6-12 ans

Devoirs: 50 trucs de profs et de parents pour mieux les gérer

Devoirs: 50 trucs de profs et de parents

50 trucs de profs et de parents pour mieux gérer les devoirs Photographe : iStock Auteur : Nathalie Vallerand

6-12 ans

Devoirs: 50 trucs de profs et de parents pour mieux les gérer

On est découragée rien que d'y penser? Voici des trucs de parents et des conseils de spécialistes pour que la période des devoirs et des leçons se déroule mieux.

«Mon enfant hait les devoirs»
Qu'il préfère jouer plutôt que de mettre le nez dans ses livres, ça se comprend. Mais avant de conclure que c'est un cas désespéré, on se questionne sur les raisons possibles:


• Lui met-on trop de pression? Dans ce cas, on réévalue nos attentes et on mise plutôt sur les encouragements.

• Ça se termine toujours en chicane? «Pour conserver notre calme, on s'imagine aider un enfant qui n'est pas le nôtre, conseille Louise St-Pierre, auteure et conférencière sur les stratégies de motivation et d'aide aux devoirs. Est-ce qu'on perdrait patience? qu'on se permettrait de crier?» De son côté, Sonia Ouellet, enseignante en 3e année à Montréal, suggère de demander à notre conjoint de prendre la relève. «Des parents me disent: "Avec moi, ça ne marche pas. Mais avec mon conjoint, ça se passe comme un charme."»

• Est-ce le bon moment? «Notre enfant peut avoir besoin d'une pause en revenant de l'école, dit Sonia Ouellet. À l'inverse, s'il fait ses travaux scolaires juste avant de se coucher, il risque d'être trop fatigué pour se concentrer.»

• Est-ce qu'on déteste ça, nous aussi? Une phrase comme «Viens faire tes devoirs, qu'on en finisse...» transmet un message négatif. Notre attitude peut faire toute la différence, selon Louise St-Pierre. «Si on considère les devoirs comme une corvée et qu'on le fait sentir à l'enfant, il ressentira la même chose.» Bref, on fait attention à nos paroles et au ton qu'on emploie.

Devoirs: des trucs pour les égayer

«Quand mon fils a commencé à apprendre les multiplications, j'ai utilisé des pâtes sèches. Il a trouvé cela très drôle.» Geneviève, maman de Charles, 9 ans

D'autres idées: blocs, dés, pailles, bâtons de popsicle, petites voitures, jetons, pépites de chocolat...

«J'invente des problèmes de maths où il est le personnage principal et j'écris des histoires drôles pour réviser les notions de grammaire. Et chaque soir, nous nous installons en famille dans le lit des parents pour 15 minutes de lecture.» Sandrine, maman de Pierre, 10 ans

«On lui fait épeler ses mots de vocabulaire pendant qu'elle saute à la corde, grimpe et descend les marches d'un escalier, se tient en équilibre sur une jambe, etc.» Louise St-Pierre

«Parfois, je fais exprès de me tromper pour qu'elle repère l'erreur. Elle adore me prendre en défaut!» Wendy, maman d'Andréanne, 8 ans

«Il écrit ses mots de vocabulaire à l'ordinateur.» Nathalie, maman de William, 9 ans

«On se procure un tableau magnétique ou à craie et on le fait jouer à l'enseignant: il nous explique ce qu'il a appris, et on lui pose des questions.» Louise St-Pierre 

«Il met un temps fou à faire ses devoirs»

Au 1er cycle du primaire, l'enfant devrait consacrer de 20 à 30 minutes aux devoirs et leçons, au 2e cycle, environ 45 minutes, et au 3e cycle, de 45 à 60 minutes. C'est plus long? On l'éloigne de ce qui peut nuire à sa concentration ou le distraire: télévision, radio, ordinateur et lave-vaisselle... «Certains enfants, en particulier ceux qui ont la bougeotte, n'arrivent pas à se concentrer quand il y a des bruits de fond, soutient Louise St-Pierre. Ils ont besoin d'un environnement calme, loin de la petite soeur qui court partout...» Pour ces enfants, la cuisine n'est pas l'endroit idéal.

On s'assure par ailleurs que notre écolier a tout son matériel à portée de la main. Cela évite qu'il ne se lève à tout bout de champ pour aller chercher une gomme à effacer, un dictionnaire, et qu'il en profite pour parler à son frère, jeter un oeil dehors, etc.

