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Comment choisir son gym?

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Auteur : Coup de Pouce

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Comment choisir son gym?

Avant de s'abonner au gym, il y a une foule d'aspects à considérer. Et ça vaut la peine de faire l'exercice pour ne pas tout laisser tomber après un mois. Voici les questions qu'on doit se poser.

1. Qu'est-ce que j'ai envie de faire?

«Avant tout, il faut déterminer nos besoins. On doit d'abord se demander ce qu'on aime faire», indique Doris St-Arnaud, spécialiste de l'activité physique et auteure de plusieurs livres sur la mise en forme. Par exemple, si on aime les activités aquatiques, on se tournera vers un centre avec piscine; si on désire essayer les cours en groupe mais qu'on ne sait pas quoi choisir, on regardera du côté des gyms qui en offrent une variété.

«C'est selon les goûts et les attentes de chacun», indique Jonathan Tremblay, directeur scientifique au Centre national multisport de Montréal et professeur au département de kinésiologie de l'Université de Montréal. «Il existe des centres spécialisés en perte de poids, des centres qui offrent des entraînements personnalisés pour athlètes, etc., mais les gyms appréciés des débutants sont ceux des grandes chaînes (YMCA, Énergie Cardio, Nautilus Plus) parce qu'ils offrent une gamme d'activités permettant d'essayer plusieurs choses et de trouver ce qu'on aime.»

Karine Larose, directrice des communications pour Nautilus Plus, confirme qu'il faut garder l'esprit ouvert. «Même si au début, on pense qu'on va faire juste un peu de vélo stationnaire avec des exercices de musculation, il se peut qu'au bout d'un mois on ait le goût d'essayer autre chose, comme un cours de Zumba ou de Cardio kick boxe! On privilégie un centre qui offre une variété de services, car nos besoins évoluent à mesure qu'on s'entraîne.»

La diversité, c'est important, confirme Sophie Dupontgand, gestionnaire des programmes Santé, sports et loisirs au YMCA du Québec. «Une des premières causes d'abandon, c'est l'ennui, dit-elle. Dans un centre où l'on peut suivre un cours d'aquaforme un jour, un cours de yoga le lendemain, soulever des poids et jouer au badminton avec un ami le samedi, le risque de s'ennuyer est faible.»  

2. Est-ce que c'est loin?

Idéalement, le gym devrait se situer à moins de 5 km de la maison ou de notre lieu de travail, dit Doris St-Arnaud. Si c'est trop loin, on va finir par décrocher et y aller moins souvent. Pour rester motivée, il faut que ce soit simple et pratique, surtout l'hiver, quand il faut déneiger l'auto avant de partir!» Elle ajoute qu'on devrait aussi vérifier s'il y a suffisamment de places de stationnement autour, ou encore si on peut facilement s'y rendre en transport en commun.

3. Est-ce que les horaires me conviennent?

Ce n'est pas tout de trouver la salle de musculation de nos rêves ou la variété de cours qui nous attire. «On doit aussi vérifier si les heures d'ouverture correspondent à nos besoins», avertit Jonathan Tremblay. La salle de musculation est-elle ouverte tôt le matin pour celles qui aiment s'entraîner avant d'aller travailler? Jusqu'à quelle heure peut-on y aller le soir? Le gym est-il ouvert les samedis et dimanches?

On étudie attentivement la grille horaire pour s'assurer que les cours qui nous intéressent sont offerts aux moments qui nous conviennent. Ça ne donne rien de s'abonner dans un centre qui propose une foule de cours attrayants s'il n'y a rien d'intéressant aux heures où on ira. Dans ce cas, on sera peut-être plus heureuse dans un plus petit centre qui offre le cours qu'on aime à une heure qui nous va.

4. Le personnel est-il qualifié?

Doris St-Arnaud conseille de s'assurer que les entraîneurs sont certifiés par une association reconnue comme YMCA, CanFitPro, Énergie Cardio et Nautilus Plus. «Il existe des certifications d'entraîneur en salle, d'entraîneur personnel et d'instructeur de cours en groupe, dit-elle. Habituellement, ces attestations sont affichées; sinon, on peut nous les montrer sur demande. Le personnel certifié a appris, par exemple, comment corriger les erreurs pour éviter les blessures, il sait quoi faire et quoi éviter dans une période aérobique, quels étirements utiliser, etc. De plus, il a reçu une formation en RCR et sait comment agir en cas d'accident.»

