Vie de famille

Le casse-tête des lunchs à l'école

Anne Villeneuve Auteur : Coup de Pouce Crédits : Anne Villeneuve

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Le casse-tête des lunchs à l'école

Entre les goûts de nos enfants et les règles de l'école, préparer la boîte à lunch cinq fois par semaine, peut être un vrai casse-tête. Notre journaliste nous confie son ras-le-bol.

Je préfère préparer les lunchs de mes enfants le soir, quand ils sont couchés. Ça me permet d'éviter les discussions sans fin sur le choix des crudités ou la saveur de yogourt et de glisser en douce - de temps en temps! - un brownie maison un peu cochon dans leur sac pour leur faire une surprise. Moi, ça me fait du bien, quelques carrés de chocolat après une dure journée; j'ai longtemps pensé que ma fille appréciait aussi.

Puis, je me suis mise à retrouver ces petites attentions enfouies au fond du sac à lunch, intouchées. «Maman, ce n'est pas santé. C'est un aliment mauvais, et je n'ai pas le droit d'en manger à l'école», m'a-t-elle expliqué, en chuchotant comme une conspiratrice.

Qu'on s'entende bien: je ne suis pas contre les règles concernant les lunchs et les collations. Qu'elles protègent les enfants allergiques, ça me convient. Mais qu'elles encouragent les enfants à cacher de la nourriture, ça m'inquiète un peu.

Pour Stéphanie Côté, nutritionniste, il y a beaucoup plus d'inconvénients que d'avantages à catégoriser les aliments. «Il n'y a pas de bons ni de mauvais aliments. Cela crée une division dans l'esprit de l'enfant. D'un côté, il y a des aliments interdits - qui deviennent alors plus attirants -, et de l'autre, les aliments qu'on est obligés de manger parce qu'ils sont bons pour nous. Cette attitude exclut totalement deux aspects: celui du plaisir de manger, mais aussi celui de la satiété.» Selon elle, on devrait plutôt expliquer à nos enfants que tous les aliments ont une place dans leur assiette, mais que certains doivent être présents plusieurs fois par semaine et d'autres, à l'occasion seulement.

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«Je n'ai pratiquement jamais eu de difficulté avec les enseignants de mes enfants», insiste Catherine, une maman dont un des fils est allergique au lait. Comme les collations acceptées à l'école de ses enfants ne peuvent être que des fruits, des légumes ou des produits laitiers, elle a convenu en début d'année avec l'enseignante que son fils apporterait parfois des collations différentes, histoire de varier un peu son alimentation. «Malheureusement, la journée où fiston a apporté une tranche de pain à la courgette et à la caroube, il est tombé sur une suppléante qui a refusé qu'il mange sa collation, convaincue que c'était du "dangereux" chocolat», raconte-t-elle, un brin ironique. À part un appétit de loup ce midi-là, pas de drame. Mais c'est une belle preuve que même si la plupart des politiques alimentaires scolaires stipulent que la responsabilité première de l'alimentation revient aux parents, la réalité est parfois toute autre.

De mon côté, je n'aime pas qu'on jette un oeil inquisiteur à la boîte à lunch de mon enfant. Chères éducatrices - que j'apprécie sincèrement -, quand vous accompagnez ma fille pendant l'heure du dîner, demandez-lui plutôt comment s'est passée sa matinée ou si son ventre est bien plein. Pour le reste, rassurez-vous, je m'en occupe!

Ce que je retiens aussi de tout ça, c'est qu'on pénalise souvent un enfant pour un geste que le parent a posé. «Cette façon de faire peut être dommageable pour l'enfant. Il pourrait avoir peur de sortir sa collation par crainte qu'elle ne soit pas conforme. Pire, il pourrait avoir des doutes sur les compétences de ses parents à lui offrir ce qui est bon pour lui», explique Stéphanie Côté. Elle insiste sur le fait qu'une meilleure communication entre les deux parties rendrait l'équation parent-école-nourriture beaucoup plus simple.

La semaine dernière, mon fils a apporté au service de garde ses biscuits aux pépites de chocolat préférés. Il a expliqué à son éducatrice que j'y ajoutais des fèves blanches à l'intérieur. Des bines? L'idée a bien fait rigoler les enfants. L'éducatrice, elle, a réclamé la recette.  

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