Il se peut également qu'il perde du temps parce que la somme des tâches à accomplir lui apparaît comme une montagne. Élysabeth, maman de Maeva, 9 ans, a trouvé une solution: répartir le travail sur de petites périodes. «Elle fait une tâche, puis elle joue 15 minutes, une autre tâche, elle rejoue, et ainsi de suite.» «Évidemment, ce sera plus long avant de ranger le sac d'école, admet Dominique Lussier, enseignante de 1re année à Montréal. Mais ça évite à certains enfants de se décourager.» Variante: quand la période des devoirs s'éternise, on arrête tout et on fait sauter, danser ou courir l'enfant pendant 5 minutes. «Le fait de bouger oxygène le cerveau, ce qui peut insuffler l'énergie nécessaire pour continuer», dit Louise St-Pierre.

Devoirs: des trucs pour accélérer la cadence

«Mon fils avait l'habitude de travailler sur l'ordinateur et de clavarder en même temps. Ça lui prenait des heures pour faire ses devoirs, et il s'en plaignait. J'ai établi une règle: il peut clavarder uniquement quand ses travaux sont terminés.» Manon, maman de Nicolas, 12 ans

«Il biffe chaque tâche qu'il termine. Cela l'encourage de constater qu'il progresse.» Geneviève. «Je m'assure qu'il n'y a que du matériel scolaire sur son bureau. Sinon, il a tendance à jouer plutôt qu'étudier.» Sandrine

«Je fais une course contre la montre!» Isabelle, maman de Jade, 7 ans

«Ses devoirs sont bourrés de fautes»

Faut-il les corriger? La plupart des enseignants disent que non, les erreurs leur permettant d'identifier les difficultés de l'enfant. Mais dans la réalité, les choses peuvent se passer autrement. Ainsi, les devoirs sont souvent corrigés en groupe. L'enseignant s'assure que chacun les a faits, mais ne les regarde pas en détail. Ce sont les tests et les examens, davantage que les devoirs, qui lui permettent de vérifier la compréhension de ses élèves.

La meilleure stratégie, c'est d'inciter notre enfant à trouver et à corriger lui-même ses fautes. On lui demande de se relire attentivement. Ou encore, on lui donne des indices: «Il y a des erreurs dans la première page», «As-tu bien révisé les accords au pluriel?», etc. «S'il reste deux ou trois erreurs, ce n'est pas grave, dit Sonia Ouellet. On ne s'acharne pas pour que ce soit parfait, surtout si l'enfant a passé beaucoup de temps sur son devoir. Sinon, on risque de le démotiver.» Et évidemment, on évite de corriger les erreurs à sa place: il n'apprendrait strictement rien.

Par ailleurs, il se peut que notre enfant commette plein d'erreurs parce qu'il souhaite finir au plus vite. Quelques trucs pour corriger le tir.

Devoirs: des trucs pour s'assurer qu'ils sont bien faits

«Je règle la minuterie du four à 30 minutes et j'exige qu'ils consacrent cette période aux devoirs. Quand elle sonne, ils peuvent aller s'amuser.» Sophie, maman de Julien, 9 ans, et d'Étienne, 7 ans

Autre idée: si notre enfant termine avant, on lui demande de lire pendant le temps qu'il reste.

«Si ses devoirs sont bâclés, on exige qu'il les recommence. Et bien sûr, on le félicite quand il travaille bien!» Marie-Ève Thibault, enseignante en 3e année dans Lotbinière

«Avec ma fille, le tableau de renforcement fonctionne bien. Quand ça s'est bien passé pendant une semaine, elle a droit à un privilège comme inviter une amie à coucher ou louer un film.» Wendy

«Pas de jeux vidéo en semaine, sauf les vendredis! C'est moins tentant de se débarrasser des devoirs pour aller jouer.» Diane, maman de Mathieu, 10 ans, et de Christophe, 7 ans

«On manque de temps»

De plus en plus d'enseignants remettent le vendredi la liste des devoirs et leçons à faire la semaine suivante. Une bénédiction pour les familles dont les deux parents travaillent à l'extérieur. «Mon fils fait ses devoirs le week-end, dit Nathalie. La semaine, il ne reste que les leçons. Ça allège beaucoup notre horaire.» Si l'enseignant de notre enfant n'a pas adopté cette pratique, on peut la lui proposer. Il n'est pas tenu d'accepter, mais on ne perd rien d'essayer.