Jonathan Tremblay estime que des kinésiologues sont un gage de qualité. «Les entraîneurs diplômés en kinésiologie sont en mesure d'effectuer une évaluation détaillée de notre condition physique. Ils peuvent nous proposer un programme d'entraînement adapté à nos capacités.» Il note que de plus en plus de centres embauchent des bacheliers ou des étudiants de 2e ou 3e année en kinésiologie.

Karine Larose, de Nautilus Plus, est encore plus formelle: «Pour proposer des entraînements adaptés à nos besoins, il faut que les entraîneurs aient une formation universitaire en sciences de l'activité physique, en kinésiologie ou en physiothérapie. Notre corps réagit différemment selon notre âge, selon qu'on est en préménopause, qu'on a fait ou non des régimes, qu'on présente une vieille blessure, qu'on souffre d'une maladie, etc.» D'ailleurs, selon Jonathan Tremblay, plus ça fait longtemps qu'on n'a pas fait d'exercice, moins on est en forme, plus on a besoin de supervision et plus on devrait miser sur un centre qui emploie des instructeurs diplômés.

5. L'endroit me plaît-il?

Prochaine étape: on visite les centres qui nous attirent pour voir l'ambiance qui y règne et le type de clientèle qui les fréquente. On s'y rend à l'heure où on compte y aller, car l'atmosphère et l'affluence ne sont pas toujours les mêmes. On vérifie...

La qualité des lieux. Les salles de cours, la salle de musculation, les vestiaires, les douches et la piscine sont-ils propres? Est-ce assez spacieux? Se sent-on à l'aise? La musique nous plaît-elle? Est-elle agressante? En bref, on essaie de voir si on aura envie de venir passer une ou deux heures dans cet environnement une, deux ou trois fois par semaine. «Si on n'est pas trop gênée, on peut interroger des clients, suggère Doris St-Arnaud. On peut leur demander pourquoi ils ont choisi ce centre, ce qu'ils aiment, s'ils voient des inconvénients.»

Les appareils. «On regarde s'ils sont en bon état, suggère Doris St-Arnaud. S'il y en a deux sur dix qui sont hors d'usage, ce n'est pas bon signe. On vérifie s'il y en a suffisamment pour la clientèle présente.» «On s'assure aussi qu'il y a une variété dans les équipements», poursuit Jonathan Tremblay. Par exemple, pas seulement des vélos stationnaires pour le cardio, mais aussi des tapis de course, des appareils elliptiques et des escaladeurs. «On regarde s'il y a assez d'espace entre les appareils pour bouger sans accrocher ses voisins, ajoute-t-il. Et la salle de musculation devrait avoir un espace réservé pour les exercices avec poids libres.»

L'approche client. La visite permet aussi d'observer l'attitude du personnel envers la clientèle. On peut voir comment on est accueillie, si le personnel est à l'écoute de nos besoins, s'il répond bien à nos questions.

6. Combien ça coûte?

Suivant le centre et les forfaits offerts, l'abonnement à un gym coûte de 40 $ à 90 $ par mois. Parfois, des frais d'adhésion s'appliquent. L'abonnement annuel est souvent plus avantageux que le tarif au mois. «Mais, si on ne s'est jamais entraînée et qu'on n'est pas certaine d'aimer ça, je conseille un abonnement de un, deux ou trois mois maximum, dit Doris St-Arnaud. C'est plus prudent.» Quand on sera convaincue que c'est le bon centre pour nous, on pourra prendre un abonnement annuel.

On ne devrait pas céder à une promotion. «Ne vous sentez pas bousculée, prenez-le temps d'y penser, poursuit-elle. Des offres spéciales, il y en a régulièrement.» De plus, on devrait toujours demander un laissez-passer d'une journée ou une classe d'essai avant de signer quoi que ce soit. «Les centres offrent tous une journée d'essai. Je me méfierais si on me la refusait.» Avant de signer, on ramène le contrat chez nous pour le lire attentivement. On vérifie s'il comprend tout ce que le représentant nous a promis.

7. Et si j'ai envie de tout lâcher après un mois?

«Normalement, notre programme d'exercice devrait changer après 4 ou 5 semaines, dit Jonathan Tremblay. Si, après ce délai, on utilise encore le même programme, il y a de bonnes chances qu'on s'ennuie.» Avant d'abandonner, on devrait en discuter avec un entraîneur. Il pourra nous proposer autre chose. «On peut améliorer notre condition physique sensiblement en un mois, surtout si on part de loin. Alors, même si, au départ, on ne se sentait pas à l'aise d'essayer un cours d'aérobie, il est possible qu'après quatre semaines on soit prête à le faire», ajoute-t-il. On ne devrait pas abandonner sans rien dire. En parler, ça pourrait sauver notre abonnement!

