Vie de famille

La lecture en héritage

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La lecture en héritage

  Photographe : Annie Villeneuve

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Chaque mois dans Coup de Pouce, je vous propose de nouveaux romans. Inutile de vous dire que notre maison déborde de livres, que mes trois enfants ont leur carte de bibliothèque et qu’ils connaissent bien l’agent Jean.

Malgré ça, je ne peux pas dire que ma petite tribu partage mon engouement pour la lecture. J’ai un aîné qui préfère les youtubeurs français aux romans d’action. Ma fille aime lire, mais est très difficile. Peu d’élus dans son cœur littéraire! Et j’ai un petit dernier qui adore empiler ses albums sur lesquels il fait percuter ses camions, plutôt que de les feuilleter tranquillement.

Les bons lecteurs, les études le prouvent, réussis­ sent mieux à l’école, et pas seulement en français. On aimerait tous que nos enfants lisent de grosses briques à 10 ans et aient une nette préférence pour le brocoli.

Si je suis habile pour cacher des légumes verts dans mes biscuits, je le suis un peu moins quand vient le temps de convaincre mes enfants de lire. Ce qui est si naturel pour moi devient rapidement source de conflits auprès d’eux. Après tout, puis­je vraiment influencer leur amour des livres?

Oui, d’après Julie Provencher, une mordue d’éveil et d’apprentissage à la lecture. Ancienne enseignante, aujourd’hui chercheuse universitaire, elle anime des conférences pour aider les parents à faire de la lecture une activité stimulante et agréable. «L’ingrédient magi­ que, ce n’est pas uniquement le livre, c’est l’interaction qu’on a autour de la lecture», explique­t­elle. Et cette interaction, elle se nourrit en fonction de l’âge. «Avec nos petits, on peut avoir une discussion directement après la lecture. Chez les plus grands, ça peut aussi vouloir dire de lire le même roman qu’eux et d’en jaser pendant le souper», illustre la chercheuse.

«Lire un roman, je trouve ça tellement plate!» s’exclame Kathleen, 43 ans. Grande curieuse, elle préfère dévorer les plus récentes recherches en enseignement que de se plonger dans la vie d’Émilie Bordeleau. Ce ne fut donc pas facile pour cette maman de deux enfants maintenant grands, de leur faire lire les classiques. Et pourtant, elle en connaît l’impor­tance, puisqu’elle est enseignante au primaire! «Mes enfants ne sont pas des mordus de fiction, eux non plus. Mais mon fils, qui est palefrenier, adore lire tout ce qui touche aux chevaux.»

«Mais lire sur les chevaux, c’est de la lecture!» plaide Julie Provencher. On pense à tort que la lecture, c’est uniquement de la fiction, mais toute activité de lecture compte. Discuter avec son enfant d’un album de dinosaures ou d’un manuel automobile dévelop­perait les mêmes compétences. «L’important, c’est de prendre en compte l’intérêt de l’enfant pour qu’il se sente interpellé par le sujet», dit Julie Provencher.

Je crois aussi qu’il faut exposer nos enfants aux livres, souvent et régulièrement, sans trop forcer, comme on plante un bulbe à l’automne sans savoir s’il fleurira au printemps. C’est ce qui est arrivé avec mon grand Émile, que j’ai surpris lisant tout doucement un de mes romans préférés, Les grandes marées, de Jacques Poulin. J’ai déjà hâte d’en jaser avec lui...

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