On peut aussi inscrire notre enfant au service de devoirs, si c'est offert à l'école. À moins qu'on n'embauche une ado du voisinage pour superviser les devoirs ou même qu'on recrute le grand frère?

«L'important, c'est qu'on continue de regarder les devoirs faits et qu'on s'intéresse à ce que l'enfant apprend», dit Dominique Lussier. Enfin, on réfléchit sur nos priorités. Si on manque de temps parce que notre jeune fait de la natation le lundi, du piano le mardi, du hockey le mercredi, etc., il faut peut-être se résoudre à renoncer à certaines activités...

Devoirs: des trucs pour gagner quelques minutes

«Pendant le trajet vers l'école, je fais réciter à mon fils les temps de verbes et les tables de multiplication. Il m'arrive également de les lui demander pendant le souper. Souvent, ses deux frères lui posent aussi des questions, et ça se transforme en un jeu. Il coopère bien pourvu que ça n'occupe pas tout le repas.» Nathalie

Autre idée: pourquoi pas dans le bain?

«Je profite du fait que mon fils mange à la maison le midi pour lui faire réviser certaines leçons.» Sandrine

«On écrit sur des petits cartons les mots de vocabulaire, les additions, les divisions, etc., et on les colle près du lavabo de la salle de bains. Ainsi, l'enfant les voit en se brossant les dents.» Sonia Ouellet

«Il m'appelle constamment à l'aide»

En 1re et en 2e année, l'enfant a besoin d'être accompagné. On reste donc à proximité, prête à intervenir. Par la suite, on favorise son autonomie le plus possible. «On s'assure qu'il sait ce qu'il a à faire et qu'il comprend la matière, dit Marie-Ève Thibault. Pour cela, on lui pose des questions: "Quelle est la consigne? Peux-tu me la répéter dans tes propres mots? As-tu déjà fait un exercice semblable?"»

Il n'a pas sitôt commencé qu'il nous appelle à l'aide? Avant de se lancer dans un cours sur les soustractions avec des retenues, on lui demande de répéter les explications de son enseignant, de réfléchir à voix haute sur les étapes de résolution du problème, ou d'expliquer ce qu'il a compris.

Si on est nulle en maths ou en français, peut-on quand même aider notre enfant? Les enseignants interrogés sont unanimes: l'essentiel, c'est de s'intéresser à ce qu'il fait à l'école, pas d'expliquer la matière. On lui demande ce qu'il a appris, ce qu'il lit. On jette un oeil sur ses devoirs. On l'encourage et on le félicite. C'est là notre rôle. Et pour cela, il n'est pas nécessaire d'être une pro en grammaire. Mais attention: on évite des phrases comme «Tu es comme moi. J'étais nulle en maths.» Effet démotivant garanti!

Devoirs: pour un peu plus d'autonomie

«Mes garçons ont à leur disposition des outils de référence: dicos, Bescherelle, tables de multiplication, etc. Ça les aide à être plus autonomes.» Sophie

«Quand l'enfant ne comprend pas une notion, on écrit un mot à l'enseignant dans l'agenda. Il lui donnera des explications supplémentaires.» Marie-Ève Thibault

Pour aller plus loin

  • Mica, le super-héros des devoirs!, par Louise St-Pierre, Centre Éduco, 2010, 42 p., 19,95 $ (pour les 7 à 10 ans).
  • Comment motiver les enfants à faire leurs devoirs, par Louise St-Pierre, Quebecor, 2009, 160 p., 19,95 $.
  • Au retour de l'école... La Place des parents dans l'apprentissage scolaire, par Marie-Claude Béliveau, CHU Sainte-Justine, 2004, 268 p., 14,95 $.
  • Guide des jeux de société pour apprendre en s'amusant, par Anick Pelletier, Septembre, 2009, 136 p., 22,95 $.
  • Allô Prof
  • Je réussis.com
  • SOS Devoirs
  • Sciences et mathématiques en action

Commentaires

Partage X
6-12 ans

Devoirs: 50 trucs de profs et de parents pour mieux les gérer

Se connecter

S'inscrire