Guide des maladies

Alcoolisme

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Guide des maladies Photographe : iStock Auteur : Coup de Pouce

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Alcoolisme

L'alcoolisme est une maladie progressive et chronique caractérisée par une perte de contrôle sur la consommation d’alcool. Cette maladie peut être traitée, mais ne se guérit pas.

C'est un médecin suédois, Magnus Huss, qui a le premier utilisé le terme alcoolisme pour résumer «l'ensemble des symptômes pathologiques qui accompagnent l'abus d'alcool» dans un ouvrage intitulé «Alcoholismus chronicus» traduit en allemand en 1852. Au fil des siècles, la définition de l'alcoolisme a beaucoup varié. On sait que la maladie a des conséquences physiques, familiales et sociales importantes. C'est pourquoi la compréhension de ses mécanismes continue de faire l'objet de recherches dans la plupart des pays industrialisés afin d'en améliorer le traitement.

Définition

En 1992, le National Council on Alcoholism and Drug Dependence et l'American Society of Addiction Medicine publiaient cette définition: «l'alcoolisme est une maladie primaire et chronique dont les composantes génétiques, psychosociales et environnementales déterminent le développement et les manifestations. La maladie est souvent progressive et fatale. Elle est caractérisée par la perte de contrôle sur la consommation d'alcool, une préoccupation constante pour tout ce qui touche l'alcool, un usage d'alcool immodéré malgré les conséquences néfastes de son utilisation et une distorsion de la pensée, qui porte habituellement la personne alcoolique à nier son problème.»

Cette définition touche la plupart des aspects de l'alcoolisme et renforce le concept de «maladie». L'alcoolisme présente en effet certaines caractéristiques que l'on retrouve dans d'autres maladies chroniques: on peut en décrire clairement les symptômes, sa progression est prévisible même à un stade peu avancé, la perte de contrôle face à l'alcool n'est pas le symptôme d'une autre maladie, l'alcoolisme peut être traité mais ne se guérit pas. En l'absence de traitement, la maladie est habituellement fatale, l'alcool étant la cause directe ou indirecte de mortalité chez la plupart des alcooliques.

On sait maintenant que l'alcoolisme est relié à plusieurs facteurs. Certaines études ont démontré que l'incidence de la maladie est plus grande lorsque l'un des parents souffre d'alcoolisme. C'est pourquoi on croit que la maladie pourrait être d'ordre génétique et impliquer des désordres biochimiques.

Des facteurs psychologiques et sociaux jouent un rôle, comme l'anxiété, des difficultés relationnelles, une pauvre estime de soi, l'accessibilité et la tolérance sociale envers l'alcool, la pression de l'entourage et un mode de vie particulièrement stressant.

Les symptômes de l'alcoolisme sont le besoin compulsif de boire de l'alcool, l'incapacité à limiter sa consommation, la dépendance physique (symptômes de manque en l'absence de consommation) et la tolérance, c'est-à-dire le besoin constant d'augmenter les doses pour atteindre l'effet recherché. Ces symptômes sont souvent accompagnés de troubles physiques et psychologiques.

L'abus d'alcool affecte tous les systèmes de l'organisme. Ses effets sur la santé sont donc multiples. La malnutrition, la perte d'équilibre, les maladies du foie (hépatite et cirrhose), la pression artérielle élevée, la faiblesse des os et des muscles, l'arythmie cardiaque, l'anémie, le manque de résistance du système immunitaire, les troubles du système gastro-intestinal, l'hypoglycémie, la pancréatite et l'infertilité n'en sont que quelques-uns.

L'abus d'alcool n'entraîne pas que des troubles physiques. L'alcoolisme est souvent responsable de problèmes matrimoniaux, de violence familiale, de difficultés relationnelles et de chômage, sans compter son implication dans les accidents routiers, les blessures, les crimes violents et le suicide.

Système nerveux

La perte de mémoire est un des premiers effets de l'alcool sur le système nerveux. Le « black-out » survient souvent après une grande consommation d'alcool et la personne ne peut se souvenir des circonstances entourant la période de consommation. l'alcool est aussi reconnu pour causer des troubles du sommeil et peut provoquer des engourdissements et des tremblements des mains ou des jambes.

Le faible taux de thiamine que l'on retrouve parfois chez les alcooliques peut causer deux syndromes, le syndrome de Wernicke et le syndrome de Korsakoff, qui se manifestent parfois en même temps et qui entraînent des mouvements des yeux incontrôlables, une perte d'équilibre, de la difficulté à marcher et des troubles sévères de la mémoire.

