Guide des maladies

Accident vasculaire cérébral (AVC)

Accident vasculaire cérébral (AVC)

Guide des maladies Photographe : iStock Auteur : Coup de Pouce

Guide des maladies

Accident vasculaire cérébral (AVC)

L’AVC se produit quand la circulation du sang est interrompue dans une partie du cerveau ou quand un saignement incontrôlé survient à l’intérieur du cerveau. Au Canada, 62 000 AVC se produisent chaque année.

Un AVC est un arrêt subit du fonctionnement du cerveau. Il est causé par l'arrêt de la circulation sanguine vers le cerveau (AVC ischémique) ou par la rupture d'un vaisseau sanguin dans le cerveau (AVC hémorragique) provoquant ainsi la mort des cellules cérébrales de la partie du cerveau touchée. Les séquelles d'un AVC dépendent de la zone endommagée et de l'étendue des dommages.

Environ 20% du sang pompé par le cœur se dirige vers le cerveau, qui est extrêmement sensible à toute interruption de l'apport en oxygène. Si l'apport en sang et en oxygène est coupé suffisamment longtemps, une partie des cellules du cerveau mourront. Mis à part le manque d'oxygène, d'autres réactions chimiques en chaîne, déclenchées par la privation d'oxygène, contribuent à la mort du tissu cérébral. L'ischémie (l'interruption de la circulation sanguine) dans le cerveau entraîne différents problèmes selon la zone touchée du cerveau et l'étendue des dommages. Les parties du corps contrôlées par les parties endommagées du cerveau ne pourront plus alors fonctionner correctement.

L'AVC est la troisième cause de mortalité au Canada après le cancer et les maladies du cœur; c'est également une des premières causes d'invalidité ou de perte d'autonomie. Bien qu'il survienne plus fréquemment chez les personnes de plus de 70 ans, l'AVC frappe de façon inattendue. En effet, des études révèlent une hausse importante de cas chez les moins de 70 ans: au cours de la dernière décennie, les cas d'AVC ont augmenté de 24% chez les personnes dans la cinquantaine, et de 13% chez celles dans la soixantaine. Des études internationales récentes prédisent également que les taux d'AVC doubleront chez les personnes plus jeunes (de 24 à 64 ans) au cours des 15 prochaines années.

Les causes majeures de l'AVC demeurent l'hypertension artérielle et l'hypercholestérolémie. L'embonpoint, le diabète, la fibrillation auriculaire (type d'arythmie), la sédentarité, l'athérosclérose, la consommation excessive d'alcool, le tabagisme et le stress sont également des facteurs de risque. Parmi les facteurs de risque incontrôlables, notons l'âge, le sexe, les antécédents familiaux, l'origine ethnique et les AVC antérieurs. En effet, les risques d'être victime d'un AVC augmentent après l'âge de 65 ans; plus de femmes que d'hommes meurent d'un AVC; les autochtones, les personnes d'origine africaine et sud-asiatique sont plus susceptibles que la population en général de souffrir d'hypertension artérielle et de diabète, deux facteurs de risque de l'AVC.

Il y a deux types d'AVC: ischémiques et hémorragiques.

Dans la majorité des cas, les AVC sont ischémiques, c'est-à-dire qu'ils sont causés par un caillot sanguin qui interrompt la circulation sanguine dans le cerveau. On parle d'AVC thrombotique lorsqu'un caillot se forme à l'intérieur d'une artère cérébrale et d'AVC embolique lorsqu'un caillot se forme ailleurs dans le corps (cœur, cou, carotide) et qu'il est transporté dans le cerveau par la circulation sanguine. Par exemple, la fibrillation auriculaire, la forme d'arythmie cardiaque la plus fréquente au pays, représente une des causes principales de la formation de caillots dans le cœur. L'infarctus du myocarde (ou crise cardiaque) peut également en être une cause, si une paroi cardiaque fraîchement endommagée ne pompe pas correctement et forme un thrombus mural (un caillot qui est fixé ou accroché à la paroi du cœur).

L'AVC ischémique survient souvent chez les personnes souffrant d'athérosclérose, une condition qui peut entraîner le rétrécissement ou le blocage des vaisseaux sanguins qui alimentent le cerveau, ralentissant ou obstruant la circulation sanguine dans le cerveau.

L'ischémie cérébrale transitoire (ICT), qu'on appelle parfois un mini-AVC, est une interruption temporaire de la circulation sanguine dans le cerveau. Les signes avant-coureurs sont semblables à ceux de l'AVC ischémique, sauf qu'ils se résorbent naturellement après quelques minutes ou quelques heures (plusieurs personnes en font sans le savoir). À la suite d'une ICT, les risques de faire un AVC dans les 90 jours suivants sont de l'ordre de 10 à 20 %. Les personnes qui font une ICT sont aussi cinq fois plus sujettes que le reste de la population à subir un AVC au cours des deux années suivantes.

Les AVC hémorragiques sont quant à eux causés par un saignement incontrôlé dans le cerveau, y perturbant la circulation sanguine normale et y détruisant les cellules cérébrales. Il y a deux types d'AVC hémorragiques: l'hémorragie subarachnoïde (caractérisée par un saignement incontrôlé entre le cerveau et la boîte crânienne) et l'hémorragie intracérébrale (lorsqu'une artère dans le cerveau se rompt).

