13 ans et plus

Les dangers des traumatismes crâniens dans les sports

Les dangers des traumatismes crâniens dans les sports

� iStockphoto.com Photographe : � iStockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

13 ans et plus

Les dangers des traumatismes crâniens dans les sports

Les bagarres et les dangers de coups à la tête font l’actualité chaque fois qu’un joueur de hockey ou de football est tenu au repos à cause d’une commotion cérébrale. Le point sur les traumatismes crâniens dans les sports.

Les commotions cérébrales en contexte sportif, ou traumatismes craniocérébraux légers (TCCL), sont un problème de santé fréquent. Ils représentent 10 % des cas de TCCL qui se présentent aux urgences, rapporte le Dr Pierre Guérette. Urgentologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, il se réjouit de la médiatisation du phénomène chez les joueurs de la Ligue nationale de hockey. «Ça nous permet de sensibiliser les personnes atteintes qui ont souvent tendance à minimiser les conséquences d'un choc à la tête.»

Les symptômes des TCCL

Malgré les risques de conséquences graves que présentent les TCCL, les symptômes sont encore mal identifiés. Une étude réalisée auprès de la ligue canadienne de football a démontré que quatre joueurs sur cinq ne reconnaissent pas souffrir d'un TCCL malgré la présence de symptôme évocateur. «Il faut tout d'abord qu'il y ait eu un coup, explique la Dre Stéphanie Madore, médecin à l'urgence du CSSS Drumond, responsable du comité de traumatologie de l'établissement et membre de l'Association québécoise des médecins du sport (AQMS). Le coup n'est pas nécessairement porté à la tête. Il peut toucher une autre partie du corps, comme lors d'un placage à l'épaule au hockey, et provoquer une secousse à la tête.»

Dans les heures qui suivent l'incident, l'athlète peut ressentir différents symptômes, comme des maux de tête, des étourdissements, des nausées ou des vomissements. «Il peut même présenter des symptômes émotionnels, être déprimé, être anxieux ou avoir des problèmes de concentration», ajoute le Dr Guérette.

Cesser ses activités pour se remettre

En présence de symptômes, comme la perte de connaissance, la confusion, la perte d'équilibre ou la perte de vision, la consultation d'un médecin s'impose. «Les impacts importants peuvent engendrer des hématomes dans la tête, précise la Dre Madore. Le médecin procèdera alors à un examen neurologique et aura recours à l'imagerie cérébrale si l'athlète présente des signes ou des symptômes évocateurs d'un saignement intracrânien.»

Si les précautions nécessaires sont prises après l'impact, les symptômes disparaissent généralement en sept à dix jours. «La principale recommandation est de cesser toute activité pendant un certain temps, y compris les activités intellectuelles, indique la Dre Madore, afin de permettre aux cellules du cerveau qui ont été lésées de guérir. Si l'athlète continue à faire une activité physique ou une activité cérébrale qui demande une certaine concentration, comme les jeux vidéo, les symptômes peuvent persister et même s'aggraver.»

Le sportif atteint d'un TCCL est également à risque d'autres blessure s'il retourne précocement à la compétition, lit-on dans un énoncé de position de l'AQMS sur le traumatisme craniocérébral léger en contexte sportif. «Le TCCL engendre une diminution des habiletés physiques et cognitives rendant le sujet moins agile à réagir aux situations multiples qui se présentent à lui en situation de compétition. Des études ont mis en évidence des troubles d'équilibre plus de dix jours après avoir subi un TCCL.»

Le temps de repos requis varie d'une personne à une autre, selon les symptômes. Quand les symptômes ont disparu, la personne peut reprendre progressivement ses activités. Mais s'ils reviennent, elle devra se remettre au repos. Dans un monde idéal, une visite de contrôle chez le médecin pourrait être prévue à la disparition des symptômes ou avant la reprise complète des activités sportives.

Il est très rare que des symptômes liés à une TCCL persistent pendant des années. Surtout que l'on parvient désormais à bien les identifier et les prendre en charge, explique la Dre Madore. L'AQMS recommande toutefois une évaluation neuropsychologique complète lorsqu'un patient rapporte des symptômes cognitifs incommodants, tel que difficultés de mémoire, d'attention, de gestion, de planification et d'organisation, plus de trois mois après le choc.

Le traumatisme crânien chez l'enfant

Dès qu'un enfant présente des symptômes à la suite d'un impact, on recommande aux parents de l'empêcher de dormir, tant qu'il n'a pas été évalué par un médecin. «Il n'y a pas de risque à dormir, précise la Dre Madore. Mais si l'enfant dort, on ne peut pas savoir si son niveau de conscience est affecté. En le gardant éveillé, on s'assure donc qu'il est conscient.»

