Guide des maladies

Épilepsie

Épilepsie

Guide des maladies Photographe : iStock Auteur : Coup de Pouce

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Épilepsie

Symptôme d'un trouble neurologique - un dysfonctionnement qui touche le cerveau et se manifeste sous forme de crises.

L'épilepsie est un trouble physique caractérisé par des changements soudains et brefs dans la façon de fonctionner du cerveau. C'est un symptôme d'un trouble neurologique - un dysfonctionnement qui touche le cerveau et se manifeste sous forme de crises.

L'épilepsie est un trouble et non une maladie; elle n'est pas contagieuse.

Environ 0,6% de la population canadienne est atteinte d'épilepsie. Ces chiffres tiennent compte des personnes qui prennent des anticonvulsivants et de celles qui ont présenté une crise au cours des cinq dernières années.

En raison de la honte qui entoure l'épilepsie et des préjugés sociaux dont les personnes atteintes d'épilepsie ont été victimes historiquement, un grand nombre de personnes souffrant de ce trouble sont réticentes à en admettre le diagnostic et à consentir à se faire traiter. La prévalence de l'épilepsie est donc probablement beaucoup plus élevée qu'il n'y paraît.

Chaque jour au Canada, 42 personnes en moyenne reçoivent un diagnostic d'épilepsie.

Annuellement, ce trouble est diagnostiqué chez 15 500 personnes en moyenne, dont 44% chez des enfants de moins de cinq ans, 55% chez des enfants de moins de dix ans, 75-80% avant l'age de 18 ans et 1% des enfants auront des convulsions récurrentes avant l'age de 14 ans, et 1,3% des adultes de plus de 60 ans. C'est dire qu'environ 60% des nouveaux patients sont de jeunes enfants ou des personnes âgées.

Dans environ 50% des cas d'épilepsie chez l'enfant, les crises disparaissent complètement. Dans 50 à 60% des cas, la cause de l'épilepsie est inconnue.

Chez le reste des personnes atteintes d'épilepsie, les causes suivantes sont les plus fréquentes:

  • une tumeur du cerveau ou un accident vasculaire cérébral;
  • un traumatisme crânien de tout type. Plus grave est la lésion,
    plus grands sont les risques que l'épilepsie se développe;
  • une blessure, une infection ou une maladie générale chez
    la mère pendant la grossesse qui a altéré le développement
    du cerveau du f¿tus;
  • une blessure au cerveau de l'enfant lors de l'accouchement
    peut avoir provoqué l'épilepsie;
  • des séquelles d'une infection (méningite, encéphalite virale); intoxication due à l'abus de drogues ou à l'alcoolisme.

 Parmi les facteurs pouvant déclencher les crises, mentionnons:

  • le stress
  • une mauvaise alimentation
  • l'oubli de médicaments (non-respect de la posologie)
  • une stimulation lumineuse intermittente
  • des repas irréguliers
  • une maladie, de la fièvre ou des allergies
  • le manque de sommeil
  • la chaleur ou l'humidité
  • des émotions comme la colère, l'anxiété, la peur, etc.

Une crise d'épilepsie est le signe extérieur d'un dérèglement électrique temporaire des mécanismes de contrôle du cerveau. Elle peut prendre la forme de convulsions, d'une brève fixité du regard, de spasmes musculaires, de sensations étranges, d'un comportement automatique ou d'une modification de la conscience.

Le types de crise dépend de la région du cerveau qui est touchées la première, du lieu où la perturbation se diffuse et de la vitesse à laquelle elle se propagera. Les crises peuvent être généralisées, c'est-à-dire que la perturbation touche les deux hémisphères du cerveau (moitié droite et moitié gauche) dès le début ou quasi instantanément ou partielles.

Crise généralisée

La crise généralisée implique d'emblée les deux hémisphères cérébraux.

La crise tonico-clonique
Lors d'une crise tonico-clonique, la personne perd conscience et tombe. Le corps devient rigide et des tremblements convulsifs agitent les membres. Il peut y avoir salivation abondante, morsure de la langue et perte de contrôle de la vessie. Après quelques minutes, la personne reprend peu à peu conscience. Elle peut se sentir fatiguée et éprouver le besoin de dormir. La crise dure en moyenne 2 à 5 minutes.

