Vie de famille

Accompagner notre enfant atteint du cancer

Accompagner notre enfant atteint du cancer

Accompagner notre enfant atteint du cancer Photographe : istockphoto.com Auteur : Catherine Mainville-M.

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Accompagner notre enfant atteint du cancer

Apprendre que son enfant a le cancer est un choc. Pourtant, malgré la vague d’émotions que cela nous fait vivre, notre enfant a besoin qu’on le rassure, qu’on l’encourage et qu’on l’accompagne tout au long des traitements.

L’enfant qui subit des traitements contre le cancer est souvent confronté à l’inconfort, à la douleur et à l’inquiétude. Il a besoin d’être réconforté et encouragé. Selon son âge, notre soutien peut prendre diverses formes.

Jusqu’à 2 ans: Chez le tout-petit, comme l’influx nerveux est plus rapide, la douleur prend souvent toute la place. Il a donc besoin d’être rassuré. Il est d’ailleurs conseillé de le prendre dans nos bras avant et après les traitements. Un objet qui a notre odeur le réconfortera aussi durant le traitement.

De 2 à 5 ans: Une trousse de médecin pour enfants peut nous aider à lui expliquer les soins à venir. Durant le traitement, un livre ou un jouet le distraira et l’aidera à mieux maîtriser la douleur et ses émotions. Une piqûre est prévue? On l’encourage à penser à ce que nous ferons ensuite: un jeu, une histoire ou une activité qu’il apprécie. Vers l’âge de quatre ans, l’utilisation d’un calendrier lui permettra de se retrouver dans le temps et d’anticiper les traitements et les soins. Cela dit, peu importe l’âge de notre enfant, il est toujours préférable de l’informer du prochain traitement à venir afin d’éviter les surprises désagréables.

De 6 à 12 ans: De six à neuf ans, notre enfant a besoin d’être dans l’action. Il peut tenir le thermomètre ou préparer son verre pour la prise des médicaments. À partir de neuf ans, le besoin de décider devient plus présent. Le mieux est d’inclure notre enfant dans nos discussions avec les médecins et le personnel. On peut aussi lui demander son avis («Qu’en penses-tu?»), tout en gardant en tête que la décision finale nous revient.

De 13 à 18 ans: On encourage notre adolescent à poser des questions, à participer aux discussions avec le personnel soignant, et on l’invite à prendre connaissance de son protocole de soins, de ses radiographies, etc. On lui permet également de parler au médecin en toute confidentialité.

Vais-je perdre mes cheveux?

La chimiothérapie et la radiothérapie entraînent souvent la perte des cheveux ainsi que d’autres effets secondaires qui peuvent modifier l’apparence de notre enfant. Il est essentiel de le préparer à cette réalité.

5 ans et moins: Certains intervenants conseillent de couper les cheveux de notre enfant avant le début des traitements afin que cela soit moins impressionnant pour lui. D’autres proposent plutôt d’attendre que les premiers cheveux tombent, puis d’y aller selon la réaction de notre petit. Dans certains cas, la perte des cheveux aide l’enfant à intégrer ce qui lui arrive. Si on décide néanmoins de couper les cheveux de notre enfant au préalable, il serait préférable de ne pas trop les couper — en les rasant par exemple —, en particulier si notre enfant a moins de cinq ans. Il pourrait percevoir ce geste comme une agression supplémentaire après les traitements. Se raser les cheveux en guise de solidarité envers notre enfant peut être très troublant pour notre petit. Pour lui, l’absence de cheveux est un symptôme de maladie!

De 6 à 18 ans: Si notre enfant est bien avec la tête qu’il a malgré la perte d’une partie de ses cheveux, on le respecte. Toutefois, s’il vit ces changements difficilement, on l’encourage en lui rappelant que c’est temporaire. Le port d’un foulard, d’une casquette ou d’une perruque pourrait l’aider.

L’aider à gérer ses émotions

L’annonce d’un cancer génère une foule d’émotions que notre enfant n’est pas toujours en mesure d’exprimer correctement. Il a besoin de nous pour accueillir les émotions et les gérer. Il est également important de rester à l’affût de signes d’une surcharge émotionnelle: il ferme les yeux, il tourne le dos, il retourne à son jeu vidéo, etc.

2 ans et moins: Les diverses interventions risquent d’être une source de peur et d’anxiété pour notre enfant. Pour le réconforter, on le cajole régulièrement en lui récitant des comptines ou des histoires. Une routine semblable à celle de la maison, la présence d’objets significatifs (comme un toutou) et les visites des frères et sœurs l’aideront aussi.

De 2 à 5 ans: L’idée que son corps soit «brisé» peut être une source d’inquiétude pour notre enfant. Il a besoin d’être rassuré, de savoir que c’est temporaire. Il doit également comprendre que la maladie n’est pas une punition pour avoir eu un mauvais comportement. À cet âge, la routine est encore importante. Et surtout, on prévoit des moments pour jouer.

De 6 à 12 ans: L’enfant du primaire a souvent des inquiétudes quant à ses études et à ses amis. On lui assure que tout sera fait pour lui permettre de continuer à apprendre et on s’organise pour qu’il reste en contact avec ses amis. Sans lui mettre de pression, on l’incite à exprimer ses émotions en parlant, en écrivant ou en dessinant. Il doit toutefois sentir qu’il peut s’exprimer sans nous bouleverser chaque fois.

De 13 à 18 ans: Notre enfant peut être inquiet par rapport à son avenir. Pour le soutenir, on l’encourage en lui disant que nous ferons tout pour l’aider à poursuivre ses études et à avoir des activités. On l’invite à rester en contact avec ses amis et à rencontrer des jeunes qui vivent la même chose que lui. Notre ado a aussi besoin de temps seul pour penser. On l’encourage néanmoins à mettre des mots sur ce qu’il ressent. Au besoin, on demande conseil aux spécialistes de l’hôpital.

Comme parent, il est important de ne pas censurer nos émotions devant notre enfant. En les exprimant, nous démontrons qu’elles sont normales. Néanmoins, il a besoin de savoir que, malgré notre tristesse et notre colère, nous sommes toujours en mesure de nous occuper de lui.

Merci à Claire Longpré, psychologue au CHU Sainte-Justine, pour ses précieux conseils.

 

 

 

Sources: Leucan et Hôpital de Montréal pour enfants.

Pour aller plus loin:

Ressources pour les enfants:

- Rosette veut guérir, Mireille Villeneuve, Éditions Dominique et Compagnie, 2015, 32 pages

- Il était une fois Charles, Lina Rousseau, Éditions Dominique et Compagnie, 2012, 32 pages.

- Ma meilleure amie, Gilles Tibo, Éditions Québec-Amérique, 2007, 48 pages.

Ressources pour les parents:

- Soutenir et accompagner l’enfant malade, Catherine Kozminski, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2015, 107 pages.

- Centre d’information Leucan 514 345-2336 ou 1 866 590-4847

 

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