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Effets des dimensions du coeur sur la santé

Effets des dimensions du coeur sur la santé

� Istockphoto.com Photographe : � Istockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

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Effets des dimensions du coeur sur la santé

Plusieurs personnes croient que l’entraînement intensif peut provoquer une augmentation des dimensions du cœur et que cela pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur la santé ou sur la performance. Est-ce vrai?

Cette idée s'est répandue au cours des années 1970, d'abord en France, puis dans certains autres pays, particulièrement dans les milieux du cyclisme et de l'athlétisme. À cette époque, des experts disaient que l'entraînement «en résistance» (aujourd'hui on dirait l'entraînement de la capacité anaérobie), qui comprend par exemple des sprints ou de la musculation, augmente l'épaisseur des parois du coeur au détriment de sa cavité.


Ces experts disaient (et les sportifs les croyaient) qu'il fallait d'abord s'entraîner en endurance pour augmenter le volume de la cavité du coeur avant de s'entraîner «en résistance», sans quoi on risquait de voir les parois du coeur «étouffer» sa cavité. Ainsi, des milliers de sportifs «intoxiqués» par cette idée ont du s'astreindre à s'entraîner à une intensité plutôt faible (ex. fréquence cardiaque sous la barre des 140 bpm).

«Coeur d'athlète» et maladies cardiaques

En fait, l'expression «coeur d'athlète» a été introduite au début du siècle dernier lorsque des observations effectuées à l'autopsie ont révélé que le coeur de certains athlètes d'endurance, particulièrement des cyclistes et des marathoniens, présentait des dimensions supérieures à la normale. Or, un certain nombre de maladies cardiaques, notamment la sténose et l'insuffisance aortiques, sont associées à une hypertrophie du myocarde, c'est-à-dire une augmentation de la grosseur du muscle cardiaque. Pour cette raison, on a souvent fait l'erreur de penser que le «coeur d'athlète» pouvait être pathologique.


Depuis l'apparition de l'échocardiographie à la fin des années 1970, des mesures des dimensions du coeur effectuées avant et après une période d'entraînement plus ou moins intensif indiquent qu'au contraire, le coeur des athlètes est généralement en excellente condition.

Faut-il avoir le coeur gros pour performer?

En fait, il n'est pas nécessaire d'avoir un coeur hypertrophié (un gros coeur) pour exceller dans le sport. Des athlètes de très haut niveau ont un coeur qui n'est pas nécessairement très gros, ce qui ne les empêche pas de posséder des qualités physiques exceptionnelles. Le coeur apparemment hypertrophié de certains athlètes est dû à leurs proportions physiques générales davantage qu'à leur entraînement: les athlètes grands et costauds ont plus de chances d'avoir un gros coeur que les petits et minces.

Entraînement et modification du coeur

Les programmes d'entraînement intensifs, qu'ils soient en force (ex. haltérophilie), en puissance (ex. sprint en athlétisme) ou en endurance (ex. marathon), ne provoquent que des modifications très faibles, voire nulles, des dimensions du coeur; ils n'endommagent pas ce dernier, mais, au contraire, ils améliorent la fonction cardiaque. Si on a parfois observé une augmentation du diamètre de la cavité interne ou de l'épaisseur des parois du ventricule après l'entraînement en endurance, ces différences sont inférieures à la marge d'erreur de l'échocardiographie. Elles pourraient être partiellement ou totalement expliquées par la diminution de la fréquence cardiaque au repos ou l'augmentation du volume sanguin, qui sont des adaptations bien connues de l'entraînement en endurance (remplissage accentué du ventricule gauche, d'où l'impression que le volume a augmenté).


Par ailleurs, les éventuels changements des dimensions du coeur dus à l'entraînement semblent encore plus insignifiants lorsqu'on les compare aux (très importantes) hypertrophies observées chez les personnes souffrant de certaines pathologies du système circulatoire.

Hypertrophie du coeur

Bref, les sportifs qui craignent de se retrouver avec un coeur hypertrophié n'ont pas à s'en faire. Toutes les formes d'entraînement s'accompagnent d'adaptations bénéfiques, sans qu'il y ait nécessairement modification des dimensions du coeur. L'important, donc, n'est pas tellement d'avoir un gros coeur, mais bien d'avoir du coeur!

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