L'absence
L'absence est une brève perte de conscience généralement non accompagnée de chute. La personne arrête l'activité en cours. Elle semble «dans la lune» et si on lui parle, elle ne répond pas. Elle peut avoir le regard fixe ou clignoter des paupières. Après quelques secondes, elle reprend ses occupations comme si rien de s'était passé. L'absence dure en moyenne 5 à 30 secondes.

Les crises myocloniques, atoniques, toniques
Ces crises sont des formes de crises généralisées. Les crises myocloniques se traduisent par de brèves et imprévisibles secousses des muscles. La crise atonique se manifeste par une perte du tonus musculaire qui peut occasionner une chute soudaine. La crise tonique est caractérisée par une contraction musculaire de courte durée, associée à une perte de conscience mais non accompagnée de convulsions.

Crise partielle

La crise partielle débute dans une région d'un hémisphère cérébral.

Les crises partielles simples
Les crises partielles simples ne s'accompagnent pas de perte de conscience. Elles peuvent, entre autres, se manifester par des convulsions isolées d'un seul membre, par des phénomènes sensitifs (visuel, auditifs, gustatifs, olfactifs) ou par des impressions particulières (sentiment de «déjà vu», frayeur soudaine, état de rêve, etc.).

Les crises partielles complexes
Les crises partielles complexes s'accompagnent d'une altération plus ou moins prononcée de la conscience et de mouvements involontaires ou semi-involontaires inappropriés à la situation (automatismes). La personne peut, par exemple, marcher sans but, tirer sur ses vêtements, mâchonner, agiter ses doigts ou avoir l'air de chercher quelque chose. Par la suite, elle ne garde aucun souvenir de ces événements. La crise ure en moyenne de 2 à 5 minutes. Elle peut être suivie d'une assez longue période de confusion et de fatigue.

Si vous ou un observateur constatez que vous avez eu une crise, vous devez consulter votre médecin le plus rapidement possible. Votre médecin procédera à des tests diagnostiques et saura vous dire exactement de quel type de crise vous souffrez.

Lorsqu'une personne qui a été victime d'une crise consulte un médecin, celui-ci tente de déterminer les faits suivants :

  • la crise a-t-elle été provoquée par un problème passager (comme de la fièvre ou une infection) qui peut être corrigé ?
  • résulte-t-elle d'un problème cérébral permanent ?
  • la structure du cerveau présente-t-elle une anomalie qui pourrait provoquer des crises ?
  • la crise était-elle un incident isolé ou laisse-t-elle croire que la personne est épileptique ?

Votre médecin tentera de répondre à ces questions par les moyens suivants :

  • établissement des antécédents médicaux détaillés
  • examen physique complet, en particulier du système nerveux
  • analyse du sang et d'autres liquides organiques
  • électroencéphalogrammes (EEG)
  • imagerie par résonance magnétique (IRM) ou tomodensitométrie (TDM)

Sentez-vous libre de poser des questions à votre médecin sur votre diagnostic. Il est extrêmement important de maintenir de bonnes communications avec votre médecin. Cela aidera à éviter les malentendus et facilitera votre compréhension de l'épilepsie et du traitement prescrit.

Quelques questions que vous pourriez vous poser:

  • Est-il vraiment nécessaire de prendre les médicaments antiépileptiques?
  • Quelle est la cause de ces crises?
  • Comment est-ce que l'épilepsie changera ma vie?
Les tests diagnostiques

Le nombre de tests prescrits peut varier selon les exigences de chaque cas.

Nous vous présentons une liste et une explication des types de tests qu'on pourra vous demander de subir :

Prises de sang et ponction lombaire

Plusieurs tests sont effectués à partir d'échantillons de sang. Ces tests visent à déceler des signes d'infection, d'anémie ou d'autres affections ainsi qu'à vérifier les taux de substances minérales vitales ou de poisons - tels le plomb - susceptibles de causer les crises. On pourra aussi procéder à des analyses de sang et d'urine pour vérifier le fonctionnement du foie et des reins.

Parfois, s'il croit que les crises peuvent avoir été causées par une infection ou une hémorragie cérébrale, le médecin pourra prescrire une ponction lombaire. Cette intervention consiste à prélever une petite quantité de liquide céphalorachidien à des fins d'analyse.

Tous ces tests ont pour but de déterminer si la crise est liée à une cause sous-jacente qui peut être traitée directement.