Système digestif

L'alcool affecte le système digestif de plusieurs façons. L'alcool interfère avec les nutriments normalement absorbés par l'intestin, ce qui crée un état de malnutrition. Il affaiblit le sphincter oesophagien et favorise le reflux des aliments dans l'oesophage. Il augmente la quantité des sucs gastriques et rend le contenu de l'estomac plus acide. Il irrite l'oesophage et l'estomac et peut causer des sensations de brûlures et des douleurs intenses. Dans certains cas, l'alcool peut entraîner des saignements importants et provoquer des hémorragies.

Les effets de l'alcool sur le pancréas provoquent souvent de la diarrhée et la pancréatite n'est pas rare chez les alcooliques. Le foie n'est pas en reste. À la longue, il présente une surcharge graisseuse et une stéatose alcoolique qui peut évoluer vers l'hépatite alcoolique et la cirrhose, deux maladies potentiellement mortelles.

Système cardio-vasculaire

Si une consommation modérée d'alcool tend à faire baisser la tension artérielle, c'est tout le contraire en cas d'abus. L'alcool vient au troisième rang des causes de l'hypertension artérielle, après l'âge et le poids corporel. À cette tension artérielle élevée s'ajoute un affaiblissement du muscle cardiaque, ce qui peut provoquer des troubles cardiaques chez les consommateurs chroniques.

Grossesse

Le syndrome d'alcoolisme foetal est reconnu comme une des premières causes évitables de malformations congénitales et de retard de développement infantile au Canada. Les conséquences de ce syndrome sont un retard de croissance prénatal ou postnatal, des atteintes du système nerveux central, des retards de développement, des troubles de comportement et d'apprentissage, des déficits intellectuels et des malformations cérébrales.

Pour diagnostiquer l'alcoolisme, il est moins important de connaître les quantités d'alcool qu'une personne consomme que de savoir comment cette consommation affecte les différents aspects de sa vie. Il existe de nombreux questionnaires pouvant aider au diagnostic. Un des plus simples se résume à quatre questions:
  • Avez-vous déjà pensé à diminuer ou à arrêter votre consommation d'alcool?
  • Recevez-vous des commentaires négatifs de la part de votre entourage concernant votre consommation d'alcool?
  • Vous sentez-vous coupable lorsque vous buvez ou lorsque vous avez bu?
  • Ressentez-vous le besoin de consommer de l'alcool pour vous remettre le lendemain d'un abus?
  • Des examens physiques et des tests de laboratoire peuvent être effectués pour diagnostiquer toute maladie ou condition reliée à la consommation d'alcool.

L'alcoolisme est une maladie chronique dont la rémission dépend seule de l'abstinence. Le traitement de l'alcoolisme comprend donc habituellement deux phases: la désintoxication et la réhabilitation. La phase de désintoxication est différente d'une personne à l'autre et dépend de la sévérité de l'alcoolisme, de sa durée et de la quantité d'alcool consommé.

Certaines personnes ne ressentiront que des symptômes légers comme des nausées, des maux de tête, des tremblements et de l'anxiété. Dans les cas les plus sévères, il peut y avoir des hallucinations, de la confusion et une agitation pouvant aller jusqu'au delirium tremens. Certains médicaments, dont les benzodiazépines, sont utiles dans le sevrage alcoolique médicalement supervisé. Ils servent à réduire les symptômes du sevrage sévère. La phase de réhabilitation consiste à demeurer abstinent.

Les thérapies individuelles ou familiales et les groupes d'entraide sont souvent utiles. Le premier pas vers la réhabilitation est de reconnaître qu'on a un problème d'alcool. Même si les rechutes sont fréquentes, de nombreux alcooliques réussissent à vaincre leur maladie et peuvent mener une vie normale en demeurant sobre.

Lorsque la personne alcoolique est en période de rémission et ne consomme donc plus d'alcool, il serait bénéfique pour elle de faire faire une évaluation nutritionnelle (par un(e) diététiste/nutritionniste) permettant d'évaluer son état nutritionnel et ses besoins de suppléments alimentaires. Privilégier une alimentation équilibrée basée sur le Guide alimentaire canadien avec suppléments de vitamines et minéraux visant à corriger les carences causées par un excès chronique d'alcool. Éviter l'excès de caféine.

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