L'hémorragie peut être causée par:

  • un anévrisme: une section de la paroi d'un vaisseau sanguin se gonfle de sang et forme un renflement, qui peut être rompu à cause d'une hypertension artérielle ou d'un traumatisme. L'anévrisme peut présenter des symptômes précurseurs comme un mal de tête très violent. La rupture peut survenir durant le sommeil ou lorsqu'il y a élévation soudaine de la pression (toux, exercice physique intense, orgasme).
  • une malformation artérioveineuse: généralement présente dès la naissance, une malformation des vaisseaux sanguins dans le cerveau affaiblit les parois des artères.
À lire aussi:
La fibrillation auriculaire provoque cinq fois plus d'AVC
Les symptômes d'un AVC varient selon la cause (hémorragique ou ischémique), la localisation et la gravité du dommage cérébral. Les symptômes vont d'un léger engourdissement à la paralysie complète. Étant donné que plusieurs fonctions sont contrôlées par des côtés opposés du cerveau, des dommages au côté gauche du cerveau vont affecter le côté droit du corps et vice versa. Les principaux signes d'un AVC sont:
  • l'affaissement du visage
  • l'incapacité de lever les deux bras normalement
  • le trouble de la parole ou de la prononciation.

Lorsque les signes de l'AVC sont reconnus, il est primordial de téléphoner au 9-1-1 ou au numéro local d'urgence sans attendre. Agir rapidement permet d'augmenter les chances de rétablissement et de survie. Il est important de ne pas faire fi des symptômes d'un AVC même si, de prime abord, ils semblent insignifiants et même s'ils disparaissent complètement. Les symptômes peuvent durer seulement de 10 à 15 minutes, mais le fait d'en tenir compte peut prévenir des dommages encore plus dévastateurs.

À lire aussi: AVC : 3 symptômes à reconnaître, VITE!

La confirmation du diagnostic de l'AVC se fait à l'aide du CT scan (tomodensitométrie) ou de l'imagerie à résonance magnétique (IRM). La recherche de la cause inclura habituellement un examen nommé Doppler cervico-encéphalique, qui permet de «voir» les artères nourricières du cerveau et en particulier les carotides. Une échographie cardiaque est parfois utile. Au cours d'un examen physique, le médecin recherche les signes d'atteinte neurologique, perte de la force et de la sensibilité. Il pourra aussi rechercher la présence d'un souffle au niveau du cou, qui suggérerait la présence de lésions athéromateuses (dégénérescence à l'intérieur des artères) menant au blocage des carotides. De façon simple, le médecin cherchera à éliminer l'hypertension artérielle et la présence d'une arythmie cardiaque.


Plusieurs médicaments, tels que le tPA, un anticoagulant, un antiplaquettaire ou des médicaments qui réduisent la pression artérielle et le cholestérol, peuvent être prescrits aux gens qui ont subi un AVC.

Dans certains cas, le tPA, un médicament visant à dissoudre un caillot responsable de l'AVC, sera administré. Ce médicament doit être donné dans les trois heures suivant l'apparition des signes, c'est pourquoi il faut se rendre à l'urgence dès le début des symptômes!

Dans certains cas, une intervention chirurgicale sera pratiquée pour réparer les dommages causés par l'AVC ou pour l'empêcher de se produire. Des interventions non chirurgicales, tels que l'angioplastie ou l'embolisation, pourraient aussi s'avérer nécessaires.

Peu importe la cause, et d'une manière générale, l'AVC est un diagnostic sérieux qui peut laisser des séquelles importantes, d'où la nécessité de contrôler au maximum les facteurs de risque.


Le traitement et la réhabilitation à la suite d'un AVC dépendent de sa gravité et de ses effets. Les parties non endommagées du cerveau continuent à fonctionner aussi bien qu'avant. Toutefois, même des lésions mineures peuvent rendre des tâches élémentaires difficiles à réaliser.

De façon générale, une atteinte du côté gauche du cerveau entraînerait:

  • une paralysie ou faiblesse du côté droit du corps;
  • une approche lente, hésitante et anxieuse;
  • de la dysarthrie (difficulté d'articulation des mots);
  • des problèmes de déglutition;
  • des tâches familières effectuées de manière désorganisée;
  • de l'aphasie (difficulté de lecture, d'écriture et de langage);
  • il peut y avoir un trouble de la parole, mais non de la compréhension.

Alors qu'une atteinte du côté droit du cerveau entraînerait:

  • une paralysie ou faiblesse du côté gauche du corps;
  • une difficulté à effectuer des tâches particulières (lancer, attraper), incapacité à juger des distances, de l'espace, de la position et du mouvement;
  • de la difficulté à reconnaître les visages et endroits familiers;
  • une attitude impulsive (difficulté à transmettre les émotions);
  • des pertes de mémoire, des problèmes à retenir les dates et les rendez-vous, de la difficulté à apprendre de nouvelles tâches;
  • des problèmes dans le positionnement des mains et des pieds;
  • des trébuchements fréquents;
  • une conduite dangereuse ou des traversées de route hasardeuses;
  • un mauvais jugement de ses propres capacités;
  • un besoin d'encouragements à aller doucement, à recommencer, à prendre son temps.


On estime que 80% des AVC précoces pourraient être évités par l'adoption de mesures préventives qui sont l'essentiel de la thérapie d'aujourd'hui. Ces mesures préventives sont:
  • Contrôler et prévenir le diabète.
  • Contrôler le taux de cholestérol.
  • Éliminer le tabagisme.
  • Contrôler l'hypertension artérielle.
  • Pratiquer un minimum de 150 minutes d'activité physique d'intensité modérée à élevée par semaine.
  • Avoir une saine alimentation.
  • Diminuer les situations de stress.


À lire aussi:
Maladies du cœur et AVC: les femmes sont aussi à risque!
Mon cerveau est-il en forme?

Commentaires

Partage X
Guide des maladies

Accident vasculaire cérébral (AVC)

Se connecter

S'inscrire