13 ans et plus

Le bénévolat: un engagement social qui fait grandir les jeunes

Le bénévolat: un engagement social qui fait grandir les jeunes

� Istockphoto.com Photographe : � Istockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

13 ans et plus

Le bénévolat: un engagement social qui fait grandir les jeunes

Intervenant en prévention de la toxicomanie, serveuse, superviseur d’entraînement… cinq élèves du secondaire n’ont pas peur de l’engagement social et du bénévolat qui les a fait grandir.

Inscrits au programme DÉFI de l'école secondaire Sophie-Barat, les cinq élèves rencontrés lors de notre passage dans cet ancien couvent ne manquent pas de détermination. Dans le cadre du cours Engagement social et communautaire, ces jeunes de la quatrième année du secondaire doivent effectuer 20 heures de bénévolat dans un organisme de leur choix. Pour certains, l'implication va cependant bien au-delà du temps obligatoire.

Autonomie et implication

Les jeunes du DÉFI ont dû trouver par eux-mêmes, dès le début de l'année scolaire, leur stage et faire les démarches pour réaliser leur projet. Le cours veut ainsi accroître l'autonomie des élèves, les inciter à s'impliquer au sein de la communauté et les aider à développer une conscience sociale. André Boyd, professeur et coordonnateur du cours, admet que «les jeunes s'attendaient à être plus encadrés». Certains élèves rencontrés avouent avoir attendu à la dernière minute pour lancer le processus. Malgré ce départ tardif, ils ont tous déniché un organisme où réaliser leur bénévolat.

Myriam Laplante est actuellement serveuse au restaurant Robins des Bois. Guillaume Hernandez est aide-cuisinier au Patro Le Prévost. Félix Bourassa a, pour sa part, trouvé un stage en lien avec ses intérêts, puisqu'il compile ses heures de bénévolat dans le centre d'escalade Horizon Roc. Félix Blanc Lehoux, le sportif du groupe, a lui aussi brillamment jumelé l'utile à l'agréable. Il complète son stage dans un YMCA. «Mon gym c'est ma deuxième maison», s'exclame-t-il. Quant à Pacifique Nkuriza Kabayiza, il a partagé ses heures entre le centre pour personnes âgées Berthiaume du Tremblay et son école où il s'est impliqué en prévention de la toxicomanie avec des infirmières et des éducatrices spécialisées. 

Une expérience avec le public

Myriam, la plus volubile du groupe, a choisi le Robin des Bois pour la simplicité et la flexibilité des horaires. «C'est facile tu vas sur Internet et tu inscris tes disponibilités», explique-t-elle. La jeune fille de 15 ans, qui souhaitent travailler avec le public, est très à l'aise dans cet environnement. «C'est le fun, parfois les clients demandent à être servis par des bénévoles. Ils savent qu'on est bénévole alors même si je fais un oubli, ce n'est pas grave», précise-t-elle. «En plus, je goûte à plein de choses. Je n'avais jamais mangé d'escargot avant», dit-elle en riant.

Découvrir une autre réalité

L'expérience de Guillaume Hernandez au Patro lui a ouvert les yeux sur la dure réalité de l'itinérance et de la maladie mentale. «C'est spécial comme expérience. On arrive à 10 h 30, on aide à préparer les repas, on fait le service et la vaisselle et après on nous suggère de s'assoir avec les gens pour discuter», explique ce jeune au sourire moqueur. «J'écoute les gens et je me rends compte qu'ils ont du vécu. Il y a vraiment toute sorte de personnes et ça me fait réfléchir sur une réalité à laquelle je ne pensais même pas avant», résume-t-il avec sensibilité.

Jumeler passion et bonne action

Félix Bourassa et Félix Blanc Lehoux ont choisi de s'investir dans des organismes à vocation sportive. Félix Bourassa avait déjà fait des heures au centre d'escalade avant d'y être «obligé» par son cours. «Je trouve ça le fun!», lance-t-il simplement.

Féliix Blanc Lehoux admet avoir été motivé au départ par la compensation financière. «Les bénévoles au YMCA ont un abonnement gratuit», avoue-t-il en tentant de dissimuler sa petite gêne. Cependant, aujourd'hui, il a cumulé près d'une centaine d'heures et se plaît vraiment comme superviseur d'entraînement. Il compte même élargir son implication bénévole en étant sauveteur et en donnant des cours de natation. Pour ce futur physiothérapeute ou kinésiologue, prodiguer des conseils aux clients du YMCA représente une opportunité extraordinaire qui le valorise et le guide vers sa profession.

Sensibilité et identification aux autres

Pacifique Nkuriza Kabayiza sert des repas à l'heure du midi à des personnes atteintes d'Alzheimer. «Ils sont toujours contents de nous voir», dit-il en mimant un geste d'affection. Malgré cette expérience humaine et gratifiante, Pacifique ne se cache pas pour dire qu'il préfère agir comme bénévole en prévention de la toxicomanie au sein de son école.

André Boyd confirme avec fierté «qu'avec son calme légendaire, Pacifique arrive à retenir l'attention des élèves même dans les classes plus difficiles». «Les tannants, ils m'écoutent», se félicite Pacifique. Ce jeune réservé a vécu sa plus belle expérience au centre le Portage. «J'ai rencontré des jeunes qui me ressemblent. Certains fumaient de la marijuana et il y a eu une escalade d'événements dans leur vie. Aujourd'hui, ils se retrouvent là. Il y a en même un qui habite à deux rues de chez ma tante. Ça fait réfléchir», constate-t-il. «Parfois je regarde les problèmes que j'ai et je me dis que ce n'est rien. Eux, ils ont eu une vie vraiment très difficile», poursuit Pacifique d'un ton très mature. Interrogé sur ce qu'il voulait faire plus tard, Pacifique répond avec désinvolture. «On est jeune pour penser à ça. Moi j'ai juste des rêves!»

L'engament social ici et à l'international

André Boyd, qui en est à sa première année comme coordonnateur du projet, a des idées plein la tête pour stimuler ses jeunes. Il aimerait entre autres développer un volet international en présentant des conférenciers d'organisme internationaux. Comme il l'affirme: «l'engagement social ça ne s'enseigne pas, ça se vit». Ce professeur passionné se réjouit de constater que certains élèves y ont découvert une passion.

L'apprentissage de la vie

Croisé par hasard en quittant les corridors de l'école Sophie-Barat, Serge Germain, qui a lancé le projet, il y a 15 ans, est fier de voir qu'encore aujourd'hui, le stage de bénévolat a un impact positif sur les élèves. «C'est un bon apprentissage de la vie », résume-t-il. Il n'y a rien de mieux que d'être confronté à la différence pour grandir et évoluer!


Commentaires

Partage X
13 ans et plus

Le bénévolat: un engagement social qui fait grandir les jeunes

Se connecter

S'inscrire