Guide des maladies

Cancer de la prostate

Cancer de la prostate

Guide des maladies Photographe : iStock Auteur : Coup de Pouce

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Cancer de la prostate

Cancer qui se forme dans les cellules de la prostate.

Le cancer de la prostate se forme dans les cellules de la prostate, une glande de l'appareil reproducteur masculin. La prostate sert principalement à sécréter une partie du liquide (dit séminal) qui, combiné aux spermatozoïdes produits par les testicules, forme le sperme. Le sperme est éjaculé lors des relations sexuelles.

De la taille d'une grosse noix, la prostate est située près du rectum, juste sous la vessie et à la base du pénis. La prostate entoure le canal appelé urètre, qui transporte l'urine et le sperme jusqu'au bout du pénis.

Le cancer de la prostate est le type de cancer le plus répandu chez les hommes au Canada. En général, le cancer de la prostate évolue lentement et peut souvent être guéri ou traité avec succès.

Il n'y a pas de cause principale du cancer de la prostate, mais certains facteurs peuvent accroître le risque de développer la maladie. Le risque augmente avec l'âge. Les facteurs de risque suivants ne signifient pas que vous aurez le cancer de la prostate, mais plutôt que vos probabilités de le développer sont plus élevées.

Les risques sont plus élevés si vous avez :

  • l'âge - plus de 65 ans;
  • des antécédents familiaux de cancer de la prostate;
  • un régime alimentaire riche en matières grasses;
  • des ancêtres d'origine africaine.

Des facteurs de risque possibles tels que l'obésité, l'inactivité physique et l'exposition professionnelle à un métal appelé cadmium sont présentement à l'étude. Le cancer de la prostate peut parfois toucher des hommes ne présentant aucun de ces facteurs de risque.

Le cancer de la prostate, en particulier dans ses premiers stades, peut se développer sans qu'aucun signe ou symptôme ne se manifeste. Il peut être détecté lors d'un test de l'antigène prostatique spécifique (APS) ou d'un toucher rectal. Des symptômes pourront apparaître si la tumeur fait augmenter anormalement la taille de la prostate. Celle-ci exerce alors une pression sur l'urètre, ce qui peut rendre la miction difficile, douloureuse ou plus fréquente.                                                                          

Au fur et à mesure qu'un homme prend de l'âge, sa prostate risque de grossir et de bloquer l'urètre ou la vessie. Il s'agit d'un problème courant, appelé hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). Cette hypertrophie n'a rien à voir avec le cancer de la prostate; toutefois, les symptômes sont semblables. Des analyses seront nécessaires pour poser un diagnostic sûr.

Les signes et symptômes du cancer de la prostate sont les suivants :

  • le besoin fréquent d'uriner, en particulier la nuit;
  • le besoin pressant d'uriner (urgence);
  • la difficulté pour commencer à uriner ou cesser d'uriner;
  • l'incapacité d'uriner;
  • la faiblesse, la diminution ou l'intermittence du jet urinaire;
  • une sensation de vidange incomplète de la vessie;
  • une sensation de brûlure ou une douleur durant la miction;
  • la présence de sang dans l'urine ou le sperme;
  • une éjaculation douloureuse.

N'ignorez pas les symptômes

Si vous éprouvez l'un ou l'autre de ces symptômes, nous vous suggérons de passer des tests afin de savoir ce qui les cause.  La plupart des cas d'hypertrophie de la prostate ne sont pas cancéreux.

Il est probable que votre médecin ait soupçonné la présence d'un cancer de la prostate après vous avoir interrogé sur votre état de santé et vous avoir examiné, notamment en pratiquant un toucher rectal. La prostate est facile à palper par le médecin puisqu'elle se trouve près du rectum.

Pour confirmer son diagnostic, le médecin aura recours à certaines analyses, qui pourront également permettre d'établir le « stade » et le « grade » (degré de malignité) du cancer. Il se peut que vous ayez à passer un ou plusieurs des tests suivants.

Analyses sanguines

Il est possible de mesurer la concentration dans le sang d'une substance appelée antigène prostatique spécifique (APS). Si vous présentez une hypertrophie de la prostate, votre taux d'APS pourrait être légèrement plus élevé que la normale. Habituellement, le cancer de la prostate entraîne une augmentation du taux d'APS encore plus élevée. Si votre taux d'APS est plus élevé que les valeurs attendues compte tenu de votre âge, il faudra procéder à d'autres tests pour déterminer si vous êtes atteint d'un cancer ou s'il s'agit d'une autre affection de la prostate.

D'autres analyses sanguines peuvent être effectuées pour vérifier votre état de santé général. À partir d'échantillons de votre sang, on vérifie la quantité et l'apparence des différents types de cellules sanguines.

Techniques d'imagerie

Ces techniques permettent de procéder à un examen approfondi des tissus, des organes et des os. La radiographie, l'échographie, la tomodensitométrie [TDM], l'imagerie par résonance magnétique [IRM] et la scintigraphie osseuse sont autant de moyens pour votre équipe soignante d'obtenir une image de la tumeur et de vérifier si elle s'est étendue.

