Grossesse

Grossesse et incompatibilité de rhésus

Thinkstock Photographe : Thinkstock Auteur : Coup de Pouce

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Grossesse et incompatibilité de rhésus

Une incompatibilité sanguine avec notre conjoint peut représenter un danger pour notre enfant à naître. Mais inutile de se faire du mauvais sang avant de lire ce qui suit.

On sait tous que notre groupe sanguin comprend une lettre ou deux (A, B, AB, O) ainsi qu'un signe (+ ou -). Ce que certains ignorent peut-être, c'est que les signes positifs et négatifs indiquent la présence ou non du facteur rhésus (Rh), qui rend les deux sortes de sang incompatibles. Ainsi, lorsqu'une femme Rh- tombe enceinte d'un homme Rh+ et que leur fœtus est lui aussi Rh+, on parle d'incompatibilité de rhésus. Celle-ci est uniquement possible avec cette combinaison précise de groupes sanguins.

«La première grossesse d'une femme Rh- avec un homme Rh+ n'est pas problématique, car le sang de la future maman n'a en principe jamais été mis en contact avec le facteur rhésus positif», souligne le Dr Fabien Simard, obstétricien-gynécologue au CSSS de Chicoutimi.

Une prévention efficace

De nos jours, le suivi de grossesse des femmes Rh- ne diffère pas tellement de celui des autres femmes. À titre préventif, le médecin vérifie toutefois en début de grossesse la présence d'anticorps anti-rhésus (ou anti-D) à l'aide d'une prise de sang.

Comme les anti-D se forment dans un groupe sanguin négatif qui a été mis en contact avec du positif, les risques qu'une femme Rh- qui porte un enfant Rh+ en développe sont très élevés. «Lors d'une grossesse, les globules rouges positifs du fœtus peuvent passer dans le sang maternel à plusieurs occasions, entre autres lors d'un avortement, d'une amniocentèse, d'une grossesse extra-utérine, d'une hémorragie, d'une fausse couche ou d'un accouchement», poursuit le Dr Simard.

Au Québec, toutes les femmes Rh- enceintes d'un homme Rh+ reçoivent donc l'injection d'un sérum sanguin anti-rhésus (appelé WinRho) à leur 28e semaine de grossesse ainsi que dans les 72 heures qui suivent chaque contact potentiel entre leur sang et celui du fœtus. Préparé à partir du sang de donneurs humains, ce sérum neutralise les globules rouges Rh+ du fœtus pour éviter que la mère ne développe ses propres anticorps anti-rhésus.
Malgré toutes ces précautions, il est possible qu'une femme enceinte développe des anti-D (à cause de l'oubli d'une injection de WinRho lors d'une grossesse antérieure ou d'une mauvaise transfusion sanguine, par exemple), mais il faut savoir que ce risque a aujourd'hui chuté à 0,1% au Québec grâce au suivi médical préventif.

Les risques pour le bébé

Une femme qui a développé des anti-D est dite immunisée, ce qui représente un danger pour le ou les fœtus Rh+ de ses futures grossesses. Les anti-D étant de toutes petites molécules, ils peuvent facilement traverser le placenta et détruire les globules rouges du fœtus

Les complications possibles pour le bébé sont nombreuses: anémie sévère, œdème (infiltration de liquide qui cause de l'enflure), jaunisse, lésions cérébrales et, dans les cas extrêmes, décès. «S'il y a des anti-D dans le sang maternel, on surveille de près le bébé avec des échographies et on dose le taux d'anticorps dans le sang de la mère à l'aide de prises de sang. Pour sécuriser la santé du bébé à naître, plusieurs visites médicales supplémentaires sont donc ajoutées aux 7 ou 8 du suivi de grossesse habituel», explique le Dr Simard.

Finalement, si le taux d'anticorps dépasse un niveau sécuritaire pour le fœtus, on peut avoir recours à des transfusions sanguines ou au remplacement complet du sang, que ce soit in utero ou à la naissance (selon l'état du bébé), ainsi qu'à un accouchement prématuré. De nos jours, ces interventions médicales sont devenues choses rares, mais, si elles s'avèrent nécessaires, on dirige la mère vers un centre hospitalier spécialisé, tel que l'Hôpital Sainte-Justine de Montréal, afin que son bébé et elle soient pris en charge.

 
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