En cas d'abandon, Éducaloi, l'organisme d'information juridique, indique qu'on peut résilier notre contrat sans avoir à donner de motifs. Pour ça, il faut toutefois que moins du dixième de la durée de notre abonnement soit écoulé (exemple: pour résilier un contrat d'un an, on a 36 jours). Le gym, de son côté, pourra garder 1/10 du prix de l'abonnement. Pour mettre fin à notre contrat, on envoie un avis écrit au gym, qui aura alors 10 jours pour nous rembourser le reste de la somme payée. Passé ce délai, aucun remboursement n'est possible, à moins que le contrat ne le spécifie. C'est pourquoi on recommande aux incertaines de prendre le plus court abonnement possible.

Et nos enfants?

Plusieurs centres de conditionnement physique ont pris le virage famille et offrent un service de garde. «C'est de plus en plus fréquent de trouver une halte-garderie où laisser les enfants pendant qu'on s'entraîne, note Doris St-Arnaud. Ce n'est cependant pas inclus dans l'abonnement. Généralement, on paie à l'heure quand on utilise le service.» (Env. 5 $ à 7 $ l'heure, d'après nos recherches.)

D'autres centres offrent des cours pour les enfants à la même heure que les cours des parents. «Certains centres comme le YMCA proposent aussi certains cours parents-enfants, ajoute Sophie Dupontgand. Par exemple, on a des cours d'arts martiaux et de badminton familiaux.» Ça vaut la peine de s'informer sur ce genre de services pour favoriser la conciliation sport-famille!

«Avant de confier notre petit à la halte-garderie, on profite de notre première visite pour y jeter un coup d'œil», conseille Doris St-Arnaud. On parle à la personne responsable pour connaître le fonctionnement: comment réserver une place, les activités prévues, le ratio d'enfants, etc. On vérifie aussi les installations: s'il y a 50 enfants dans un local de 10 pi x 10 pi, c'est pas l'idéal!»

Un entraîneur privé, est-ce nécessaire?

Les abonnements de base comprennent souvent une première rencontre avec un entraîneur pour établir notre routine. Selon Jonathan Tremblay, on devrait toutefois considérer la possibilité d'avoir recours à un entraîneur personnalisé sur une base régulière. «Des études montrent qu'avoir quelqu'un qui nous dirige, ça améliore la qualité de notre entraînement, dit-il. Ça coûte plus cher, mais ça permet de garder sa motivation et d'obtenir des résultats. L'investissement vaut le coût, car le manque de supervision est un facteur d'abandon. C'est difficile d'amorcer un programme d'exercice, ça demande de la discipline. Laissée à soi-même, ce n'est pas facile de maintenir le rythme.»

L'entraineur personnel procède à une évaluation de notre condition physique, voit quels sont nos besoins, nos attentes et nos objectifs, et nous crée un programme adapté. Ce service n'est pas inclus dans l'abonnement et coûte 45 $ à 65 $ l'heure.

«L'entraîneur privé nous assure des entraînements efficaces, renchérit Karine Larose. On peut le voir une fois par semaine au début et, par la suite, une fois par mois. Ça crée un rendez-vous et ça met un peu de pression pour se motiver. Chez Nautilus Plus, on offre l'entraînement personnalisé à plusieurs, qui permet de partager les frais d'un entraîneur privé pendant une heure avec une amie.»

Les gyms et la loi

L'Office de protection du consommateur prévient que tout contrat conclu avec un «studio de santé» ne doit pas excéder un an ni contenir de clause de renouvellement automatique. On ne signe pas de contrat si ces deux règles ne sont pas respectées. On devrait aussi vérifier sur le site de l'Office de la protection du consommateur si le centre choisi détient un permis. Cela nous assure notamment qu'on sera dédommagée en cas de faillite ou de fermeture. On peut aussi vérifier sur ce site si le centre a déjà fait l'objet de plaintes. Si le coût de notre contrat d'abonnement dépasse 100 $, la Loi sur la protection du consommateur impose qu'on nous permette de payer en au moins deux versements égaux. De nombreux centres proposent des paiements mensuels prélevés sur notre carte de crédit ou directement dans notre compte de banque.

Pour en savoir plus: Office de la protection du consommateur

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