L'échographie transrectale est habituellement la seule technique d'imagerie utilisée pour diagnostiquer un cancer de la prostate. Cette procédure consiste à créer une image de la prostate au moyen d'ondes sonores. Le médecin insère une petite sonde dans le rectum et vérifie sur l'image la présence de zones sombres ou denses, qui pourraient être un signe de cancer. Par la même occasion, le médecin prélève des cellules aux fins de biopsie. Durant l'examen, le patient ressentira peut-être un léger inconfort mais celui-ci sera de courte durée.

Biopsie

Une biopsie est généralement requise pour établir avec certitude un diagnostic de cancer. Cette intervention consiste à prélever des cellules afin de les examiner au microscope. Si les cellules sont cancéreuses, il faudra ensuite déterminer leur rapidité à se multiplier.

On procède à une biopsie de la prostate lors de l'échographie transrectale; plusieurs échantillons de tissus prostatiques seront prélevés par le rectum. Cette intervention peut entraîner une douleur aiguë mais brève, qu'une anesthésie locale permettra d'atténuer.

Stadification et classification histologique du cancer de la prostate

Une fois que le diagnostic de cancer est confirmé et que votre équipe soignante dispose de toute l'information dont elle a besoin, il faut ensuite déterminer le stade et le grade du cancer.

La stadification du cancer consiste à définir la taille de la tumeur et à vérifier si elle s'est développée au-delà du site où elle a pris naissance.

Quatre stades ont été définis pour le cancer de la prostate.

Stade

Description

1

Le cancer est localisé uniquement dans la prostate.

2

Le cancer est plus étendu qu'au stade 1, mais il demeure localisé dans la prostate.

3

Le cancer s'est propagé à l'extérieur de la prostate jusqu'aux tissus  environnants, mais pas aux organes voisins.

4

Le cancer s'étend maintenant à d'autres parties du corps.

L'examen au microscope de l'échantillon prélevé lors de la biopsie permet de procéder à la classification histologique (grade) du cancer. Il s'agit alors d'analyser l'apparence et le comportement des cellules cancéreuses par rapport à des cellules normales. La classification histologique du cancer permet à l'équipe soignante d'avoir une idée du développement futur de la tumeur et de la manière dont elle risque de se propager.

Dans le cas d'un cancer de la prostate, le grade est habituellement défini selon l'échelle de Gleason, à l'aide de chiffres variant entre 2 et 10. Une faible cote de Gleason signifie que les cellules cancéreuses sont semblables à des cellules prostatiques normales, tandis qu'une cote élevée indique qu'elles sont très différentes. La plupart des tumeurs cancéreuses de la prostate sont de grade modéré.

Grade

Cote de Gleason

Description

1

2-4

Bas grade - croissance lente, risques de propagation moins élevés

2

5-7

Grade modéré - croissance un peu plus rapide qu'au grade 1 et possibilité de propagation

3

8-10

Haut grade - croissance plutôt rapide, risques de propagation plus élevés

Il est important de connaître le stade et le grade de votre cancer, ainsi que votre taux d'APS. C'est ce qui vous aidera, ainsi que votre équipe soignante, à choisir le traitement qui vous convient le mieux.

Lorsque vos médecins connaîtront le type, le grade (degré de malignité) et le stade de votre cancer, ils pourront déterminer quel traitement sera le plus efficace pour ce type de cancer ainsi que tout autre problème de santé que vous pourriez avoir.

Puisque l'évolution du cancer de la prostate est souvent lente, votre médecin pourrait vous proposer un programme de suivi attentif, comportant des analyses de votre taux d'APS et des examens cliniques périodiques. Il s'agit d'une approche dite d'observation vigilante.

Vous serez invité à participer au choix final des traitements.

Les personnes atteintes d'un cancer reçoivent souvent une combinaison de traitements. Pour le cancer de la prostate, le traitement peut inclure les éléments suivants :

  • chirurgie;
  • radiothérapie;
  • hormonothérapie;
  • chimiothérapie.

Pendant le traitement

Voyez comment vous pouvez atténuer et contrôler la douleur de même que l'inconfort, les effets secondaires et le stress pendant que vous suivez vos traitements contre le cancer.

Essais cliniques

Les essais cliniques sont des études scientifiques ayant pour but d'évaluer de nouvelles méthodes de prévention, de traitement du cancer et de réduction des effets secondaires. Demandez à votre médecin s'il existe un essai clinique qui pourrait constituer une option de traitement dans votre cas.

Traitements complémentaires et parallèles

Certaines personnes ont recours à des traitements complémentaires ou parallèles en plus ou au lieu des traitements ou des médicaments classiques. Si vous optez pour l'une de ces approches, dites-le à votre médecin car elle pourrait avoir des effets sur vos tests ou vos traitements.

