Grossesse

Peut-on prévenir une fausse-couche?

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Peut-on prévenir une fausse-couche?

Les femmes enceintes la redoutent plus que tout, et avec raison: la fausse-couche est la principale complication de la grossesse. Est-il possible de l’éviter? Oui. Et non. Un fertologue fait le point.

Malheureusement, de 10 à 20% des grossesses confirmées se soldent par une fausse-couche, qu'on appelle aussi avortement spontané. Même si elles peuvent se produire jusqu'à la 20e semaine de grossesse (ensuite, on parle plutôt d'accouchement prématuré), 80% d'entre elles surviennent dans les 12 premières semaines. Considérables, ces chiffres convainquent d'ailleurs plusieurs couples d'attendre la fin du premier trimestre pour annoncer la grande nouvelle à leur entourage.

«Il faut dire que 60% des fausses-couches sont dues à une anomalie chromosomique de l'embryon, que le corps finit par rejeter parce qu'il n'est pas viable. Il n'est donc pas toujours souhaitable de les prévenir», spécifie d'emblée le Dr Robert Hemmings, directeur du département de gynécologie au centre hospitalier de St. Mary et fertologue à la clinique de fertilité ovo.

En ce qui concerne le pourcentage restant, le Dr Hemmings affirme que certains facteurs augmentant les risques de fausses-couches sont modifiables. Parmi ceux-ci:

  • l'âge. Le risque de fausse-couche tourne autour de 50% pour les femmes dans la quarantaine, comparativement à 15 % pour celles dans la vingtaine.
  • l'alcool. En plus de diminuer la fertilité, la consommation d'alcool augmente les risques de fausses-couches.
  • l'obésité. Sont concernées les femmes dont l'indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 30.

Fausses-couches à répétition

Les femmes qui font deux fausses-couches ou plus d'affilée subissent un examen médical approfondi afin d'en déterminer la cause, les plus communes étant:

  • les anomalies génétiques (trisomie, monosomie, délétion);
  • les anomalies de l'utérus (fibrome sous-muqueux, septum utérin);
  • les troubles médicaux (hypothyroïdie, lupus, thrombophilie, diabète);
  • les dysfonctions immunitaires (intolérance au gluten, anticorps antiphospholipides).

Lorsque c'est possible, on traite la condition qui entraîne les interruptions de grossesse. Il est de plus prouvé que, pour les femmes qui font des fausses-couches à répétition, la prise de progestérone durant le premier trimestre en diminue grandement les risques.

Par ailleurs, les fausses-couches qui surviennent durant le second trimestre (entre la 13e et la 20e semaine) sont souvent dues à une incompétence du col (ou incompétence cervicale). Pour y remédier, on peut effectuer à la 12e semaine de grossesse une chirurgie appelée cerclage afin de refermer le col ou administrer de la progestérone.

L'avenir est dans le DPI

Le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) est une technique récente, qui est surtout proposée en ce moment aux femmes qui ont vécu quatre ou cinq fausses-couches d'affilée ou qui ont plus de 40 ans.

«Au jour 5 du développement, on prélève une cellule de l'embryon pour en analyser les chromosomes et détecter d'éventuelles anomalies, élabore le Dr Hemmings. Les études montrent qu'en remettant uniquement les embryons avec les chromosomes normaux dans l'utérus, on diminue à moins de 5% les risques de fausses-couches.» Bonne nouvelle, le Dr Hemmings prévoit que, à l'avenir, le DPI sera de plus en plus utilisé pour toutes les femmes sujettes aux fausses-couches.

 
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