjoint est triste. Plus rien ne lui tente (y compris le sexe). Il dort mal et a de la difficulté à se concentrer. Est-ce que c'est une dépression? On parle tellement du suicide chez les hommes... je m'inquiète pour lui.»

Cela pourrait être: la dépression, une maladie mentale qui survient lorsque la chimie du cerveau fait défaut. Selon Statistique Canada, près de 4 % des hommes au Québec disent avoir déjà vécu un épisode de dépression majeure. On peut parler de dépression si notre conjoint a une humeur dépressive (qui ne se manifeste pas seulement par de la trisesse ou de l'apathie, mais aussi par des accès d'impatience, de colère, etc.), éprouve des troubles de l'appétit et du sommeil et ressent une baisse d'énergie depuis au moins deux semaines.

Quand consulter? De deux à quatre semaines après l'apparition des symptômes, selon la Dre Johanne Blais, médecin de famille. Si on perçoit des envies suicidaires chez notre conjoint, on n'hésite pas à lui poser la question sans détour: Songes-tu à te suicider? Où, quand et comment comptes-tu le faire? On contacte le Centre de prévention du suicide de Québec (1-866-APPELLE ou 1-866-277-3553). S'il a des intentions suicidaires, Sylvie Nadeau, directrice générale du Centre de prévention du suicide de Québec, conseille de l'accompagner à l'urgence.

Et ensuite? Dans les cas de dépression légère ou modérée, notre conjoint, en discutant avec son médecin, pourra opter pour la psychothérapie ou pour une combinaison de psychothérapie et de médicaments. Dans les cas graves, lorsque les pensées noires empêchent totalement la personne de fonctionner, on peut prescrire des antidépresseurs pour une période de 9 à 12 mois, indique la Dre Blais.

10. Ménopause au masculin

«On dirait que mon conjoint vit lui aussi une ménopause: diminution de la libido, bouffées de chaleur, fatigue, irritabilité, dysfonction érectile.»

Cela pourrait être: l'andropause, un phénomène lié à la chute de la testostérone (une hormone sexuelle mâle) qui survient entre 45 et 65 ans. À partir de la quarantaine, le taux de testostérone décline progressivement chez tous les hommes. Pour certains, cette baisse peut occasionner les symptômes cités plus haut. Toutefois, contrairement à la ménopause, l'andropause ne sonne pas le glas de la fertilité.

Quand devrait-il consulter? S'il éprouve moins de désir et se sent fatigué et irritable sans que ces symptômes ne soient associés à un autre problème comme le surmenage, selon le Dr Jean-Patrice Baillargeon, endocrinologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.

Et ensuite? Le médecin fait un bilan de santé général et prescrit une analyse sanguine qui mesure notamment le taux de testostérone. Si ce taux se situe sous la normale, le médecin peut prescrire de la testostérone de remplacement sous forme de comprimés, de gel, de timbres cutanés ou d'injections intramusculaires, explique le Dr Baillargeon.


Dépister... pour l'en sauver

Pour la plupart de ces maladies, le dépistage pourrait faire la différence. À mettre absolument à l'agenda de notre homme avant que les problèmes ne s'installent!

  • Chaque mois: l'autoexamen des testicules (dès l'âge de 15 ans). Après le bain ou la douche, il devrait examiner son scrotum (la poche de peau flasque contenant les testicules) pour s'assurer qu'il n'est pas enflé, et faire rouler chaque testicule entre le pouce et un doigt afin de déceler toute anomalie.
  • Tous les ans ou aux deux ans: un test pour déceler la présence de sang dans les selles qui indiquerait un cancer colorectal (à partir de 50 ans). Ce test consiste à recueillir des échantillons de selles à la maison, qui seront analysés en laboratoire. Si on le dépiste tôt, le cancer colorectal peut être soigné dans 90 % des cas.
  • À chaque examen annuel: un toucher rectal afin de détecter un cancer de la prostate (à partir de 50 ans). Le médecin palpe la prostate et vérifie sa taille, sa forme et sa texture. Il peut également prescrire une analyse sanguine.
  • Aux 3 ans: une prise de sang pour mesurer le taux de glycémie, comme le conseille l'Association canadienne de diabète (à partir de 40 ans). Les hommes qui souffrent d'obésité, d'hypertension, d'hypercholestérolémie et de maladies cardiaques, qui ont des antécédents de diabète dans leur famille ou qui sont d'origine autochtone, africaine, latino-américaine ou asiatique (des groupes plus à risque) devraient faire le test de dépistage avant cet âge et/ou plus souvent.


    Pour en savoir plus
  • Agence de la santé publique du Canada
  • La Fondation des maladies du coeur du Canada
  • La Société canadienne du cancer
  • L'Institut de ressources médicales en andropause
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