Soutien

Chaque personne vit une situation unique face au cancer. Toutefois, quelle que soit la vôtre (cancer nouvellement diagnostiqué, traitement en cours ou rôle d'aidant auprès d'une personne atteinte de cancer), vous devrez probablement régler de nombreux problèmes pratiques, prendre des décisions difficiles et gérer toute une gamme d'émotions.

Services

Obtenez plus d'information sur l'aide pratique à votre portée, par exemple le transport au centre de traitement, les groupes d'entraide et les services communautaires.

Après le traitement sur le cancer de la prostate

Les soins de suivi peuvent vous aider, ainsi que votre équipe soignante, à vérifier l'évolution de votre état ainsi qu'à évaluer comment vous vous remettez du traitement et composez avec ses effets secondaires tardifs ou à long terme. Au début, la prise en charge de votre suivi pourra être assurée par un des spécialistes de votre équipe soignante. Votre médecin de famille pourra éventuellement prendre le relais.

Le calendrier des visites de suivi est différent pour chaque personne. Les visites chez le médecin pourraient être plus fréquentes au cours de la première année suivant le traitement, et plus espacées par la suite.

La fin d'un traitement contre le cancer peut susciter des émotions contradictoires. Vous vous réjouirez probablement de la fin des traitements et à l'idée de reprendre vos activités habituelles. Par contre, il se peut aussi que vous ressentiez de l'anxiété. Si la fin du traitement vous préoccupe, parlez-en à votre équipe soignante. Elle est là pour vous aider à traverser cette période de transition.

Réduire vos risques

Vous n'exercez aucun contrôle sur certains des facteurs de risque du cancer de la prostate, comme votre âge ou vos ancêtres. Vous pouvez par contre changer votre alimentation. Choisir de manger sainement est bon pour vous et pourrait réduire les risques de cancer de la prostate.

Misez sur les fruits et les légumes dans votre régime alimentaire.

Détection précoce du cancer de la prostate

Si vous avez plus de 50 ans, il est temps de demander à votre médecin s'il est nécessaire de passer un test de dépistage du cancer de la prostate.

Si vous faites partie de groupes à risque élevé ou si vous êtes d'ascendance africaine, parlez à votre médecin de la possibilité de passer des tests de dépistage avant l'âge de 50 ans.

Le test de l'APS et le toucher rectal peuvent détecter le cancer de la prostate à un stade précoce, mais ils peuvent également provoquer de fausses alertes ou ne pas dépister un cancer existant. Dans certains cas, ils permettent de détecter un cancer de la prostate qui ne représente pas de menace pour votre santé. Il est important de discuter avec votre médecin de votre risque personnel de développer un cancer de la prostate de même que des avantages et des risques des tests.

Toucher rectal

Le toucher rectal est la méthode la plus employée pour dépister le cancer de la prostate. Lors de votre examen de santé annuel, votre médecin introduit un doigt ganté dans le rectum afin de palper la prostate. La plupart des cancers de la prostate se développent au niveau de la zone périphérique, la partie de la prostate qui est la plus rapprochée du rectum. Il est donc facile de détecter toute masse, irrégularité ou variation de la taille ou de la texture de la prostate.

À l'état normal, la prostate est lisse et caoutchouteuse. Si des anomalies sont décelées lors du toucher rectal, d'autres tests pourraient être nécessaires.

Test de l'antigène prostatique spécifique (APS)

Le test de l'APS est une analyse sanguine qui peut aider à dépister un cancer de la prostate. Il permet de mesurer le taux d'une substance appelée « antigène prostatique spécifique », produite par la prostate. Il est normal de trouver de petites quantités d'APS dans le sang, mais le taux peut augmenter en présence de troubles de la prostate.

Le taux d'APS varie en fonction de l'âge et a tendance à augmenter chez les hommes au fur et à mesure qu'ils vieillissent. Un taux élevé d'APS peut être attribuable à plusieurs troubles de la prostate et n'est pas nécessairement un signe de cancer. Il peut également arriver que le taux d'APS demeure normal chez des hommes atteints de cancer de la prostate et qu'il soit élevé chez des hommes souffrant d'hypertrophie bénigne (non cancéreuse) de la prostate.

S'il observe quelque chose d'anormal lors du toucher rectal, votre médecin pourrait vous faire passer un test. Si les analyses sanguines font partie d'un examen annuel, il se peut également que votre médecin demande des tests plus poussés parce que votre taux d'APS est élevé. Le test de l'APS peut s'avérer supérieur au toucher rectal pour repérer des anomalies, mais n'est pas idéal pour dépister le cancer de la prostate.

Si le toucher rectal ou le test de l'APS révèle la présence d'anomalies, votre médecin pourrait recommander d'autres tests afin d'écarter ou de confirmer le diagnostic de cancer de la prostate.

Questions à poser à votre médecin

Quel est mon risque de cancer de la prostate?

Quels tests devrais-je passer, s'il y a lieu?

Quels sont les avantages et les inconvénients de ces tests?

Faut-il payer pour ces tests? Si oui, combien?

Qu'arrivera-t-il si les résultats ne sont pas normaux?

À quelle fréquence devrais-je passer ces tests?

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