Les études concernant l'impact des traumatismes craniocérébraux sur les enfants sont peu nombreuses. «Par contre, on sait que les lésions graves au cerveau, à la suite d'un traumatisme à la tête, sont très rares chez l'enfant», indique la Dre Madore. La vigilance est quand même de mise.

Même si l'accident semble anodin, les symptômes peuvent progresser dans les heures qui suivent le choc. De plus, le cerveau lésé, même légèrement, est vulnérable à un second impact. «Des cas ont été rapportés où un deuxième impact à la tête a causé un œdème au cerveau et un décès subit, explique la spécialiste. Ces cas ont toujours été observés chez des enfants, jamais chez des adultes. Après un premier impact, il est donc très important de retirer l'enfant du jeu pour éviter une deuxième atteinte cérébrale et des conséquences plus graves.»

Heureusement, les enfants ont tendance à récupérer plus rapidement que les adultes. «Les athlètes adultes qui ont d'autres problèmes, notamment au niveau neurologique, peuvent voir les symptômes de la commotion cérébrale persister plus longtemps, indique la Dre Madore. Ce ne sont pas des situations que l'on retrouve en pédiatrie.»

Les athlètes adultes qui reçoivent des coups de façon répétitive au cerveau sont, par exemple, plus à risque de développer une maladie dégénérative (encéphalopathie traumatique chronique) qui peut provoquer une dépression et la dépendance et mener à la démence. Des études ont montré que d'anciens athlètes présentent des altérations de leurs fonctions cognitives et motrices, 30 ans après avoir subi un traumatisme crânien.

Prévenir les commotions cérébrales

L'Association québécoise des médecins du sport recommande le port du casque protecteur pour les activités à risque comme le vélo, le ski, la planche à neige, la planche à roulettes et le patin à roues alignées. «Depuis plusieurs années, on observe une plus grande vigilance dans les milieux sportifs, se réjouit la Dre Madore. Les athlètes, les entraîneurs et les parents sont de plus en plus au courant du problème et ont redoublé d'efforts pour imposer le port du casque.»


Traumatisme craniocérébral léger (TCCL) en contexte sportif

Il n'existe pas de définition universellement acceptée du TCCL. Cependant, le Task Force et l'Association québécoise des médecins du sport recommandent que l'appellation commotion cérébrale ne soit plus utilisée dans le sport et soit remplacée par «traumatisme craniocérébral léger (TCCL). Il s'agit d'une atteinte cérébrale aigue résultant d'un transfert d'énergie d'une source externe vers le crâne et les structures sous-jacentes.

  

Saviez-vous que?

Les joueurs de la LNH ont subi plus de 380 commotions cérébrales entre l'automne 2006 et le printemps 2011. De ce nombre, 44 % sont la conséquence d'une mise en échec «légale», 26 % d'un accident, 17 % de coups à la tête interdits, 8 % d'un accident et 5 % n'ont pu être expliqués en l'absence d'enregistrement vidéo.

Dans une étude portant sur les victimes de traumatisme d'origine récréative et sportive ayant consulté à l'urgence de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus de Québec, le pourcentage de TCCL parmi les blessures à la tête rapportées était de 34,6 % en ski alpin ou acrobatique, 32,5 % en surf des neiges et 40 % au hockey.

On dénombre environ 4000 cas de traumatisme craniocérébral chaque année au Québec chez les moins de 18 ans, ce qui en fait la plus importante cause de décès (30 %) dans ce groupe d'âge. De ce nombre, 29 % sont attribuables à des accidents de sports ou de loisir. (chutes: 35 %, accidents de la route: 24 %)

Références

Traumatismes d'origine récréative et sportive: portrait des consultations à l'urgence de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus de Québec de juillet 1997 à juin 2001, Institut national de santé publique du Québec, 2004.

 

Concussions during the 1997 Canadian Football League Season, Delaney JS, Lacroix VJ, Leclerc S, Johnston KM, Clin J Sport Med 2000; 10(1): 9-14.

 

Altered balance control following concussion is better detected with an attention test during gait, Catena RD, Van Donkelaar P, Chou LS, Gait Posture, 2007; 25: 406-411.

Gait stability following concussion, Parker TM, Osternig LR, Van Donkelaar P, Chou LS, Med Sci Sports Exerc 2006; 38: 1032-1040.

Le traumatisme craniocérébral léger en contexte sportif, Énoncé de position de l'Association québécoise des médecins du sport, Madore S, Leclerc S, Ellemberg D, De Beaumont L, décembre 2007.

 

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