Les Scanographies du cerveau

L'observation d'une crise est une bonne façon pour les médecins de poser un diagnostic et de choisir le traitement antiépileptique approprié. Ils peuvent utiliser les méthodes suivantes pour observer l'activité électrique du cerveau et arriver au diagnostic :

Électroencéphalogramme (EEG)

L'électroencéphalographe est un appareil qui traduit l'activité électrique du cerveau en une série d'ondes graphiques. Une activité électrique normale produit un tracé reconnaissable. Les modifications ou anomalies qui causent des crises produisent des tracés différents. Ce test s'apparente au test polygraphique (détecteur de mensonge), sauf que des petits fils appelés électrodes sont fixés au cuir chevelu du patient. Le médecin peut souvent déterminer le tracé probable lorsqu'une personne souffre d'épilepsie. Le tracé peut également montrer quelle partie du cerveau est atteinte. L'EEG ne cause pas de douleur et ne comporte aucun danger. L'appareil ne peut lire vos pensées et ne donne pas de choc électrique. Il ne mesure pas non plus l'intelligence et ne peut révéler une maladie mentale ou un trouble émotionnel. Son but n'est pas de traiter ni de guérir, mais uniquement de découvrir.

Tomodensitométrie (TDM)

La tomodensitométrie a été implantée au début des années 1970 et a révolutionné notre capacité de « voir » le cerveau. Des rayons X à faible dose sont détectés et interprétés par un ordinateur, qui crée ensuite une image s'apparentant à « une tranche du cerveau qu'on aurait coupée ».

Ce test vise principalement à déterminer si la cause de la crise peut être traitée par chirurgie. Il peut également révéler d'autres causes pouvant faire l'objet de traitements particuliers.

Imagerie par résonance magnétique (IRM)

Si la tomodensitométrie a révolutionné la visualisation du cerveau en produisant des images de l'intérieur de celui-ci, l'imagerie par résonance magnétique, qui est encore plus récente, nous permet de scruter l'intérieur du cerveau avec plus de précision encore. Contrairement à la TDM, l'IRM n'utilise pas de rayons X, mais plutôt un aimant très puissant pour créer une image qui est ensuite analysée par ordinateur comme dans le cas de la TDM. Les images produites sont cependant encore mieux définies.

Il est idéal pour observer les structures du cerveau. Les études par IRM peuvent révéler des tumeurs, des anomalies des vaisseaux sanguins, des kystes, des foyers de dépopulation neuronale ou d'autres lésions cérébrales. Ce test s'adresse à la fois aux adultes et aux enfants.

Parmi les seuls inconvénients de l'IRM, mentionnons le fait que, avec le matériel actuel, une scanographie dure environ de 15 à 30 minutes, durant lesquelles la personne doit rester parfaitement immobile à l'intérieur d'une sorte de tunnel, ce qui nécessite parfois l'emploi de sédatifs. En outre, ce test est plus coûteux que la TDM. Cependant, l'IRM est indiquée s'il est important d'avoir une vue détaillée du cerveau ou si des lésions subtiles doivent être visualisées.

Une anomalie observée dans une scanographie n'est pas nécessairement à l'origine des crises ou n'entraînera pas fatalement d'autres crises dans l'avenir. On ne peut supposer une relation de cause à effet que si l'anomalie relevée se trouve dans la région du cerveau pouvant avoir provoqué les crises.

Tomographie par émission de positons (TEP)

Le tomographie par émission de positons (TEP) est différente des scanographies par IRM et TDM en ce qu'elle démontre le métabolisme du cerveau, alors que les autres en indiquent la structure. Les médecins étudieront le métabolisme dans la région du cerveau qu'ils soupçonnent être à l'origine des crises.

Cette méthode n'est pas utilisée aussi tôt que les scanographies TDM ou IRM parce que celles-ci sont jugées plus efficaces.

La prise de médicaments à long terme est la principale forme de traitement. Les médicaments ne guérissent pas l'épilepsie et peuvent comporter de nombreux effets secondaires dont certains sont graves.

Une opération au cerveau n'est recommandée que lorsque le traitement médicamenteux est inefficace et lorsque les crises sont limitées à une partie du cerveau où les tissus cérébraux peuvent être enlevés sans risque d'entraîner un trouble de la personnalité ou de perturber une fonction du cerveau.

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