Grossesse

Sommes-nous moins fertiles que les générations précédentes?

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Sommes-nous moins fertiles que les générations précédentes?

On connaît pratiquement tous un couple (ou plusieurs) qui tente sans succès de faire un enfant. Se demander si nous sommes moins fertiles que nos parents ou grands-parents n’est donc pas si futile. Une spécialiste en infertilité fait le point.

«La question est intéressante, mais la réponse sera sûrement biaisée par le fait qu'on parle d'infertilité plus ouvertement qu'avant, le sujet étant moins tabou. Et puis, l'accessibilité aux centres de fertilité est meilleure et les traitements offerts sont plus nombreux et plus efficaces, ce qui fait que les couples qui ont du mal à concevoir consultent davantage», pense Dre Patricia Monnier, clinicienne-chercheuse au centre de reproduction de l'Hôpital Royal Victoria et au centre de recherche du CUSM.

On parle d'infertilité lorsqu'un couple (dont la femme a moins de 35 ans) a des relations sexuelles non protégées sur une période de 12 mois consécutifs sans concevoir. Selon Statistique Canada, cette problématique touche un couple canadien sur six (16%), un chiffre qui a presque triplé en 30 ans (ils étaient 5,4% en 1984).

L'âge et la pollution

Les couples d'aujourd'hui reportent souvent leur projet d'avoir des enfants à plus tard. Or, l'âge représente une cause majeure d'hypofertilité: si 91% des femmes peuvent tomber enceintes à l'âge de 30 ans, ce chiffre chute à 53% dix ans plus tard. «Il y a de plus en plus de cas d'hypofertilité liée à l'âge, admet Dre Monnier. Et ce n'est pas une question strictement féminine, les hommes aussi subissent une baisse de fertilité au fil des ans.»

Un autre facteur déterminant dans la hausse possible des difficultés à concevoir est la pollution environnementale. Les spécialistes en infertilité la pointent du doigt pour la production (en constante augmentation) de perturbateurs endocriniens, ces molécules chimiques qui miment le comportement d'une hormone ou l'empêchent de fonctionner.

On accuse les perturbateurs endocriniens (présents dans certains pesticides, plastiques, cosmétiques, détergents, etc.) de diminuer la production de spermatozoïdes et la qualité de leur ADN. On pense de plus qu'ils favoriseraient l'apparition d'endométriose ou de fibrome chez la femme, en plus d'altérer la qualité des ovules.

Un mode de vie stérile?

«Je crois aussi qu'on sous-estime beaucoup les conséquences de notre mode de vie dans la gestion de la fertilité», souligne Dre Monnier. Par exemple, l'obésité, devenue un fléau mondial, cause un déséquilibre hormonal qui influe à la fois sur la production de spermatozoïdes et le travail ovarien. «Selon certains chercheurs, les femmes obèses qui perdent près de 15 livres se remettent à ovuler dans 90% des cas. Il n'y a aucun traitement qui donne d'aussi bons résultats», affirme Dre Monnier.

C'est sans compter le tabac, un autre perturbateur endocrinien, l'alcool et le cannabis, qui font diminuer la quantité et la mobilité des spermatozoïdes, la hausse de certaines maladies transmises sexuellement (MTS) qui affectent la fertilité, comme la chlamydiose et la gonorrhée, ainsi que le mal du XXIe siècle: le fameux stress.
«Tous ces facteurs mis bout à bout font que le spermatozoïde et l'ovule ne se rencontrent peut-être plus aussi facilement qu'auparavant», conclut Dre Monnier.

À lire: Test d'ovulation: mode d'emploi

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