13 ans et plus

La drogue et les jeunes: pourquoi les «speed»?

La drogue et les jeunes: pourquoi les «speed»?

iStockphoto.com Photographe : iStockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

13 ans et plus

La drogue et les jeunes: pourquoi les «speed»?

Plusieurs jeunes consomment de la drogue, dont des «speed», pour la même raison: tenir le coup. Voyons le cas de Justine, 16 ans.

Justine et les promesses de la petite pilule

Justine a peu d'estime de soi. Elle est en pleine croissance et constamment fatiguée. Plutôt sédentaire, elle se demande comment dépenser les calories des Big Mac et des frites de la semaine. Faire du sport? Ou devrait-elle adopter une meilleure alimentation? Dormir plus? Avoir des activités saines pour développer ses compétences personnelles? Tout ça doit prendre un temps fou ou demander des efforts surhumains...

Justine a très envie d'aller à une fête techno à Montréal, mais elle est indécise: fatigue, « bad hair week »... Un ami d'une amie lui propose une pilule magique: avec ça, promet-il, tu deviendras « superwoman »! Cette petite pilule te remplira d'énergie, aiguisera tous tes sens, décuplera tes capacités intellectuelles et te permettra enfin d'avoir le plein contrôle de ta vie. Tu auras pleinement confiance en toi (une fois dans ta vie, pour faire changement), et tes relations interpersonnelles seront palpitantes parce que tu te sentiras comme une reine. La cerise sur le sundae, en prenant régulièrement cette petite pilule, la faim disparaîtra, et avec elle tes kilos superflus.

Moins de drogue au Québec, mais plus de fillettes droguées

Depuis 2000, la consommation de drogue chez les adolescents québécois a tendance à diminuer, selon l'Institut de la statistique du Québec qui publie ses chiffres tous les deux ans. Mais cette bonne nouvelle est assortie d'une mauvaise: la consommation d'amphétamines augmente chez les filles.

En 2000, 7 % des jeunes Québécoises disaient avoir consommé des amphétamines au cours de la dernière année; en 2006, ce taux avait connu une augmentation significative, passant à 11,1 %.

Drogue de guerre

Les amphétamines, dont l'histoire commence dans un laboratoire allemand en 1897, ont connu leur première heure de gloire pendant la Deuxième Guerre mondiale. Elles soutenaient en partie les quelques 600 pilotes de la Royal Air Force (RAF) qui luttaient contre l'invasion du ciel britannique par 2 500 avions allemands. Les Anglais n'étaient pas les seuls à carburer au « speed »: les Allemands qui marchaient sur la Russie aussi. Les ouvriers des usines de guerre japonaises qui tournaient jour et nuit aussi. Rave mondial au son de la musique de Glenn Miller, In the mood.

Les amphétamines ont la réputation de supprimer la fatigue, de désinhiber, de donner l'illusion d'être invincible et de couper la faim: utile sur un champ de bataille, quand vous n'êtes que 14 à défendre la civilisation contre les hordes barbares armées jusqu'aux dents.

Utile aussi quand vous risquez de vous endormir sur un plancher de danse à deux heures du matin. Ou bien on monte la musique, ou bien on consulte son guide alimentaire canadien, ou bien on va se coucher, ou bien on se pète la fiole au « speed » et on continue: « C'est quoi déjà ton petit nom? »

Dosage des substances dopantes

« Speed », « ice », « cristal », « meth » sont les psychotropes que des chimistes amateurs préparent à partir de substances piquées à des médicaments, des solvants ou autres produits chimiques toxiques retrouvés plus souvent en quincaillerie qu'en pharmacie. La composition de ces « designer drugs », qui dérivent de médicaments existants, varie parce que les fabricants ne respectent pas des procédures standardisées: ils manquent de temps, d'espace et de scrupules. Ainsi le dosage des substances dopantes peut être différent d'une pilule à l'autre. Une pilule trop faible ne donne pas l'effet recherché, on en prend une autre et hop! C'est l'overdose. Et on en meurt parfois.

Justine et les infortunes de la petite pilule

À court terme, les amphétamines donnent des lendemains de veille plutôt pénibles: fatigue physique (normal après avoir passé la nuit ou quelques jours éveillé!), difficulté de mémoire et de concentration (normal, car les neurotransmetteurs déstabilisés par la substance ont encore du travail à faire pour reprendre leur fonctionnalité totale), irritabilité (saute d'humeur souvent liée au besoin de récupération physique et psychologique).

Les conséquences négatives à moyen et long terme sont plus dramatiques. Ainsi Justine a pris l'habitude de consommer du speed quelques fois par semaine: elle a perdu dix kilos en un mois. Ses relations familiales se sont détériorées: elle s'absente de plus en plus souvent de la maison, ses résultats scolaires sont en chute libre, et elle s'est entourée d'amis dont le style de vie est centré sur la consommation de drogues, avec les problèmes d'argent qui en découlent rapidement. Bref, c'est toute la vie de la jeune fille et de sa famille qui est perturbée par les conséquences de cette consommation régulière.

Ultimement, certains jeunes ayant des problèmes de santé mentale latents peuvent « dépasser » la ligne de l'équilibre intérieur et faire une psychose toxique: ils perdent alors le contact avec la réalité et vivent des hallucinations. Ce problème peut alors nécessiter une hospitalisation en psychiatrie. Certains en guérissent, d'autres pas...

Comment dépister la consommation chez le jeune?

Comment dépister la consommation d'amphétamines chez une jeune fille? Il faut être attentif à un ensemble d'éléments dans tous les secteurs de sa vie: perte de poids rapide, troubles du sommeil, difficulté à se concentrer sur une tâche, mensonges, nouveau réseau d'amis, baisse dramatique de la performance scolaire, troubles de l'humeur.

Que faire alors? Avant de penser aux raisons qui la motivent, il est essentiel que la consommation d'amphétamines cesse afin de permettre à la jeune fille et à ses parents de mieux comprendre la situation. Plusieurs ressources spécialisées peuvent aider à voir plus clair. N'hésitez pas et utilisez-les, elles sont gratuites et accessibles! Ces ressources sont répertoriées sur le site de la Fédération québécoise des centres de réadaptation pour personnes alcooliques et autres toxicomanes.

  

Lisez notre dossier spécial sur la communication parents-adolescents.

Sources
Côté, Émilie et Handfield, Catherine, La drogue de son temps, La Presse, le vendredi 26 octobre 2007.

 

Fédération québécoise des centres de réadaptation pour personnes alcooliques et autres toxicomanes.

 

L’Institut de la statistique du Québec

 

Wikipedia

 


 

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