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Elles bougent pour une cause: le défi de Sophie Thouin

Elles bougent pour une cause: le défi de Sophie Thouin

Auteur : Coup de Pouce

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Elles bougent pour une cause: le défi de Sophie Thouin

Sans être des sportives de haut niveau, elles allient bonne forme et bonne cause. Portrait de trois femmes inspirantes.

Sophie, 35 ans, a longtemps enfilé les kilomètres au gym, seule sur son tapis roulant. Courir n'était pas un jeu, mais de l'exercice pour se garder en forme. Aucun plaisir et surtout, personne pour l'encourager, la motiver, courir à ses côtés. Un jour, en janvier 2011, pendant qu'elle s'entraînait, elle a vu à la télé une publicité de Team in Training. Ce programme d'entraînement, chapeauté par la Société de leucémie et lymphome du Canada, soutient les personnes qui s'inscrivent à un marathon d'envergure quelque part dans le monde pour amasser des fonds (au choix: Madrid, Red Rock Canyon, Disney, San Diego, etc.). On offre aux participants les conseils d'un entraîneur, des programmes d'entraînement, des conseils en nutrition, etc. C'était ce qu'il fallait à Sophie: ne pas courir seule, être accompagnée, bouger pour une cause. «J'ai toujours voulu courir. Je trouvais les gens qui le faisaient vraiment impressionnants. Mais moi, participer à un marathon? Dans mes rêves! L'idée de parcourir une aussi longue distance que le demi-marathon était carrément impensable.»

Un an plus tard, la vie de Sophie a changé. Elle a couru plus de 1 000 km et participé à plus de 150 courses et à un marathon à San Diego avec plus de 30 000 autres coureurs. «Pourtant, j'étais l'exemple type de la fille pas en forme avec un surplus de poids, mais j'ai foncé et relevé le défi. Ce qui m'a aidée, c'est que je n'étais pas seule. On pense que la course à pied, c'est naturel, mais ça ne l'est pas du tout. Je n'aurais peut-être pas continué si je n'avais pas eu les conseils des pros de Team in Training. C'est réconfortant de se faire dire que c'est normal d'avoir parfois tellement mal aux jambes qu'on a peur de ne pas être capable de marcher le lendemain! On a besoin de cela!»

Sa motivation, Sophie l'a aussi trouvée dans les témoignages qu'elle a entendus au cours de sa collecte de fonds. Pour elle, ce n'est pas seulement un engagement entre elle et la cause, c'est bien plus. «Quand les gens me donnaient des sous et me racontaient l'histoire d'une personne qui avait combattu la maladie, je mettais son nom sur mon chandail. Quand je cours à - 30°C, que j'ai les pieds mouillés, que j'ai envie de chialer et que je me demande dans quoi je me suis embarquée, je regarde les noms et je pense à eux, qui ont fait de la chimio.

Ça aide à mettre les choses en perspective.» Elle a amassé les 4 000 $ nécessaires pour faire le marathon de San Diego... et a même dépassé son objectif en récoltant 5 300 $ à coup de dons qu'elle sollicitait souvent en disant: «Ce matin, pendant que vous dormiez et qu'il faisait - 29°C, je courais pour amasser des sous pour la recherche sur les cancers du sang.» Avec cet argent, elle a pu financer cinq semaines de recherche pour un chercheur.

Une grande fierté!

Le 5 juin, elle a couru à San Diego et terminé sa course. «L'ambiance était complètement survoltée. J'avais le coeur qui débattait. Autour de moi, il y avait une marée de monde. Ça nous a pris une heure et quart avant de franchir la ligne de départ. J'étais à la fois excitée et terrorisée.» Un petit problème de santé l'a menée à l'hôpital après sa course. «Pendant que j'avais un soluté pour reprendre des forces, je pensais à mon prochain événement et à la planification de ma collecte de fonds. C'était clair: j'allais recommencer. Quand tu commences à courir, tu deviens accro!»

À sa sortie de l'hôpital quelques heures plus tard, elle a rejoint les 50 coureurs de Montréal pour un souper. «Quand j'ai vu toute mon équipe venir vers moi pour me demander comment j'allais, j'ai compris la puissance d'une équipe!» Elle s'est aussi sentie à sa place. Bien loin de la fille qui «rushait» au gym sans aucune passion, six mois plus tôt. Mais plus encore, courir pour cette cause a changé le regard qu'elle porte sur sa vie. «Je ne fais pas une course sans qu'à un moment je me passe le commentaire: "Eh, que je suis chanceuse!"»

Sa cause

Team in Training de la Société de leucémie et lymphome du Canada (cancers du sang)

Team in Training est né en 1988. Un Américain avait organisé une collecte de fonds en s'entraînant pour le marathon de New York en l'honneur de sa fille, survivante de la leucémie. Désormais, grâce à la recherche, 90 % des enfants atteints de leucémie s'en sortent, alors qu'il y a 50 ans, le prognostic était très sombre. L'argent amassé par les équipes de coureurs sert aux différents services offerts aux patients ainsi qu'à la recherche.

 

À LIRE: Elles bougent pour une cause: le défi de Catherine Myrand

 

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