Les images d'accidents de la route, de guerres et de catastrophes naturelles diffusées à la télévision peuvent affecter profondément nos enfants. Surtout lorsqu'elles tournent en boucle sur les réseaux d'information continue. «Tout dépend du facteur de vulnérabilité de l'enfant, mais ceux qui sont plus anxieux de nature ont plus de chance d'être affectés», explique la Dre Lila Amirali, chef du programme de soins pédopsychiatriques à l'Hôpital de Montréal pour enfants du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Les images, mais aussi les réactions que celles-ci provoquent chez les adultes, peuvent ébranler les enfants; ces derniers pourront se sentir déprimés, inquiets, tristes, nerveux ou apeurés, en plus de faire des cauchemars. «Certains vont même développer des rituels, comme de vérifier si les portes sont bien fermées, ou poser les mêmes questions à répétition», note la Dre Amirali. C'est un signe: nos petits ont besoin d'être rassurés.

Images-chocs dans les médias: une question d'âge?

Des études ont démontré que les enfants craignent davantage la violence présentée aux nouvelles que celle qui s'observe dans d'autres types d'émissions. La peur associée à cette violence aura aussi tendance à s'accentuer à mesure que l'enfant vieillit, puisqu'il est plus en mesure de distinguer la réalité de la fiction, indique le Réseau Éducation-Médias. «Les enfants de moins de cinq ans sont plus affectés par des images fantastiques, avance Mathew Johnson, directeur de l'éducation pour l'organisme. Comme ils ne font pas la différence avec la réalité, ils vont être frappés par le spectaculaire. Passé l'âge de sept ans, les enfants savent distinguer la réalité de la fiction; ils sont donc plus troublés par des images réalistes.»

Catastrophes dans les médias: difficile d'y échapper

On peut penser que la solution consiste à interdire les bulletins de nouvelles aux enfants, mais ce n'est pas aussi simple. Il est en effet presque impossible de protéger nos enfants des nouvelles, surtout lorsqu'ils fréquentent la garderie ou l'école. Il faut plutôt miser sur la supervision.

Mathew Johnson suggère de regarder les informations télévisées avec son enfant et de répondre à ses questions afin de lui expliquer les événements. «Le meilleur traitement est l'exposition», confirme la Dre Amarili. La psychiatre suggère de montrer graduellement aux enfants des nouvelles qui peuvent avoir un impact sur eux. «On peut utiliser cette méthode pour accroître la résistance de l'enfant, à la condition de discuter avec lui et d'être à l'écoute pour bien cerner ses préoccupations», précise-t-elle. Attention: on ne doit pas exposer son enfant à des images qui dépassent ses limites! «Il est important d'avoir une idée de ce que notre enfant est capable de tolérer», insiste la spécialiste.