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Certains choisissent les aliments biologiques pour des questions environnementales, d’autres pour des raisons de santé. Mais le bio n’a-t-il réellement que des avantages sur le conventionnel?

Par définition, l'agriculture biologique est un mode de production qui favorise et améliore notamment la biodiversité et l'activité biologique des sols. Aucun pesticide ni engrais de synthèse n'est toléré, pas plus que l'usage d'antibiotiques ou d'hormones de croissance, et encore moins le recours au génie génétique (OGM).

Les avantages d'une culture biologique

Les sondages révèlent que les consommateurs attribuent généralement aux aliments biologiques des avantages pour la santé. Des dizaines et des dizaines de recherches ont comparé la valeur nutritive de fruits et légumes biologiques et conventionnels.

Selon certains chercheurs, les cultures biologiques contiendraient plus de vitamine C, de fer, de magnésium, de phosphore et d'antioxydants que les autres. Les aliments biologiques contiendraient aussi moins d'eau, donc des nutriments moins «dilués». Des scientifiques attribuent le taux supérieur d'antioxydants des végétaux biologiques au fait qu'il s'agisse pour eux d'un moyen de défense naturel pour se protéger des agresseurs. À l'inverse, d'autres concluent que les différences ne sont pas significatives.

Cela dit, une question reste importante: est-ce que des teneurs possiblement plus élevées en divers nutriments ont une incidence concrète sur notre santé, surtout dans les pays d'abondance où la base est déjà assurée? Ce n'est pas démontré. Au risque de répéter, rappelons que l'important est de manger de cinq à douze portions de fruits et légumes par jour, qu'ils soient bios ou non.

Résidus de pesticides dans le bio?

Les analyses et les études scientifiques qui comparent les fruits et les légumes biologiques et conventionnels signalent que les premiers renferment généralement moins de résidus de pesticides que les seconds.

Moins, mais pas aucun, car le risque zéro n'existe pas. En effet, selon un résumé de plusieurs programmes de contrôle publié dans l'édition de novembre-décembre 2006 du Journal of Food Science, des traces de résidus de pesticides ont été détectées dans plus du quart (jusqu'à 27%) des échantillons de produits biologiques analysés. Comment cela se peut-il? Certains des résidus détectés proviennent d'insecticides hydrochlorés, dont l'usage est proscrit depuis des dizaines d'années. Or, ces derniers demeurent en petites quantités dans plusieurs champs agricoles, ce qui fournit une explication à la présence de résidus dans certains végétaux biologiques. Le vent qui les transporte est une autre hypothèse.

Bios ou pas: mangez des fruits et légumes!

Par ailleurs, même si les fruits et légumes conventionnels renferment davantage, et souvent plus, de résidus de pesticides, il est très rare que les doses dépassent le seuil autorisé par Santé Canada. Bon an mal an, seuls entre 0,5% et 2% des échantillons analysés par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) sont hors normes.

Est-ce que le peu de résidus de pesticides trouvés dans les aliments conventionnels représente une réelle menace pour la santé? Les risques sont minimes, selon les autorités sanitaires. Mais il y a tout de même de l'incertitude dans ce dossier, surtout en ce qui concerne leur effet sur les enfants. Aussi, ce ne sont pas tous les pesticides ni l'effet des pesticides cumulés qui sont testés... Certains consommateurs diront que, dans le doute, ils préfèrent s'abstenir et choisir le bio. Quoi qu'il en soit, une chose est prouvée: il y a une foule d'avantages - beaucoup plus que de risques - à manger des fruits et des légumes, bios ou pas.

Transport des aliments biologiques: un paradoxe

En ce qui a trait à la préservation des sols et des écosystèmes, l'agriculture biologique a indéniablement un avantage sur l'agriculture conventionnelle. Mais elle comporte tout de même un paradoxe: une majorité des aliments bios consommés sur le marché québécois sont importés, et une majorité d'aliments bios produits dans la province sont exportés. Ça en fait des camions de légumes qui se croisent sur la route! Bonjour les gaz à effet de serre... Les achats locaux contribuent à protéger notre planète, même lorsqu'ils s'agit de produits conventionnels.

Bio n'égale pas toujours santé

Selon le Conseil des appellations agroalimentaires du Québec (CAAQ), la croissance constante que connaissent les aliments bios signifie que la population change lentement mais sûrement ses habitudes et se questionne sur la provenance des aliments et sur la façon dont ils sont produits. Ce n'est donc pas simplement une mode passagère... Cela n'empêche pas certains fabricants et spécialistes en marketing de profiter de la tendance. Les céréales à déjeuner sucrées, les croustilles et les biscuits - pour ne nommer que ceux-là - qui affichent fièrement la mention «biologique» ne méritent pas une étiquette santé pour autant.

  

Lire aussi: Vaut-il mieux manger bio ou local? 

Sources

Winter, CK., Davis, SF. «Are organic foods healthier?», Journal of Food Science, novembre-décembre 2006, p. R117-R124.

 

 

Bourn, D., Prescott, J. «A comparison of the nutritional value, sensory qualities, and food safety of organically and conventionally produced foods», Critical Reviews in Food Science and Nutrition, janvier 2002, p.1-34.

 

Mayo Clinic. «Organic foods: are they safer? More nutritious?», article en ligne sur le site de Mayo Clinic

 

Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV)

 

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Nutrition

Les aliments biologiques: pour la santé et l'environnement?

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