Nutrition

S'alimenter localement: un choix pour l'environnement

S'alimenter localement: un choix pour l'environnement

iStockphoto Photographe : iStockphoto Auteur : Coup de Pouce

Nutrition

S'alimenter localement: un choix pour l'environnement

S’alimenter localement, c’est protéger l’environnement en diminuant les kilomètres parcourus par les aliments et aussi soutenir les producteurs d’ici. Petit guide pour s’y retrouver.

Des clémentines du Maroc. Des asperges du Mexique. Du saumon d'élevage du Chili. Des fraises de Californie. Du miel de lavande de Provence. De l'agneau de Nouvelle-Zélande. Avec la mondialisation, des aliments de partout arrivent dans nos supermarchés à longueur d'année... Est-ce une bonne chose?

Comme nutritionniste, difficile de ne pas encourager les gens à manger une grande variété d'aliments, en particulier des fruits et des légumes. Or, le Québec, comme les autres contrées nordiques, n'a jamais vu pousser l'ombre d'une orange. Et on se réjouit, en hiver, de pouvoir faire le plein de vitamine C avec des agrumes qui nous viennent souvent de Floride ou du Texas.

Le coût d'une agriculture importée

Mais il n'y a pas que la valeur nutritive à considérer dans nos choix. Il faut être conscient des enjeux et des coûts reliés à cette mondialisation de l'alimentation. En voici quelques-uns:

  • L'augmentation du kilométrage parcouru par les aliments. En moyenne: 2 600 km avant de parvenir jusqu'à notre assiette. Cela implique une augmentation de la pollution, à cause du pétrole requis, et de l'inefficacité énergétique par l'utilisation inutile de réfrigérateurs et autres.
  • Les terres fertiles diminuent en raison de leur surexploitation ou de leur transformation en développements résidentiels. Au Québec, seulement 2 % du territoire est consacré à l'agriculture. Chaque année, selon l'Union des producteurs agricoles, 500 fermes disparaissent à cause de l'endettement excessif des fermiers ou faute de relève.
  • La spécialisation des cultures entraîne une perte de biodiversité des espèces moins productives.
  • La perte de la notion de saison. Les mêmes fruits et légumes étant disponibles 365 jours par année, bien des gens ignorent à quel moment les aliments sont récoltés dans leur région.
  • La diminution de la qualité gustative des aliments. Les gens ne distinguent plus la saveur des aliments de saison, souvent meilleurs que ceux issus de l'agriculture extensive, sans parler du coût moindre et de la plus grande fraîcheur des aliments saisonniers.
  • La centralisation des richesses: l'écart se creuse entre les riches et les pauvres, puisque seuls les agriculteurs de masse peuvent négocier sur le marché international.
  • L'utilisation croissante des pesticides, des insecticides et de certains OGM pour maintenir les rendements des gros producteurs.   
Prioriser l'achat local

Donner priorité aux aliments produits localement, c'est consommer intelligemment en favorisant:

  • La diminution des kilomètres parcourus par les aliments
  • Le soutien à l'agriculture locale et aux petits producteurs
  • Le savoir: d'où viennent les aliments? quand sont-ils à leur meilleur?

L'idée n'est pas de revenir au Moyen-Âge, mais plutôt de se tourner vers l'avenir en prenant conscience que nos choix alimentaires ont un impact énorme sur l'économie et l'environnement.

Reconnaître la provenance de nos aliments

La loi canadienne oblige l'identification de la provenance des fruits et légumes... mais attention à ne pas être induit en erreur dans les étalages! Par exemple, des sacs de carottes de 2 kg du Québec peuvent avoir été placés avec d'autres presque identiques provenant de Californie (4 000 km plus loin). Il faut donc ouvrir l'oeil...

De plus, il faut distinguer la mention «Produit du Canada» de «Canada de choix» ou «Canada de fantaisie», qui correspondent à des catégories de qualité et non à la provenance des aliments.

Au Québec, des logos peuvent aussi être apposés sur une base volontaire. Ainsi, «Aliments du Québec» identifie un produit entièrement québécois, tandis que «Aliment préparé au Québec» signifie que 50 % des ingrédients sont québécois et 80 % des frais de transformation et d'emballage sont assumés au Québec.

Où acheter localement?
  • Fruits et légumes: consulter le site Mangez Québec le calendrier des récoltes;
  • Dans les kiosques à la ferme;
  • Dans les marchés publics;
  • En se faisant livrer des paniers bios du Réseau de l'Agriculture soutenue par la communauté, coordonné par l'organisme Équiterre;
  • Chez certains restaurateurs et traiteurs qui favorisent les aliments produits localement dans leurs menus;
  • Chez votre épicier local;
  • Au supermarché, en sachant que les aliments du Québec comptent pour à peine 50 % de l'offre des grandes chaînes, alors que 75 % des gens y font leur marché...

Si chaque ménage remplaçait chaque semaine 20 $ d'épicerie par des aliments équivalents produits localement, on pourrait créer des dizaines de milliers d'emplois.

Sources
Équiterre, Souveraineté alimentaire, document en ligne.

 

Équiterre, Agriculture soutenue par la communauté, document en ligne.

 

Aliments du Québec


Chrétien, Daniel : Pour sauver la planète, au diable le bio... vive les pesticides !, Dans le magazine L'actualité, 1er juin 2007.  

 

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